Leonard Cohen Forum
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Auteur Fil de discussion: Monseigneur Jean-Michel Di Falco / Monsieur Tout-Blanc !  (Lu 26397 fois)
Ange Musicien
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Waiting for the miracle


« Répondre #45 le: 27 Mai 2011, 15:14:52 »

Oui, désolée ! Pour ma part c'est surtout une grosse période de rush au boulot, des journées de parfois 20h de travail et des semaines de plus de 70... Trouver le temps de répondre n'est pas toujours facile !

Polyphrène : on retombe encore dans la critique des participants plutôt que dans la critique des idées, mais oui, quand j'étais adolescente, il y avait des gens pour prendre un malin plaisir à m'agacer de la sorte. Grin Ça marchait déjà pas terrible à l'époque... Mais a-t-on vraiment envie de parler autant de moi ? (c'est passionnant je sais, j'en suis la première convaincue !)

Kat999 : le fait que LC soit d'accord ou pas importe en réalité assez peu - ce n'est pas LC qu'on défend en l’occurrence, mais une chanson de LC. L'oeuvre d'art s'émancipant assez bien de son auteur en règle générale, il importe peu que LC veuille hypothéquer ses diamants, ça n'en fait pas de la merde pour autant et on ne va pas se priver de les récupérer dans la poubelle. Je suis bornée comme ces déchets radioactifs au fond de l'océan, le temps ne m'entame pas et je ne laisserais pas la moitié du monde mourir sur un CD à 12€  Grin

Pour répondre rapidement à Lesperluette, la beauté de la chanson originale me semble se fonder sur trois points majeurs :
- les degrés de lecture. (formels) Comme toute bonne chansons, celle ci marche à une grande variété de niveau, chaque vers pouvant être compris d'une multitude de façon différente, pour dire tout et son contraire en restant cohérent, ce qui est très fort et nous amène à...
- la nuance. (du fond) Le texte d'origine nuance l'Hallelujah classique, le rend plus profond, plus vivant - comme tout le travail de léonard cohen, il tend à démontrer ce que devrait être une religion dépourvue de ses tics de langage et de ses obsession - une honnêteté aussi à dire, non pas "la vie est gaie c'est cool", mais "la vie c'est de la merde, c'est cool". Sa capacité, unique, à dire correctement quelque chose d'aussi évident que : "j'ai pleuré, j'ai pleuré à n'en plus finir, je regardais le ciel et je me disais que la vie était magnifique". Il y a un peu de ça, quoique différemment et maladroitement, dans "Paper Thin Hotel".
- la neutralité partisane (de la dialectique), du coup, découlant de l'honnêteté : il n'y a pas de propos, d'objectif, de point de vue, on se moque qu'il y ait un dieu ou pas - la Bible est une légende qui sert à en parler - et la Bible est une légende qui permet d'en parler plus facilement (I was born in chains...)  Cette neutralité permet à l'oeuvre non pas d'être plus belle, mais d'éviter d'être plus laide : car les oeuvres partisanes, de quelque bord que ce soit y compris du notre, sont toujours entâchés par la contrainte, impassible, de leur propos. Elles sont enchaînées. (attention ami lecteur : "le partisan" n'est pas une oeuvre partisane, contrairement à ce qu'on pourrait croire  Grin)

My 2 cents... Again.
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"Twenty seven angels from the great beyond..."
Polyphrène
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« Répondre #46 le: 28 Mai 2011, 21:59:24 »

Ange, ce n'était pas une critique : simplement une remarque amusée, et surtout une façon de te "relancer" pour entendre ce que tu avais à dire et, de ce point de vue, je suis comblé. Qu'une oeuvre d'art s'émancipe de son auteur me paraît en effet essentiel, voir "vital". J'ai toujours pensé, bêtement sans doute, que la création artistique était, pour son auteur, une façon de chercher à se survivre, au même titre que la "procréation". Les enfants sont destinés à s'émanciper pour survivre à leurs parents et apporter au monde plus et mieux qu'eux. Une oeuvre d'art est appelée à survivre à son auteur. S'agissant d'une chanson, elle peut en outre être "re-créée" par chacun d'entre nous qui la chantons ou l'écoutons. Certains en profitent pour la massacrer ou la travestir, mais elle renait, éternellement neuve et jeune. Hallelujah survivra aux massacres des marchands du temple et leur version dégoulinante d'eau bénite sucrée ne l'entamera pas.
Tout à fait d'accord aussi sur les degrés de lecture. Cela est particulièrement vrai pour les chansons de Léonard Cohen. Certaines - très belles - chansons d'autres auteurs n'ont apparemment pas cette qualité. Leur texte peut paraître explicite, simple et direct. Elles n'échappent pourtant pas à la règle que tu évoques, mais ce sont les résonances qu'elles provoquent en chacun qui prennent les couleurs et tonalités de son être et se manifestent ainsi dans une variété infinie. C'est alors l'auditeur ou chanteur de l'oeuvre - ou son spectateur, dans d'autres domaines - qui participe à sa re-création. Cela me ramène à ta première remarque (critique des participants plutôt que des idées): pour ma part, je trouve les participants très intéressants, ne serait-ce, précisément, parce qu'ils sont les acteurs de cette régénération de l'oeuvre, qui en dit autant sur eux que sur l'auteur lui-même. OK aussi sur le fait qu'il n'est alors pas essentiel de considérer l'opinion de l'auteur. C'est intéressant, par curiosité, mais pas fondamental, car l'oeuvre a une vie autonome. La notion de neutralité que tu développes est passionnante, mais il me faudra y réfléchir encore. Du fait de mon inculture très étendue, je n'ai pas tous les outils intellectuels nécessaires pour m'aventurer d'emblée sur ce terrain, mais il me semble prometteur.
A bientôt, donc
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From bitter searching of the Heart
rebuber
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« Répondre #47 le: 09 Juin 2011, 19:04:05 »

Hallelujah a-t-il eu raison des "prêtres" ?

Voici ce qu'on peut lire dans libé du 8 Juin :


"Les Prêtres vont perdre l'un de leurs membres. Joseph Dihn Nguyen Nguyen, le cadet du trio, n'a pas perdu la foi. «J'arrête le séminaire. Je veux fonder une famille», déclare le jeune Vietnamien de 27 ans, interviewé sur le site du Nouvel Obs. «Pendant les concerts, j'ai vu qu’il était possible de vivre sa foi en famille, et cela m'a donné envie», explique-t-il. «Le cheminement a été long mais ça y est, ma décision est prise.»"
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If it be your will...


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« Répondre #48 le: 09 Juin 2011, 21:17:41 »

Sage décision !!!

 Grin

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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
lesperluette
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« Répondre #49 le: 09 Juin 2011, 22:03:30 »

Hum ! je garde pour moi toutes les joyeuses réflexions que m'inspirent cette nouvelle pour répondre à Ange musicien et à son (relativement long) développement.
Il avance des arguments pour discerner les qualités de la chanson que je partage et comprends : la profondeur de champ, la cascade des nuances et des interprétations possibles, l'expression parfaite d'un sentiment compliqué. Comparé à la platitude des paroles du Alléluia des Prêtres, personne ne peut contester le contraste de qualité.
Le troisième argument sur la neutralité, je ne le comprends peut être pas bien. Même s'il l'articule avec une appréciation esthétique "plus beau, plus laid" , je ne peux pas m'empêcher d'y voir un jugement de valeur morale qui se substitue à l'analyse et à la réflexion sur la beauté.
Est-ce que la mélodie, le timbre et les inflexions de la voix de Cohen et tout l'art qu'il déploie, doivent rester indescriptibles ? Pourtant dès la premiers mots, il annonce la couleur avec ces mots, sans fausse modestie !
Now I've heard there was a secret chord

That David played, and it pleased the Lord

But you don't really care for music, do you?

It goes like this

The fourth, the fifth

The minor fall, the major lift …
[/b]

Il sait ce qu'il fait, il maîtrise parfaitement les moyens : les notes, les sons, les rythmes, les consonances, les images, …
Est-ce que le sens est maîtrisé ? peut être pas et c'est bien là le mystère d'une véritable création. Et là, je rejoins Ange musicien quand il parle de l'absence de point de vue comme d'un critère : Une œuvre, ce n'est pas de la communication qui obéit à un objectif défini au préalable. Ça se fait en le faisant ! Cohen fait le boulot d'une manière tellement magnifique que, moi aussi, je me fiche un peu de ce qu'il pense en réalité.
« Dernière édition: 10 Juin 2011, 22:43:06 par lesperluette » Journalisée
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