Leonard Cohen Forum
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Auteur Fil de discussion: famous blue raincoat  (Lu 79909 fois)
Julien
Invité
« le: 14 Juin 2003, 23:28:03 »

Tout d'abord, un grand bravo à ce site exeptionel. Je ne suis pas du genre faux-cul, donc je le dit sincerement! Wink

Je poste ce message pour savoir si quelqu'un pouvait m'éclairer sur le sens de la chanson 'Famous Blue Raincoat'...même en lisant les traductions, je ne comprend pas à qui il s'adresse, et qui est jane, est-ce une "vraie" lettre, est-ce que cela parle du suicide, etc.

voila, la question est posée Smiley

A+

Julien


Journalisée
Crabere
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I'm a llama!


« Répondre #1 le: 18 Juin 2003, 18:25:28 »

Julien, je ne suis pas exégète du monde intérieur de Leonard Cohen. Cette chanson est autobiographique, et nous parle de l'amour triangulaire, de ses joies et de ses difficultés.
j'ai toujours pensé que seul Leonard pouvait nous en apprendre plus sans nous tromper, c'est pourquoi personnellementje te renvoie à la page
http://perso.wanadoo.fr/pilgraeme/famous_blue.htm
Cordialement
Marc
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julien
Invité
« Répondre #2 le: 19 Juin 2003, 14:56:12 »

merci bcp, ta page m'éclaire sur cette chanson.
Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #3 le: 20 Juin 2003, 03:51:44 »

Bonjour Julien, Bonjour Crabere, Bonjour à tous,

Pour ma part je crois que l'homme paradoxe dit et ne dit pas à la fois.  Alors oui, il y a ce qu'il dit, il y a ce qu'il dit de ce qu'il a dit.  Et il y a tout ce qu'il ne dira jamais à propos de tout ça.  A nous de découvrir.  Ou d'imaginer. Je crois que ses chansons sont bâties pour ça aussi, être un support pour l'imagination de chacun.  

Julien, je suppose que tu demandes si cette chanson parle de suicide à cause de ces paroles :

That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?"

Traduites sur ce site par :

"cette nuit où tu as décidé de t'effacer. T'es-tu jamais effacé? la nuit où tu as décidé de disparaître.
es-tu jamais disparu ?la nuit où tu as décidé de t'en aller. As-tu réussi à t'en aller?Cette nuit où tu avais prévu de disparaître As-tu seulement disparu ?"

Source:
http://www.leonardcohensite.com/intro.htm

Ce passage de la chanson fait référence à la pratique de la Scientologie ("to go clear" ça veut dire je ne sais trop quoi dans leur jargon spécifique).  Cohen le mentionne dans une entrevue dont j'ai copié des extraits (le strict minimum) ci-dessous.


Kurzweil
(...)Is the line, "Did you ever go clear?" from Famous Blue Raincoat a Scientology reference?

Traduction libre par moi :
Est-ce que les mots "Did you ever go clear?" de Famous Blue Raincoat sont une allusion à la Scientologie?

Cohen
It was a Scientology reference. I looked into a lot of things. Scientology was one of them.

Traduction libre par moi :
C'était une allusion à la Scientologie.  J'ai examiné beaucoup de choses.  La Scientologie était l'une d'elles.

Source :
http://www.serve.com/cpage/LCohen/interview.html



On a dit de Famous Blue Raincoat que ce pouvait être un condensé de Beautiful Losers, car Cohen y reprend le thème du triangle amoureux.   Pourtant ce thème revient souvent dans l'oeuvre de Cohen, il est présent dans plusieurs chansons et poèmes, en plus de ses romans.

Il reste que Famous Blue Raincoat exprime des sentiments extraordinaires de paix et d'amour et de vie, et ce, malgré la douleur évidente, et non pas des sentiments de colère de ressentiment et de mort, et dans ce sens, elle est unique dans le lot du même thème dans l'oeuvre de Cohen.
 
C'est là peut être que mon imagination entre en action, mais il me semble que c'est assez rare qu'on en arrive à ce niveau de spiritualité dans l'expérience du triangle amoureux.

Amitié,

C.
« Dernière édition: 20 Juin 2003, 04:29:12 par Céline » Journalisée
Julien
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I'm a llama!


« Répondre #4 le: 10 Octobre 2003, 13:14:53 »

merci pour tes explications Smiley
Cette chanson est magnifique. Mais c'est vrai que, pour ma part, j'interprete bcp et donc "je me fais des films" comme on dit. Je crois, apres reflexion,  que le texte est tel qu'il est et que chacun est libre de s'approprier le texte et c'est qu'une chanson qu'une chanson qui nous indifférenciait, suite à un évenement, peut prendre une tout autre dimension.
Bien sur ce n'est que mon avis Wink
C'est le cas pour moi avec Dance me to the end of love.

Amicalement,
Julien
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cristina
Invité
« Répondre #5 le: 10 Octobre 2003, 14:51:00 »

... tu as raison, pour moi aussi "Dance me to the end of love" prend une signification peut être plus grave que les paroles elles mêmes.... tout depend du moment, du comment ... et du pourquoi.... et chantée par Graeme c'est aussi beau, si  ce n'es encore plus... et pour les filsms.... je suis en première ligne....

amicalement
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Céline
Invité
« Répondre #6 le: 10 Octobre 2003, 16:19:45 »

Bonjour Julien, Cristina,

J'ai lu quelque part - je ne me souviens plus où - que personne n'aimait rester seul avec ses émotions et qu'en conséquence on recherchait les situations et les êtres qui les exprimaient pour les partager.

S'il est quelque chose qu'on peut tenir pour certain c'est que LC et GA ont un don réel pour exprimer des émotions très profondes et nous toucher.  Le reste... Je partage aussi votre avis qu'on entend les chansons sous différentes couleurs, différentes teintes, différents tons, selon ce qu'on vit et que ça évolue toujours.

Concernant Dance me to the end of Love, tiens, j'allais justement en parler dans ma réponse à Mike dans une autre discussion.  Hasard, hasard, quand tu nous tiens!

Amitié,

Céline
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Patrice
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WWW
« Répondre #7 le: 14 Octobre 2003, 00:22:47 »

Cette chanson est magnifique. Mais c'est vrai que, pour ma part, j'interprete bcp et donc "je me fais des films" comme on dit. Je crois, apres reflexion,  que le texte est tel qu'il est et que chacun est libre de s'approprier le texte et c'est qu'une chanson qu'une chanson qui nous indifférenciait, suite à un évenement, peut prendre une tout autre dimension.
Bien sur ce n'est que mon avis Wink
C'est le cas pour moi avec Dance me to the end of love.

"Famous Blue Raincoat" reste quand même une histoire "de tous les jours", tristement banale, en fin de comptes. Le mari, la femme, l'amant. Sauf qu'ici, on ne sait plus très bien qui est le perdant.

En écho à tes mots, Julien, la réponse est donnée par Graeme Allwright lui-même:

"A mon sens, dans la chanson, comme dans toute forme d'expression artistique, l'important c'est ce que l'autre entend.

Parfois, en écoutant ces chansons enregistrées, je deviens l'autre et non sans douleur, je ne cesse de comprendre et d'entendre d'autres choses que ce que je croyais y mettre au départ."


Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #8 le: 19 Octobre 2003, 18:54:37 »

Merci Patrice pour la réponse au sujet de Matisse-Cohen dans l'autre discussion.

Ci-dessous une adaptation de Dance me to the end of Love que je n'ai pas entendue mais qui me semble tzigane en diable à lire ceci :


"(...)le nouveau disque de la famille Hummel, les parents et leurs trois enfants, déménage.

Il faut dire que les musiciens ont visé haut pour les textes: de Georges Brassens, ils ont adapté en alsacien la Mauvaise Réputation («D'r Schlecht Ruëf ) et c'est désopilant. De Léonard Cohen, ils ont habillé «Dance me to the end of love», qui devient «Danz mi, le titre qui a donné le nom à l'album, et c'est superbe."

http://www.faculty.umb.edu/brian_thompson/hammhummel.manivelle.htm#Danz
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Patrice
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« Répondre #9 le: 19 Octobre 2003, 19:12:45 »

Merci, Céline !. Smiley

Dommage qu'il n'y ait pas de real-audio pour se faire une idée... mais je crois bien que c'est la première adapatation de Cohen en Alsacien.

"Ambiance d'Europe centrale, à la Goran Bregovic, avec fanfare tonitruante et voix de femme et d'enfants excités, ambiance des îles avec une buguine qui balance, ambiance alsacienne aussi" Grin

.... ça promet !!!!.... Cool

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #10 le: 19 Octobre 2003, 19:30:01 »

"De Hans Arp, ils chantent des textes d'inspiration surréaliste, en allemand et en français. De Georg Büchner, ils ont choisi un extrait de Léonce et Léna, qui leur permet une escapade en Italie. Ils mettent en musique l'étrange salade de mots de Kenndidi.

Sans compter les fruits de l'imagination de Jean-Marie, qui fait rimer «Marinette» avec «Internet», évoque les petits bals du samedi soir et le riche vocabulaire bilingue franco-alsacien sur les effets possibles de l'alcool («De Blöy Blues»)."

Bon bin, si on parle du CD au complet, autant citer ceci aussi.  Oui, ça a l'air assez riche de pleins de promesses.

Et c'est "notre" LC qui couronne le tout!  Le nomade on dirait qu'il est bien reçu partout.

Je serais très curieuse d'entendre ce Danz mi, moi.

Amitié, et A+

Céline

« Dernière édition: 19 Octobre 2003, 19:33:08 par Céline » Journalisée
sylvain
Invité
« Répondre #11 le: 24 Octobre 2003, 13:35:28 »

Peut être s'agit il de son double ? On trouve cette idée du double au moins par deux fois à ma connaissance dans l'oeuvre : dans un poème qui commence en gros par "j'ai entendu parler d'un homme qui avait une voix si belle" (cet homme c lui bien sur, sa part poète, capable de cette magie tant recherchée et redoutée. Ce thème de l'écrivain double ennemi de l'homme est par exemple traité dans The dark half de Stephen King ). On retrouve surtout une ligne explicite dans I cant forget qui dit en somme "je ne me suis pas reconnu dans l e mirroir, ce doit être mon double".

Pour Famous, je ne suis pas sur, mais je me pose la question, notamment par rapport a la ligne : "my brother my killer".

Dans le poème précité, c'est ce double qui lui piquait sa femme. Là c ce qui se passe : l'autre s'est tapé sa gonzesse.

A partir de là, on pourrait suggérer que la signature finale serait une sorte de signature de journal intime, Cohen s'écrivant à lui même, à son Hyde / Jekyll.

Sylvain
Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #12 le: 24 Octobre 2003, 23:52:57 »

Tout un cinéma, Sylvain!  Il y a eu pas mal de choses d'écrites ici sur Famous Blue Raincoat je ne vais pas répéter.

Bizarrement, l'idée que tu as à propos de FBR, moi, c'est The Master Song qui me l'a inspirée.  Le fait que lui c'était lui au complet et le maître seulement son aspect de célébrité.    Tu sais, cette peur qu'on souvent les gens d'être aimés pour autre chose qu'eux-même.  (Un aspect d'eux-même, désirable pour l'amant que ce dernier s'approprie à travers l'autre et non pas un véritable amour qui tient véritablement compte de l'autre - avais-je besoin de le dire?  Je ne sais pas mais c'est fait, maintenant, je le laisse).


La chanson du maître

Je crois que tu as entendu chanter ton maître
Quand j'étais cloué au lit
Je crois qu'il t'a tout raconté
Ce que je garde dans la tête
Ton maître t'a emmenée en voyage
Au moins c'est ce que tu as dit
Et maintenant reviens-tu apporter
du vin et du pain à ton prisonnier ?

Tu l'as rencontré dans un temple
Où l'on prend vos vêtements à la porte
il n'étais qu'un parmi d'autres sur une chaise
qui rentrait juste de la guerre
Et tu enveloppes son visage fatigué dans tes cheveux
et il te tend un trognon de pomme
Puis il touche tes lèvres, brusquement si nues
de tous les baisers que nous y avions déposés

Et il t'a donné un berger allemand pour te promener
avec un collier de cuir et de clous
et pas une fois il ne t'a fait expliquer
ou commenter tous les petits détails
comme de savoir qui avait un ver et qui un rocher
et qui t'avait eu par les mailles
Ton amour est un secret dans tout le quartier
jamais il ne s'arrête même quand ton maître est absent

Et il t'a emmenée dans son aéroplane
qu'il pilotait sans équipage
vous avez survolé les rubans de la pluie
qui chassaient la foule des tribunes
Puis il a tué les lumières d'une ruelle solitaire
où un singe aux glandes d'ange
a effacé les dernières traînées de douleur
avec une musique de fanfares élastiques

Et maintenant j'entends ton maître chanter
Tu t'agenouilles pour qu'il vienne
Son corps est une corde d'or
A laquelle ton corps est pendu
Son corps est une corde d'or
Mon corps s'est engourdi
Maintenant tu entends ton maître chanter
Ta chemise est toute défaite

T'agenouilleras-tu à côté de ce lit
que nous avons ciré il y a si longtemps
Avant que ton maître ait choisi
d'y faire mon lit de neige
Tes yeux sont fous tes articulations rouges
et tu parles beaucoup trop bas
Non, je n'ai pas compris ce que ton maître a dit
avant de te renvoyer

Je pense que tu joues trop durement
pour une dame qui est allée sur la lune
J'ai couché trop longtemps près de la fenêtre
On s'habitue à une chambre vide
Ton amour une poussière sur la manchette d'un vieillard
qui bat la mesure du pied
tes cuisses sont des ruines et tu en veux trop
disons que tu es revenue trop tôt

J'ai aimé ton maître à la perfection
Je lui ai appris tout ce qu'il savait
Il mourait de faim dans un mystère
Comme un homme sûr de la vérité
Je t'ai envoyée près de lui avec l'assurance
que je lui apprendrais quelque chose de nouveau
et je lui ai appris que tu t'ennuierais de moi
quoi qu'il dise et quoi que tu fasses

Je crois que tu as entendu ton maître chanter
quand j'étais cloué au lit
je crois qu'il t'a tout raconté
ce que je garde dans la tête
Ton maître t'a emmenée en voyage
(au moins c'est ce que tu as dit)
Et maintenant reviens-tu apporter
du vin et du pain à ton prisonnier ?

http://www.leonardcohensite.com/intro.htm


Mais ça c'est dans la salle numéro 1.  Dans la salle numéro 2, 3, 4 etc. les scénarios sont différents.  Parce que maintenant, j'y vois juste une autre histoire de triangle amoureux.

Les poètes utilisent beaucoup leur faculté intuitive, et en faisant ça, ils dévoilent souvent des méchanisme de la pensée humaine, on sait tous, qu'on a même si ce n'est pas pathologique (enfin parfois oui, mais pas toujours, plusieurs aspect différents et souvent contradictoires dans notre caractère).

Lui a trouvé une bonne technique à partir de ça :

http://www.lipsos.com/dossier/at.html

Amitié,

Céline
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« Répondre #13 le: 25 Octobre 2003, 00:43:04 »

Sans remettre en cause ce que nos émiments et brillants savants (sic!) ont pu dire sur "Famous Blue Raincoat", il faut bien avouer que la théorie de Sylvain est assez séduisante.
Nous savons tous à quel point Cohen cultive la double personnalité, la façon qu'il a de parler de lui à la troisième personne, parlant à "un autre", celui du miroir.
Il aime les miroirs pour y voir un autre.
Si cette technique a surtout été utilisée dans les poèmes, il y a une chanson où cet aspect est flagrant, il s'agit de "Last Year's Man".
L'écrivain Philippe Djian a dit "c'est en écoutant 'Famous Blue Raincoat' que j'ai su comment vivre avec une femme". En étant mari et amant à la fois.

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #14 le: 25 Octobre 2003, 14:53:02 »

Citation
Sans remettre en cause ce que nos émiments et brillants savants (sic!)

C'est moi maintenant qui aurait tendence à penser que du mépris à été codé, ic.  Si c'est effectivement le cas, c'est agréable comme tout.  (Ironie codée intentionnellement, si vous ne l'aviez pas décodée, prière de le faire à l'instant).
Journalisée
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