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Guy Corneau et l'invincible défaite

C’est une collègue de travail qui m’a apporté le Fact inédit suivant. En ouverture de son livre de “développement personnel” intitulé Victimes des autres, bourreau de soi même (du lourd en perspective), le psychanalyste Guy Corneau balance d’entrée de jeu, first page, tout de go, “les mots du poète Leonard Cohen, confronté à une invincible défaite”.

D’après des recherches liminaires, Guy Corneau serait Montréalais, ceci expliquant probablement cela ! On notera l’appellation “poète” et pas “chanteur” ou “vendeur de savonnettes” et bien sûr cette citation issue de A Thousand kisses deep, “et maintenant tu dois bien faire face, à ton inévitable défaite”. Guy Corneau a bien voulu commenter cette citation pour LeonardCohenFacts :

“Je considère Leonard Cohen comme l’un des plus grands poètes contemporains. Il y a sans doute une sorte de parenté inconsciente entre la communauté québécoise et la communauté juive de Montréal: celle d’une identité déchirée se cherchant encore et toujours une appartenance. Il faut dire que Cohen dépasse largement ses propres origines pour atteindre l’universalité. En effet, chaque être humain, un jour ou l’autre, voit son entreprise égotiste basculer. C’est là l’invincible défaite dont parle Cohen. Elle ouvre l’accès aux profondeurs mêmes de l’être”.

A Thousand Kisses Deep… Une chanson de l’éternel retour qui contient tellement de Coheneries géniales qu’il faudrait une thèse pour en venir à bout. Beaucoup seraient prêts à sacrifier pères et mères pour pondre ne serait ce qu’un “confined to sex, we’re pressed against the limits of the sea”. Pour lui ce n’est qu’une ligne de plus dans l’océan de son verbe génial, soiffard et jamais apaisé.

Ecrire à  près de 70 ans, avec le panache retentissant d’un Newman à la fin de Color Of Money, l’oeil vicelard en plus, qu’il est lui aussi de retour et que la vieillesse n’aura pas son verbe, j’en connais peu qui en sont arrivés là, dans le monde du disque en tout cas. Qui pouvait imaginer alors, en 2001, qu’on le verrait débouler, tel un guilleret boulet de canon, sur la scène d’un Olympia conquis depuis des lustres. Ou qu’il serait chanté, le vent heureux, à Vancouver

Merci à Guy Corneau pour son aimable participation à ce fact.

ST

Sources

Victime des autres, bourreau de soi même, Guy Corneau, Editions J’ai Lu, collection Bien être, p.11.
Site web de l’auteur : http://www.guycorneau.com/

Une version parlée et uncut de A Thousand Kisses Deep

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