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Once : figures tutélaires

Le film suit l’idylle naissante de deux musiciens de quat’ sous dans les rues de Dublin. Cette rencontre est placée sous le haut patronage de notre dry canadian. La photo de l’album Live Songs est suspendue au dessus du lit de notre aspiring songwriter. On le voit composer ses chansons sur son lit avec la figure de Cohen au dessus de lui.

Le choix de cette photo est intéressant, puisqu’il ne s’agit pas du premier album, ni du second, encore moins du troisième for that matters, mais bien du Live songs, peu cité de manière générale et qui fait presque figure d’outsider dans sa discographie. Le disque contient de remarquables « inédits », absents de ses autres albums, ainsi qu’une version sublime de You know who I am.

Un œil aguerri aura également remarqué le haut patronage, encore plus discret mais bien présent, de Johnny Cash lors de leur première rencontre. Elle l’aborde en lui proposant un magazine. Il refuse, faute d’argent. Sur la couverture, entre les bras croisés de la jeune femme, le portrait de Johnny Cash, utilisé en couverture du Time en 2003. On peut y voir un indice situant l’action du film après la disparition du grand bonhomme. Sur Unearthed, coffret posthume héroïque sorti par Rick Rubin, on peut trouver une version orchestrale et grandiose de Bird on a wire, déjà présente sur le tout premier American Recordings, qui en 1993 signait son retour éclatant.

Pour compléter le tout, c’est Bob Dylan qui, avec Steven Spielberg, a lancé le buzz autour de ce film. Cette histoire de création musicale entre « riens du tout », des gens de la rue, lui a surement rappelé son arrivée au village, New York, nineteen sixty one.

Source : Once, de John Carney, avec Glen Hansard et Marketa Irglova, 2006.

ST

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