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So Long Rock n Roll

Dans son film The Boat That Rocked (Pirate radio, une version tronquée aux US, Good Morning england chez nous, c’est du Toubon) Richard Curtis raconte l’épopée des premières radio pirates anglosaxonnes et s’en sert de parabole sur l’utopie manquée du rock n roll (le bateau qui prend l’eau), qui survit malgré tout grace à de petits espaces de création (les petits moteurs à la rescousse; le générique final affichant certains brits albums récents comme The Seldom Seen Kid du groupe Elbow).

N’en déplaise à Oui FM, qui considère que Leonard Cohen n’est pas vraiment du rock (ils sont certes plus occupés à vendre du Green Day et du Muse aux lecteurs boutonneux de Rock Sound), alors qu’il en a profondément changé le visage littéraire avec Lou Reed, Bruce Springsteen et Bob Dylan, les auteurs ont tenu à intégrer So Long Marianne au générique des dizaines de chansons géniales (les Hollies, les Stones, Otis Redding) utilisées pour imager cet eldorado musical qu’a représenté la décennie sixties et seventies.

Sur ce bateau pirate, notre personnage clef, qui nous introduit à toute l’équipe de DJs, est un jeune puceau récemment débarqué de son école et qui s’apprête à en connaitre une autre d’école : sex, drugs rock n roll (and friendship).  Alors qu’il tombe amoureux d’une jeune fausse ingénue, ingénieusement prénommée Marianne, et qu’ils s’apprêtent a déflorer la rose, celle ci s’envoit en l’air avec un autre DJ , shuffled by Nick Frost, génial du début à la fin comme TOUT le cast, avec mention spéciale à son partenaire Bill Nighy se déhanchant sur les Stones et Philipp Seymour « Almost Famous » Hoffman qui nous balance les Kinks en guise d’apetizer. Et de se retrouver seul, premier chagrin d’amour, à essuyer ses larmes sur 2 minutes complètes de Leonard Cohen. J’ai chronométré.

Le génie musical du film est de jouer sans cesse sur l’ambiguité de la diffusion musicale : ce sont souvent les disques joués infra par les DJs qui illustrent l’action. Pour cette séquence précise, cela est génialement laissé en suspens. La scène, un long plan fixe de deux minutes sur le banc des laissers pour compte de l’amour, est à mourir de rire.

Loving Leonard Cohen since 1994, for you all, ST

Sources

The Boat that Rocked, Richard Curtis (2009)
http://www.imdb.com/title/tt1131729/

La photo est issue par de l’édition Blue Ray du film,
proposant l’affichage des titres joués en haut à gauche de l’écran.

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