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Ween attitude

Ce n’est pas vraiment un inédit, mais il a sa place dans les Facts, car au rayon des hommages aussi appuyés que déjantés, on notera le duo iconoclaste Ween qui en 1991 s’est fendu d’une front cover copiant collant le Greatest Hits de 75. L’image parle d’elle même.

Dans le livret du GH, Cohen commentait ainsi la photo « Je n’ai jamais paru aussi beau, ou laid, sur une photo, tout dépend de votre regard ». Le regard de Ween est, je trouve, foncièrement rigolo.

Source : The Pod, Ween, Shimmy disc, 1991.

ST

King of Kong : Mon Leonard chez les pixels

C’est par les plus grandes joies du hasard que je suis tombé sur le mirifique documentaire King of Kong, qui dresse le portrait de la win attitude typiquement amerloque au travers de la quête de High scores ultime dans les anciens jeux d’arcade.

Et vlati pas qu’à la toute fin du film, Everybody knows est utilisé à plusieurs reprises en amont du showdown final entre les deux protagonistes. L’utilisation de la chanson (les dés sont pipés) reflète l’opposition « scénaristique », très appuyée pour les besoins du docu, entre Billy et Steve : le premier joue le rôle du « méchant ». C’ est un riche entrepreneur en sauce ketchup à l’esprit number one. Il ne veut pas perdre son titre de meilleur scorer sur Donkey Kong. Le second est son challenger, un gentil père de famille en quête de sens.

Cet esprit de conquête frôlant ici l’absurde renvoie à la psychée US, carburant au pragmatisme et à la performance, des valeurs dont l’univers Cohenien, plus introspectif, est situé à mille lieues.

Source : King of Kong, Seth Gordon, 2007.
http://www.imdb.com/title/tt0923752/

ST

Jean Michel di Falco part en mission : Hallelujah ?

Là hic
Et voici un Fact tout chaud que nous a déniché Patrice. Sur le modèle de prêtres irlandais qui auraient vendu du disque à la tonne après avoir eu la brillante idée de se réunir pour un buff en studio, Jean Michel di Falco a décidé de réunir quelques cordes vocales françaises en mission pour le seigneur. Barbelivien et TF1 sont de la partie. Ca s’annonce donc éminement rock’n'roll. Et à ce monsieur di Falco de déclarer à la presse que le texte sera un croisement d’Hallelujah et de Haendel. Vous pensez qu’il conservera le sens érotique de la chanson ?

Source : http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/les-pretres-de-di-falco-chantent-cabrel-21-02-2010-823698.php

PC / ST

Guy Corneau et l'invincible défaite

C’est une collègue de travail qui m’a apporté le Fact inédit suivant. En ouverture de son livre de « développement personnel » intitulé Victimes des autres, bourreau de soi même (du lourd en perspective), le psychanalyste Guy Corneau balance d’entrée de jeu, first page, tout de go, « les mots du poète Leonard Cohen, confronté à une invincible défaite ».

D’après des recherches liminaires, Guy Corneau serait Montréalais, ceci expliquant probablement cela ! On notera l’appellation « poète » et pas « chanteur » ou « vendeur de savonnettes » et bien sûr cette citation issue de A Thousand kisses deep, « et maintenant tu dois bien faire face, à ton inévitable défaite ». Guy Corneau a bien voulu commenter cette citation pour LeonardCohenFacts :

« Je considère Leonard Cohen comme l’un des plus grands poètes contemporains. Il y a sans doute une sorte de parenté inconsciente entre la communauté québécoise et la communauté juive de Montréal: celle d’une identité déchirée se cherchant encore et toujours une appartenance. Il faut dire que Cohen dépasse largement ses propres origines pour atteindre l’universalité. En effet, chaque être humain, un jour ou l’autre, voit son entreprise égotiste basculer. C’est là l’invincible défaite dont parle Cohen. Elle ouvre l’accès aux profondeurs mêmes de l’être ».

A Thousand Kisses Deep… Une chanson de l’éternel retour qui contient tellement de Coheneries géniales qu’il faudrait une thèse pour en venir à bout. Beaucoup seraient prêts à sacrifier pères et mères pour pondre ne serait ce qu’un « confined to sex, we’re pressed against the limits of the sea ». Pour lui ce n’est qu’une ligne de plus dans l’océan de son verbe génial, soiffard et jamais apaisé.

Ecrire à  près de 70 ans, avec le panache retentissant d’un Newman à la fin de Color Of Money, l’oeil vicelard en plus, qu’il est lui aussi de retour et que la vieillesse n’aura pas son verbe, j’en connais peu qui en sont arrivés là, dans le monde du disque en tout cas. Qui pouvait imaginer alors, en 2001, qu’on le verrait débouler, tel un guilleret boulet de canon, sur la scène d’un Olympia conquis depuis des lustres. Ou qu’il serait chanté, le vent heureux, à Vancouver

Merci à Guy Corneau pour son aimable participation à ce fact.

ST

Sources

Victime des autres, bourreau de soi même, Guy Corneau, Editions J’ai Lu, collection Bien être, p.11.
Site web de l’auteur : http://www.guycorneau.com/

Une version parlée et uncut de A Thousand Kisses Deep

Once : figures tutélaires

Le film suit l’idylle naissante de deux musiciens de quat’ sous dans les rues de Dublin. Cette rencontre est placée sous le haut patronage de notre dry canadian. La photo de l’album Live Songs est suspendue au dessus du lit de notre aspiring songwriter. On le voit composer ses chansons sur son lit avec la figure de Cohen au dessus de lui.

Le choix de cette photo est intéressant, puisqu’il ne s’agit pas du premier album, ni du second, encore moins du troisième for that matters, mais bien du Live songs, peu cité de manière générale et qui fait presque figure d’outsider dans sa discographie. Le disque contient de remarquables « inédits », absents de ses autres albums, ainsi qu’une version sublime de You know who I am.

Un œil aguerri aura également remarqué le haut patronage, encore plus discret mais bien présent, de Johnny Cash lors de leur première rencontre. Elle l’aborde en lui proposant un magazine. Il refuse, faute d’argent. Sur la couverture, entre les bras croisés de la jeune femme, le portrait de Johnny Cash, utilisé en couverture du Time en 2003. On peut y voir un indice situant l’action du film après la disparition du grand bonhomme. Sur Unearthed, coffret posthume héroïque sorti par Rick Rubin, on peut trouver une version orchestrale et grandiose de Bird on a wire, déjà présente sur le tout premier American Recordings, qui en 1993 signait son retour éclatant.

Pour compléter le tout, c’est Bob Dylan qui, avec Steven Spielberg, a lancé le buzz autour de ce film. Cette histoire de création musicale entre « riens du tout », des gens de la rue, lui a surement rappelé son arrivée au village, New York, nineteen sixty one.

Source : Once, de John Carney, avec Glen Hansard et Marketa Irglova, 2006.

ST