Leonard Cohen Forum
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Auteur Fil de discussion: famous blue raincoat  (Lu 93285 fois)
lgransec
Invité
« Répondre #30 le: 18 Mars 2004, 22:41:49 »

Citation
chacun observe les chansons sous la lentille de sa réalité, et que les opinions, bien que discutables sont toutes à respecter dès qu'elle restent dans le champ de la subjectivité, ne se prennent pas pour LA vérité, ma seulement SA vérité.

"La mission du poète est de reconnaître la vérité
comme vérité et en même temps comme erreur,
et de vivre les contraires sans les accepter,
de tout sentir de toutes les manières,
et en fin de compte, de n'être rien,
sinon l'intelligence de tout"  

                                                            fernando pessoa
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Strawberry
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« Répondre #31 le: 17 Avril 2004, 21:26:38 »

Ahhh cette chanson. C'est curieux que je tombe sur ce topic ce soir.
Cet après-midi même, alors que faisais mes devoirs, et que je me sentait très bien, j'ai écouté "Song of love and hate" (pour la énième fois). Je suis une nouvelle fois resté envouté en écoutant "Famous blue raincoat" (je crois que l'on ne dirait pas de bêtises si l'on déclarait que c'est peut-être la plus belle chansons jamais écrite par Cohen). Et je me suis mis à chercher la traduction que j'avais un jour imprimé à partir de ce site sans jamais la lire. J'ai donc lu, en français, à mesure que la chanson progressé. Et bien tout d'un coup, je me suis littéralement senti les larmes aux yeux ! Alors que, je le répète, je ne déprime pas du tout en ce moment...
J'ai donc constaté, une fois de plus, à quel point Leonard Cohen est un géni incommensurable : comment une chanson, que j'ai entendu des dizaines de fois en anglais, pouvait-elle me mener au bord du sanglot en lisant les paroles... dont je n'avais pas vraiment compris le sens au début ! (à ce titre, ce topic m'a énormément aidé)...
Je ne sais pas si c'est volontaire, mais j'ai découvert au fil de ma lecture une progression magique : les éléments s'assemblent au fur et à mesure et mille choses nous passent par la tête.
Au début, j'ai pensé qu'il écrivait à une femme... Partie vivre loin, "build a little house in the desert" -> on subodore la banale déchirure amoureuse.
Et puis le fameux vers évoqué par Julien : "as-tu vraiment disparu ?" -> on pense alors au suicide de son amour...
Le coup du "blue raincoat" avec l'épaule déchirée, c'est peut-être idiot, m'a au début fait penser que cette femme avait été agressée, ou violée...
Et puis l'on comprend qu'il s'agit d'un homme. Pourquoi diable une telle lettre à un homme (sans aller jusqu'à penser à l'homosexualité, on se pose des questions : amitié fusionnelle ?)
Puis l'on comprend qu'il s'agit de l'amant de sa femme...
Mais nouveau retournement de situation : on s'imagine que Cohen (car c'est donc bien lui qui écrit) a gagné la partie : mais non : "ma femme est désormais libre" lui dit-il...

Et là, on comprend seulement à quel point la situation et les sentiments évoqués dans cette chansons/lettre sont boulversants et complexes...

Bref, un chef-d'oeuvre merveilleux.
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"... Things are going slide
Slide in all directions
Won't be nothing
You can measure any more..."
Céline
Invité
« Répondre #32 le: 18 Avril 2004, 16:24:05 »

Hello Strawberry,

Si je peux me permettre une réflexion toute très personnelle sur ton message :

Etre triste n'est pas la même chose qu'être déprimé.

La tristesse fait partie inhérente de notre paysage émotif, elle porte souvent le masque de la colère, et bien d'autres masques encore.  Et sous tous les différents masques quand on touche à la tristesse on touche à la véritée toute nue.

Voilà pour la déprime et la tristesse.  Aux larmes maintenant.

Elles ne coulent pas seulement quand on est triste.  Elle coule quand on entre de plein pied dans une émotion-vérité toute nue, la tristesse ou autre.

Moi, ce qui me touche dans cette chanson, c'est la façon dont Cohen aborde cette histoire de triangle amoureux,  qui,  souvent, réelle ou imaginaire, finit dans la violence verbale et/ou physique (et parfois en première page des journaux, par mort d'homme et/ou de femme) en ayant réussi à voir sous tous les masques, finalement.

Et à accepter la réalité telle qu'elle était.

Donc à faire un avec la réalité, avec la vie. Pour moi, c'est très élevé, au niveau spirituel, au niveau de laisser l'ego de côté (tous les méchanismes de défenses qui finissent par se retourner contre nous, lorsqu'ils sont désuets, mais tout de même entretenus, sans bons sens) pour entrer vraiment dans plus de conscience.

Simple, mais si difficile que parfois, souvent impossible.

Ca, ça me laisse.... sans mots.

Je suis bien d'accord avec toi, c'est une des plus belles chansons de Cohen, une des plus belles chansons tout court, en ce qui me concerne, même. Et oui, moi aussi les larmes me sont parfois montées aux yeux en l'écoutant, terriblement touchée, et je ne savais pas très bien pourquoi, mais j'ai plus de difficulté que lui à enlever les masques.  D'où mon indéfectible fascination qu'on connait.  Smiley

Quand à ta notion de chef-d'oeuvre, d'un point de vue froidement technique, oui, quand une chanson atteint sa cible au niveau émotif, en parfait accord avec les paroles qu'elle transmet, et cela même sans que les paroles soient interprétées par la logique, c'est une chanson parfaitement réussie.

Il réussit ça souvent Cohen.

Tu vois, par exemple, quand j'écoute Suzanne, par exemple, c'est le sentiment de transformation du plomb en or des alchimistes qui m'envahit : à chaque fois, c'est la Beauté pure.

Amitié, A+

Céline
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Jean-François
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« Répondre #33 le: 18 Avril 2004, 18:26:16 »

L'extase musicale est un retour à l'identité, à l'originel, aux premières racines de l'existence. Il n'y a plus en elle que le rythme pur de l'existence, le courant immanent et organique de la vie. J'entends la vie. De là, naissent toutes les révélations.

(E.M. CIORAN, Le Livre des Leurres)
« Dernière édition: 18 Avril 2004, 18:27:58 par Jean-François » Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #34 le: 24 Avril 2004, 16:09:51 »

Bonjour Jean-François,

Ce forum est une mine de diamants pour la curieuse que je suis.  'Connaissais pas lui.  Je le découvre.

Et pour ceux qui sont aussi curieux que moi, voir là, un lien sur Cioran :

http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Emile_Cioran


Après lecture, Jean-François, je vois une cohérence avec ton goût pour Cohen, et je ne crois pas me tromper cette fois.   Smiley

Amitié,

Céline

P.S. : suite logique et subjective à ma lecture de cet article sur Cioran, figure typique du trickster (ou fripon divin) que Cohen rejoint parfois (et pas seulement lui, ici, hein?) un lien qui m'amène à ça)désolée pour la pub, mais bon, j'en trouve pas d'autres plus explicite) :

http://www.cgjung.net/oeuvre/le_fripon_divin.htm

http://www.crystalinks.com/trickster.html

« Dernière édition: 24 Avril 2004, 16:26:26 par Céline » Journalisée
marcus wilby
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« Répondre #35 le: 21 Mars 2005, 13:31:02 »

Je voulais s'impliquer rajouter un élément qui suggère que Léonard écrit à son double....

Le fameux manteau bleu, selon la chanson, appartient à l'interlocuteur à qui s'adresse L.Cohen. Or, il semble que ce menteau refère en fait au manteau bleu de Léonard Cohen lui-même. À la première page de la pochette de son premier "Best of", Cohen écrit:

"I had a good raincoat then, a Burberry I got in London in 1959. Elizabeth thought I looked like a spider in it. That was probably why she wouldn't go to Greece with me. It hung more heroically when I took out the lining, and achieved glory when the frayed sleeves were repaired with a little leather. Things were clear. I knew how to dress in those days. It was stolen from Marianne's loft in New York sometime during the early seventies."

Petite remarque: s'il est vrai qu'un poème évoque à chaque lecteur un sentiment particulier, une image propre à lui, n'est-il pas intéressant de se demander EN PLUS quelle réalité l'auteur a voulu nous révéler...
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FURUIKE
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The solitude of strength


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« Répondre #36 le: 21 Mars 2005, 15:43:07 »

Yes I remember this interview and the mention of the coat Grin

>>>So why not?
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It's coming like the tidal flood beneath the lunar sway / Imperial, mysterious, in amorous array / Democracy is coming to the USA
walpurgis
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« Répondre #37 le: 17 Juin 2005, 08:07:53 »

bonjour
je suis nouveau sur le forum
j'ai l'intention d'écrire un article sur les premiers albums
savez-vous si l'on trouve des traducs précises de stranger song, etc?
CORDIALEMENT
WALPURGIS
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Patrice
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« Répondre #38 le: 17 Juin 2005, 12:59:35 »

savez-vous si l'on trouve des traducs précises de stranger song, etc?

Bonjour et bienvenue à toi !. Smiley

Il y a une traduction française pour toutes les chansons (ou presque) dans la rubrique "chansons" du site.
http://www.leonardcohensite.com/songs/

La plupart proviennent de "Musique d'ailleurs", ouvrage qui est la traduction de "Stranger Music", traductions par Jean Guiloineau. Sauf pour les deux derniers albums en date (l'un n'est pas listé sur cette page), toutes les traductions de "Ten New Songs" et "Dear Heather" sont faites par Graeme Allwright en exclu pour le site (avec autorisation de diffusion donné à Sony-France pour TNS).

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
walpurgis
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« Répondre #39 le: 17 Juin 2005, 15:46:41 »

merci de ta réponse, très sympa

j'aimerais bien faire une approche "littéraire" des deux premiers albums, et tenter des rapprochements avec Dylan, oser des rapprochements

après tout ce sont des gens de la même génération, des poètes dans les deux cas, et leurs racines sont les mêmes, ethniques et culturelles

je connais assez mal l'oeuvre de Cohen, mais Dylan, je le connais à fond (douce illusion !), disons que je crois bien le connaître

très cordialement
walpurgis
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« Répondre #40 le: 17 Juin 2005, 19:04:29 »

Citation
après tout ce sont des gens de la même génération, des poètes dans les deux cas, et leurs racines sont les mêmes, ethniques et culturelles

Plus ou moins.... Leonard Cohen est un citoyen Canadien... Bob Dylan s'est converti au catholicisme tandis que Cohen s'est initié au Zen tout en restant Juif pratiquant.

Ton idée est séduisante, il y avait eu une étude assez ancienne mais en langue anglaise, rien en français.
Tu peux copier les traductions pour ton usage perso, si tu les publies sur le Net, il faut mentionner la source plus l'auteur, car tout n'est pas de Guiloineau... Grin

Amicalement,
Patrice
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
walpurgis
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« Répondre #41 le: 18 Juin 2005, 08:18:01 »

Ne t'en fais pas, Patrice. Si j'ai recours à des traductions que je n'ai pas faites, j'en indiquerai l'auteur. La probité intellectuelle est une valeur essentielle à mes yeux. Moi-même je me suis fait plagier sur le Net, et, crois-moi, ça ne m'a pas fait plaisir

la religion de Bob Dylan, c'est un vaste problème
les allusions bibliques y sont particulièrement nombreuses, mais bien assimilées
il a eu une période catho, il y a longtemps, puis il semble s'en être éloigné

qu'en est-il à l'heure actuelle ?

Dans ses "chroniques" (volume 1) il affirme sa foi. Il est bien plus mystique que son air, sa physionomie inquiétante et son regard pénétrant, incisif pourraient le laisser penser

amitiés

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« Répondre #42 le: 18 Juin 2005, 13:25:03 »

OK !.
Le plagiat, je connais ça surtout sur le site officiel de Graeme Allwright... je retrouve presque chaque jour et au hasard du Net, des articles (principalement des photos et des textes inédits) qui ont été publiés ailleurs sans la moindre mention de la source et, le plus grave, sans la moindre demande d'autorisation...  Shocked

Concernant Dylan, et puisque tu es un spécialiste, tes mots sont hautement instructifs.
Je peux seulement ajouter que plusieurs artistes, fans de Dylan, m'ont clairement dit qu'il serait revenu au judaïsme, mais qu'ils n'en sont pas certains, ils se basent surtout sur les textes les plus récents de Dylan.

Franchement, je ne saurais trop t'encourager à faire cette étude qui devrait être passionnante, aussi bien pour ceux qui aiment Cohen que pour ceux qui aiment Dylan (ce sont souvent les mêmes, mais pas toujours). Wink

Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Maldoror
Invité
« Répondre #43 le: 25 Juin 2005, 12:39:13 »

Bonjour !

Depuis que je l'ai découverte, j'écoute en boucle la chanson "famous blue raincoat".
Ayant le sentiment que son inspiration puise directement dans la vie de Léonard Cohen, j'aimerai connaitre les circonstances de sa création afin peut-être de mieux saisir certaines paroles.
D'avance merci
 Smiley
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« Répondre #44 le: 25 Juin 2005, 16:58:25 »

Bonjour Maldoror,

va voir les traductions, il en existe quatre différentes

c'est un texte très mystérieux, volontairement crypté
il s'agit d'une confidence mais on n'en connaît ni les tenants ni les aboutissants
c'est un texte autobiographique et épistolaire
une lettre à un personnage énigmatique qui a décidé de s'effacer du monde, pour vivre en ermite, en reclus (?)
le rat qui s'est retiré du monde... en quelque sorte.

ça me rappelle un ami perdu de vue, quand j'étais étudiant, il y a bien longtemps. Il avait une
parka, bleu foncé. C'était un peu son signe distinctif, son vêtement fétiche. On lui disait :"C'est donc ça, ton famous blue raincoat ?!"
Il possédait Songs of love and hate, et l'écoutait toute la journée.
Journalisée
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