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La Vanguardia (Espagne)  le 07 juillet 2001
Le retour du Dalai Cohen
 
Par Juan Carlos Merino
Traduction par Guadalupe Baquero, adaptation par Marc Gaffié
 
 
La Vanguardia
2001.07.06

LE RETOUR DU DALAI COHEN

L´auteur- interprète canadien sortira en Octobre l'album de ses dix nouvelles chansons

Juan Carlos Merino

Madrid

Leonard Cohen ressemble de plus en plus au Dalai Lama par la distinction de son allure:c´est peut-être à cause de sa retraite dans un monastère de Californie depuis 1993. Le chanteur et poète canadien (Montreal, 1934) est arrivé mercredi à Madrid en provenance de Paris et avant de partir vers Berlin et Londres pour une tournée de -comme le marketing l'appelle- "pré-promotion". Le cadeau qu´il nous apporte est son nouveau disque "Ten new songs" (Sony). Il ne s´est pas cassé la tête avec le titre, bien sûr. Mais, attention, n´allez pas encore l´acheter: le lancement mondial est prévu pour le mois d´Octobre.

La maison de disques a organisé dans un important hôtel de Madrid ce que les anglo-saxons appellent un "meet and greet".On le traduit par rencontre et salutation : le star- surveillé étroitement par son manager, même pour aller aux toilettes- apparaît pendant un quart d´heure et une vingtaine d´élus peuvent s´approcher, lui serrer la main et lui montrer soumission et gratitude éternelles, lui demander un autographe et poser en photo avec lui.

Cohen est arrivé en retard, comme il faut, les cheveux ras et gris, un élegant vêtement foncé et un sourire béat, accompagné par la belle Sharon Robinson- son bras droit sur "Ten new songs"- et l´ingénieur du son Leanne Ungar.

"Il est charmant, un amour"

Les invités frémissent, quelques genoux tremblent quand on s´approche de la vedette, qui reçoit tout le monde avec un mot aimable. "Il est un amour, il est absolument charmant", soupire une femme. Cohen , qui aime les liqueurs, prend cette fois-ci un jus de fruits. La Vanguardia en profite pour lui demander quand viendra t'il donner un concert en Espagne. Il murmure: "J´espère que ce sera l'année prochaine". Mais le temps passe et, quand tout le monde a obtenu une photo ou quelque chose à raconter à ses petits-enfants, il disparaît. Ensuite il y a l´audition de la moitié du disque: "In my secret life", "Here it is", "Alexandra leaving", "You have loved enough" et "Boogie street". Cinq témoignages du fait que Cohen reste sur ses positions: des chansons tristes et belles pour des âmes solitaires et pour des coeurs déchirés à la fin de la nuit.


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