Leonard Cohen Forum
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Auteur Fil de discussion: Leonard Cohen et la Bible  (Lu 30382 fois)
deodatus
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« Répondre #30 le: 22 Février 2012, 14:48:31 »

Live songs (1973)

PASSING THROUGH
I saw JESUS on the cross on a hill called Calvary
"Do you hate mankind for what they done to you?"
He said, "Talk of love not hate, things to do - it's getting late.
I've so little time and I'm only passing through."

Dialogue imaginaire avec le Christ crucifié sur le calvaire, c'est-à-dire la colline nommée Golgotha, ce qui signifie "lieu du crâne" (Matthieu 27 v. 33 et //). Why not ?
LC est tout à fait fidèle à l'esprit des évangiles ("talk of love and not hate..." voir le Sermon sur le Montagne : Matthieu 5 v. 38-48) et en particulier à Luc 23 v. 34 : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font" (une des sept paroles du Christ en croix).


I saw Adam leave the Garden with an apple in his hand,
I said "Now you're out, what are you going to do?"
"Plant some crops and pray for rain, maybe raise a little cane.
I'm an orphan now, and I'm only passing through."

Autre dialogue imaginaire, cette fois avec le premier Adam (dans le NT, le Christ est appelé le "nouvel Adam" cf. Romains 5 v. 12ss)
NB: le livre de la Genèse (chapitre 3) ne précise pas que le fruit défendu était une pomme ! (la confusion vient certainement du mot latin "malus" qui signifie "pomme" et... le Mal ! Rien à voir :-)
Adam et Ève chassés du Jardin d'Eden : Genèse 3 v. 23)
"Plant some crops.... I'm an orphan now,... only passing through" :
voir Genèse 3 v. 17-19 la dureté du sol (la pénibilité du travail) est une conséquence du Péché de l'être humain. "à la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu'à ce que tu retournes au sol, car c'est de lui que tu as été pris".

Autres textes au sujet du caractère passager, éphémère de la vie humaine : Psaume 90, psaume 39 v. 5-7 (entre autres !) et aussi
"...étrangers et voyageurs sur la terre" dans Hébreux 11 v. 13


PLEASE DON't PASS ME BY

"...I'm with the freaks, I'mwith the hunted, I'm with the maimed, yes I'm with the torn, I'm with the down,I'm with the poor. Come on now ..."

Ah, please don't pass me by,
well I've got to go now friends,
but, please don't pass me by,
for I am blind, yeah but you can see,
oh, I've been blinded, I've been blinded totally,
oh now, please don't pass me by.

Toute la chanson me fait penser à la parabole du Jugement dernier de Matthieu 25 v. 31-46, qui est selon moi un des textes majeurs des évangiles, où le Christ s'identifie à tous les "petits" : les affamés, les assoiffés, les pauvres, les étrangers, les malades, les prisonniers... bref, tous les "maudits" et tous les exclus de la société des hommes !
LC prend dans cette chanson presque une "posture christique" car il semble s'identifier à tous ceux qu'on ne voit pas... (les victimes de la Shoah entre autres qu'il évoque au passage : juifs et tsiganes exterminés par les nazis). A travers toutes ces personnes maltraitées, méprisées, humiliées (et que souvent nous ne "voyons pas", nous qui "voyons")... c'est le Christ (crucifié) qui vient à notre rencontre et sollicite notre compassion.



« Dernière édition: 22 Février 2012, 15:00:24 par deodatus » Journalisée
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« Répondre #31 le: 22 Février 2012, 22:40:43 »

Je suis admiratif !!!!
Bravo !
 Cheesy

Plus tard, je ferai sans doute 1 ou 2 commentaires sur quelques chansons qui me touchent particulièrement comme "Story Of Isaac" et "Last Year's Man", mais une idée en passant:

"Story of Isaac" :
(...)
Dans la chanson de LC, l'épisode est narré par l'enfant auquel Léonard donne 9 ans, alors que la Bible ne précise par l'âge de l'enfant.

LC avait 9 ans quand son père est mort, ça peut expliquer bien des choses.

 Cheesy
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
deodatus
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« Répondre #32 le: 23 Février 2012, 11:41:24 »

Recent songs (1979)

THE WINDOW

"...The New Jerusalem glowing" : la Nouvelle Jérusalem, la Cité éternelle de Dieu, apparaît dans le livre de l'Apocalypse aux chapitres 21 et 22.


"...Oh bless thee continuous stutter
Of the Word being made into flesh" : la "Parole venue dans la chair" désigne le Logos, la Parole éternelle de Dieu faite chair, incarnée dans le Christ Jésus. C'est une expression propre à l’œuvre johannique (évangile et épîtres de Jean). Par exemple : Jean 1 v. 14 ; 1 Jean 4 v. 2


THE GYPSY'S WIFE :

"But whose head is this she's dancing with on the threshing floor":
j'ai déjà commenté ce vers dans une de mes réponses à Lesperluette.
Pourquoi la gitane danse-t-elle sur une aire à battre le blé ? ("threshing floor" ?) Peut-être s'agit-il, comme Lesperluette l'avait suggéré, d'une allusion à l'histoire de Ruth la Moabite où certaines scènes se passent sur une telle aire (Ruth 3 v. 6 par exemple).


"Too early for the RAINBOW, too early for the  DOVE
These are the FINAL DAYS, this is the DARKNESS, this is the  FLOOD
And there is no man or woman who can't be touched
But you who come between them will be judged"

Voici à nouveau un complet rempli d'allusions bibliques...
l'arc-en-ciel marque le "happy end" de l'histoire de l'arche de Noé. L'arc dans la nuée est le signe de l'alliance noachique. (Genèse 9 v. 12 - 16).
La colombe joue aussi un rôle dans l'histoire de Noé :  c'est elle qui signale la fin du Déluge, la baisse des eaux et la réapparition de la terre ferme (Genèse 8 v. 8-12).
La colombe est aussi un des symboles néotestamentaires de l'Esprit Saint.
Elle descend en particulier du ciel pour se poser sur Jésus après son baptême : Matthieu 3 v. 16-17.

THE FINAL DAYS / THE DARKNESS / THE FLOOD
Ici Léonard Cohen introduit une dimension eschatologique :
il est question des "temps de la fin" dans toute le Nouveau Testament, dans les évangiles et les épîtres.
Ils ont été inaugurés par la venue du Christ dans le monde
(Hébreux 1 v. 2).
Ils sont  synonymes de tribulations et de persécutions pour les chrétiens, et marqués par des catastrophes et des signes cosmiques impressionnants (par exemple Marc 13, Matthieu 24, Luc 21 etc...)
L'obscurité, les ténèbres sont étroitement liés au "Jour du Seigneur" ou "Jour de Yahvé" que les prophètes présentent comme un jour de jugement et de terreur. Par exemple Amos 5 v. 18 - 20; 8 v. 9)
Les ténèbres annoncées par les prophètes surviennent en plein midi, le Vendredi Saint, jour de la mort du Christ, signe que le jugement de Dieu sur le Péché est intervenu : Matthieu 27 v. 45.
Le Déluge ("The flood") est évidemment un rappel de l'histoire de l'arche de Noé qui a été relue par certains auteurs néotestamentaires et par la tradition chrétienne comme une préfiguration... du jugement et de la fin du monde (voir particulièrement 2 Pierre 2 v.5, 3 v. 5-6).

"And there is no man or woman who can't be touched
But you who come between them will be judged"
L'idée que personne ne peut échapper au jugement à venir est classique, aussi bien chez les prophètes que dans le Nouveau Testament.
Mais j'avoue ne pas comprendre la dernière phrase... chers amis du forum, lumière please ! :-)

BALLAD OF THE ABSENT MARE :

"...And he leans on her neck and he whispers low
"WHITER THOU GOES I WILL GO"
Décidément, Léonard semble beaucoup apprécier l'histoire de Ruth..
En effet, la promesse de Ruth à sa belle-mède Noémie est une des paroles les plus célèbres de cette belle histoire biblique :
"...où tu iras, j'irai... ton peuple sera mon peuple, et ton dieu sera mon dieu" (1 v. 16-17)


« Dernière édition: 24 Février 2012, 13:59:25 par deodatus » Journalisée
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« Répondre #33 le: 23 Février 2012, 18:51:55 »

Citation
"And there is no man or woman who can't be touched
But you who come between them will be judged"

L'idée que personne ne peut échapper au jugement à venir est classique, aussi bien chez les prophètes que dans le Nouveau Testament.
Mais j'avoue ne pas comprendre la dernière phrase... chers amis du forum, lumière please ! :-)

Je me garderais bien de tout commentaire de la Bible, j'ose simplement ceci :
Est-ce que, là encore, ce ne serait pas en rapport avec Ruth, la femme étrangère dont il serait si facile de médire ?
N'est-ce pas plus largement une injonction à respecter le mystère du couple ?

je vois que tu as laissé de coté Who By Fire.
Ne s'agit-il pas d'une libre interprétation d'une prière ?

et The Guest, allusion à la Cène ?
toute la chanson en fait mais que penses-tu de ceci ?
Saying «Do reveal yourself»
or «Why has thou forsaken me?»


Bon courage pour Various Positions, Deodatus !
« Dernière édition: 23 Février 2012, 19:13:39 par lesperluette » Journalisée
deodatus
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« Répondre #34 le: 24 Février 2012, 11:01:14 »

"The Guest" contient-elle des références bibliques ?
Je l'ai survolée un peu rapidement, je le reconnais, et tu fais bien de me rendre attentif, Lesperluette, à des détails qui l'avaient échappé...

Après réexamen, je considère que c'est une chanson qui contient bel et bien des éléments qui rappellent non seulement la Cène, mais également d'autres passages des évangiles. En effet, Jésus est souvent présenté à table, entrain de manger avec toutes sortes de gens : pharisiens mais aussi "gens de mauvaises vie", prostituées et collecteurs d'impôts (considérés à l'époque comme des traîtres et de collabos puisqu'ils travaillaient au service de l'occupant romain).
Jésus participait même si souvent à des repas (noces de Cana en Jean 2 v. 1-11 !), que certains "bien-pensants" le considéraient comme un "glouton et un ivrogne" ! (Matthieu 11 v. 49)

"The guest" me rappelle aussi la célèbre parabole de invités au festin (Luc 14 v. 15-24), où l'hôte envoie son serviteur chercher dans les rues et sur les places de la ville, puis sur les chemins de campagne, les exclus, les pauvres, les infirmes, les malades et les pécheurs pour remplacer les premier invités qui ont refusé l'invitation pour toutes sortes de prétextes...

"And no one knows WHERE THE NIGHT IS GOING..."
cette curieuse mention de la "nuit" me fait penser à Jean 13 v. 30 : "quant à Judas, ayant pris la bouchée, il sortit immédiatement : IL FAISAIT NUIT..."
Avec la sortie de Judas du cercle des disciples, le processus diabolique est enclenché qui va aboutir à la mort du Fils de l'Homme... Et de fait, il s'est passé beaucoup de choses cette fameuse nuit du Jeudi Saint (prière à Gethsémané, arrestation de Jésus, reniement de Pierre, comparution devant le Sanhédrin etc...). Mais au moment où Jésus rompt le pain, aucun des disciples ne pouvait encore pressentir ce qui allait arriver, et encore moins le comprendre...

"And no one knows WHY THE WINE IS FLOWING"...
"Et personne ne sait, ne comprend , POURQUOI le vin coule..."
(NB : mal traduit sur le site dans "l'oeuvre" : "d'où le vin coule" ??!!!)
Ce vers mystérieux semble confirmer ce que je viens d'écrire : aucun des disciples, à ce moment-là, comprend le sens des gestes et des paroles de leur Maître.

"Oh love I need you, I need you, I need you, I need you,
Oh . . . I need you now"
De quel amour Léonard parle-t-il ? De l'amour du Christ dont le pain rompu et la coupe partagée sont les signes suprêmes ?

"And "Welcome, welcome" cries a voice
"Let all my guests come in."
Voici justement deux vers qui pourraient trouver leur place dans la parabole du grand festin évoquée ci-dessus:
Luc 14 v. 17 : "Venez, maintenant, c'est prêt !"

"Saying "DO REVEAL YOURSELF"
Très intéressant, Lesperluette ! Voici une phrase qui pourrait exprimer l'attente, l'espérance (déçue) de Judas et de peut-être d'autres disciples aussi : que leur Maître révèle enfin aux yeux de tous sa messianité.
A ce propos, je vous recommande de (re)lire l'excellent livre de Eric Emmanuel Schmitt "l'évangile selon Pilate", où Judas, loin de jouer le mauvais rôle, devient le disciple le plus important à qui Jésus demande de le trahir afin que le plan de Dieu puisse s'accomplir. ("L'évangile selon Pilate" a été adapté au théâtre et interprété de façon magistrale par Jacques Weber. Il existe un DVD de ce spectacle absolument exceptionnel ! N'hésitez pas à l'acquérir).

or "Why has thou forsaken me?"
"Pourquoi m'as-tu abandonné ?"
Première des sept paroles du Crucifié, qui est en fait une prière : le psaume 22 v. 2. Que vient-elle faire à cet endroit ? elle peut s'expliquer si on retient une lecture eucharistique de "The guest". Le dernier repas du christ annonçant sa mort prochaine pour le salut du monde.


"All at once the torches flare
The inner door flies open
One by one they enter there
In every style of passion"
Encore un couplet qui "colle" avec l'ambiance du repas eucharistique..
On imagine la salle du repas qui accueille les convives, avec les torches allumées  : Marc 14 v.15 et //).

"And here they take THEIR SWEET REPAST...
While house and grounds dissolve
And one by one the guests are cast
BEYOND THE GARDEN WALL"

"Ayant ainsi parlé, Jésus s'en alla, avec ses disciples, au-delà du torrent du Cédron; IL Y AVAIT LA UN JARDIN où il entra avec ses disciples" (Jean 18 v. 1). Après la Cène, Jésus et ses disciples se sont rendus au Mont des Oliviers où se trouve les Jardin de Gethsémané, comme l'attestent les quatre évangiles.

Merci, Lesperluette, de m'avoir "obligé" à examiner de plus près "The Guest" et de m'avoir ainsi permis de découvrir les richesses de cette chanson que je n'écouterai plus, désormais, de la même façon...

En ce qui concerne WHO BY FIRE, je ne l'ai pas traitée parce qu'elle ne contient pas de références bibliques.
Mais il s'agit bel et bien de l'adaptation d'une prière juive pour ROCH HACHANAH (le nouvel an juif) si je ne m'abuse...
Je me suis renseigné à ce sujet auprès de mon ami rabbin et vous livrerai sa réponse dès qu'elle me sera parvenue. A +


« Dernière édition: 24 Février 2012, 11:23:28 par deodatus » Journalisée
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« Répondre #35 le: 24 Février 2012, 13:42:03 »

Si ça peut aider, j'ai été faire un tour sur les Prologues afin de voir ce que dit Leonard.
Quelques extraits.

Story Of Isaac

"Zig-Zag" Magazine, October 1974.
The song doesn't end with a plea for peace. It doesn't end with a plea for sanity between the generations. It ends saying, "I'll kill you if I can, I will help you if I must, I will kill you if I must, I will help you if I can." That's all I can say about it. My father died when I was nine, that's the reason I put that one of us had to go

BBC Sessions  1968
There's a story in the Bible about Isaac, how his father summoned him to go and climb a mountain, how his father built an altar there after he had been commanded to offer up his son.  And just at the last moment before he was about to sacrifice Isaac, an angel held the hand of the father.  But today the children are being sacrificed and no one raises a hand to end the sacrifice

Stockholm 03/04/72
I sing this song for the butchers and the victims.

--> Là, ça fait penser à la Shoah, non ?

Paris 20/10/74
There is a place where the generations often meet. A very curious place. It's generally an altar or a chopping block. This is a song for my father.

The Guests

München  31/10/79
it's a song about how a new soul comes into the world looking for the feast, feeling completely separated from everything, feeling isolated and in exile, and how the great author of this dismoral catastrophe, this veil of tears, pulls each of these souls into the Feast and into the banquet

Tel Aviv 24/11/80
I don't know if I'm doing the right thing.  But this is a song from my latest group of songs.  It's a song very much influenced by a great poet, Farid ud-Din' Attar

1979 from the Harry Rasky's film
I think that kind of imagery can be discovered all through the literature. The persian poet Rumi (XIII th century) uses the idea of the guests a lot,the festival,the feast and the guests. It's almost impossible to talk about that seed moment of when a song begins. It could be the soul comes into world. There is some notion the soul has that there is a feast, that there is a festival,that there is a banquet. It strives to experience the hospitality of the world. It doesn't achieve it. It feels lonely, this is everybody's experience. It feels lost. It stumbles around on the outskirts of the party. If the striving is deep enough or if the Grace of the host is turned towards the seeking guest, then suddenly the inner door flies open and he finds himself or the soul finds himself at that banquet table. Although no one knows where the night is going, no one knows why the wine is flowing. Noone actually understand the mechanics of this grace except that we experience it from time to time.

The Window

München 31/10/79
It's a kind of prayer to bring the two parts of the Soul together

Hanover  11/11/79
It's a song that is based on an old Persian poem that says "Oh chosen love, Oh frozen love, O tangle of matter and ghost, O darling of angels, demons and saints"

The Gypsy's Wife

1979 from the Harry Rasky's film
And of course my own marriage was breakin'up at that time and in a sense it was written for my gypsy wife, in other words the wife that was wandering away, but euh.. in another way it's just a song about the way men and women have lost one another. Men and women have wandered away from each other, have become gypsies to each other. And the last verse says: "there is no man or woman you can touch - But you who come between them will be judged". In other words, even though we are in the midst of some kind of psychic catastrophy, it's not an invitation to take an advantage of it. That's mostly what the song is about.

Passin' Thru (Dick Blakeslee)

1979, reported by Harry Rasky in his book
The song "Passing Through" is a song I learned when I was fifteen, from a very devoted socialist that I knew. That particular version of the song comes out of "The People's Songbook" which was a song book developed out of the interest that the socialists had at one time in Folk Music, still have. It came out of the "Almanac Singers" who later became "The Weavers", that's the group that Pete Seeger was in - the book was edited by John Lomax. The book itself was very influential in interesting me in song and songwriting. I came across it when I was about fifteen.

Antwerp (Anvers) 17/04/88
Ah I hope you all pass a pleasant Easter and a pleasant Passover. I hope you left the land of Egypt as your fathers did. I hope you are resurrected with the living Christ.

 Cheesy

« Dernière édition: 24 Février 2012, 13:53:21 par Patrice » Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
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« Répondre #36 le: 24 Février 2012, 13:57:00 »

Merci, Patrice, pour ces éclaircissements...
Les "9 ans" d'Isaac ont trouvé leur explication.
Je constate qu'il est difficile d'interpréter les paroles de Léonard, car elles changent, apparemment, en permanence.
Exemple dans "the Gypsy's wife" :
moi j'ai : " an there is no man or woman who can't be touched"
et Léonard cite "there is no man or woman you can touch"...
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« Répondre #37 le: 24 Février 2012, 14:35:19 »

Pas d'erreur de typo dans les Prologues...
La preuve ici:
http://www.youtube.com/watch?v=H2byWWMmf20

Je viens d'écouter 2 versions live de la chanson (Vienne 1985 et Marseille 2010) et j'ai consulté plusieurs sites. Il y a des variations notables mais partout, c'est bien "can't be touched" sur les sites de paroles.
Même si souvent j'entends "can be touched"... Grin

A propos des variations, certaines sont listées ici:
http://www.mp3lyrics.org/l/leonard-cohen/the-gypsys-wife/2vs1

Il y a bien contradiction de la part de LC....

 Smiley
« Dernière édition: 24 Février 2012, 14:54:50 par Patrice » Journalisée

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« Répondre #38 le: 25 Février 2012, 10:40:04 »

Chers amis, voici la réponse attendue de mon ami rabbin à propos de
WHO BY FIRE.
En plus il nous livre son commentaire sur d'autres chansons de Léonard et son vécu personnel avec notre poète ! Génial, non ?

"Il m'a fallu un peu de temps pour trouver le rapport entre la chanson de Leonard Cohen et une des plus grandes prières de Rosh Hashana et def Yom Kippour et qui s'appelle UNETANEH TOKEF :

A Rosh Hashana il est inscrit
Et à Yom Kippour il est scellé
Combien mourront et combien naîtront
Qui vivra et qui mourra
Qui atteindra la fin de ce jour et qui ne l'atteindra pas
Qui périra par l'eau et qui par le feu
Qui par l'épée et qui par une bête sauvage... et ça continue comme ça pendant trois pages... !

Evidemment les mots de Cohen ne sont pas ceux de la liturgie qui date du 7° siècle, mais on est forcé de trouver le parallèle entre les deux.
Certains -même parmi les rabbins libéraux (mouvance à laquelle j'appartiens, mais également Léonard Cohen) considèrent que Cohen a écrit une sorte de prière moderne et reconnaissent dans cette chanson une continuation de la tradition midrashique.
Et après tout, pourquoi pas ? Le Midrash (on devrait dire les Midrashim) date de 1500 ans, au minimum, et rien dans notre liturgie, ni dans notre tradition fait de ces textes des choses figées. En bon Juif Libéral, Cohen réinterprète les textes et fait revivre la tradition en lui donnant une autre
signification.
D'ailleurs si tu connais la chanson  Story of Isaac, qui date de 1969, Cohen revisite la Akeida (la ligature d'Isaac, ce que l'on appelle à tort le sacrifice d'Isaac) en la faisant vivre sous l'oeild'Isaac lui-même... De même Alleluia évoque le roi David, composant lui-même ce psaume à l'époque où il est tenté par Batsheva. C'est dire que Cohen prend parfois des libertés avec les textes, mais il reste toujours près d'eux...

Voili Voilou mes petites réflexions sur Leonard Cohen. D'ailleurs tu me forces à redécouvrir le gars. J'avais cessé de l'écouter il y a longtemps car je le trouvais trop dépressif... Mais j'étais jeune à cette époque...

Yonathan "
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« Répondre #39 le: 26 Février 2012, 19:39:56 »



Je suis admiratif !!!!
Bravo !
 Cheesy


Je suis également très admirative devant toutes ces études bibliques et les chansons de Leonard !
Je vais revenir dessus, il y a beaucoup de choses à comprendre...

Merci Déodatus Cheesy









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Daniela
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« Répondre #40 le: 13 Mars 2012, 18:44:48 »

Petite suite provisoire de mes recherches...

VARIOUS POSITIONS (1984)

"Coming back to you" :
"I can't turn the other cheek" : allusion à Matthieu 5 v. 39 : "si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre"...

"The Law" :
de quelle Loi LC parle-t-il ?
De la Loi de Dieu ? Dans le judaïsme les cinq premiers livres de la Bible, le Pentateuque, sont aussi appelés les livres de la Loi (Torah). L'expression "la Loi et le Prophètes" désigne tout l'Ancien Testament (AT)

"there's an Arm, there's a Hand"...
comme "Law", "Arm " et "Hand" sont écrits avec une majuscule !
Il ne s'agit par conséquent pas de n'importe quel bras et de n'importe quelle main, mais bien du bras et de la main de Dieu.
L'AT n'hésite pas à recourir aux anthropomorphismes pour parler de Dieu.
Son bras et sa main sont les instruments de son intervention et de son action en faveur de son peuple.
Exemples : Psaume 77 v. 16 "par ton BRAS, tu as délivré ton peuple"
Psaume 89 v. 11 : "tu disperses tes ennemis à la force de ton BRAS".
Les versets où ils est question de la "main" de Dieu sont légions aussi bien dans le  Pentateuque, les Psaumes, que chez les prophètes.
Par sa main, Dieu crée, bénit, punit, frappe, fortifie, conduit, rassasie etc..

Je m'interroge : quel est le sens de cette chanson ? A qui LC s'adresse-t-il ? A une femme, comme peuvent le laisser entendre la comparaison de la deuxième strophe ("si la lune a une SŒUR...") ou le terme "baby", dans la strophe cinq ?
Et pourtant...je reste dubitatif. Car la première strophe pourrait presque faire penser à une sorte de confession des péchés :
"combien de fois m'as-tu appelé et je savais qu'il était tard...
J'ai quitté tout le monde mais je n'ai jamais marché droit...
Je ne prétends pas être coupable, mais je comprends... (car)
il y a une LOI, il y a un BRAS, il y a une MAIN"

Que viennent faire la Loi, le Bras et la Main de Dieu dans une mise au point sentimentale entre deux amants ?

"Il fell with my angel down" :
dans le judaïsme chaque être humain, chaque nation, a son "double céleste", son "ange". Cette conception de retrouve dans le Nouveau Testament (NT).
Par exemple dans Matthieu 18 v. 10 ou Apocalypse 1 v. 20.
Au sujet des anges "déchus", on peut se référer à II Pierre 2 v. 4 :
"Car Dieu n'a pas épargné les anges coupables, mais ils les a plongés..., les gardant pour le jugement". Même idée en Jude 6 : "les anges qui n'avaient pas gardé leur rang, il  les garde éternellement enchaînés".

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phil58
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« Répondre #41 le: 16 Mars 2012, 22:58:17 »

Merci à Deodatus pour ce superbe travail.
Il y a plus de quarante ans, les chansons de Cohen (par l'intermédiaire de Graeme Allwright) me fascinaient déjà pour leurs citations bibliques.
Nous voilà gâtés: après les superbes traductions de Polyphrène (si ce n'est pas encore fait, allez vite voir ses monophonies): Leonard et la Bible !
Deodatus, s'il te manque des anges, il y a encore ceux de la pochette de "New Skin For The Old Ceremony", ce mélange de profane et de sacré qui me troublaient beaucoup durant mon adolescence, bien plus encore que les photos érotiques échangées dans la cour d'école.


PS: En ce jour de deuil, j'ai une pensée toute particulière pour nos amis Belges. Ici en Suisse, nous sommes tous bouleversés de ce qui est arrivé.
« Dernière édition: 17 Mars 2012, 22:58:09 par phil58 » Journalisée
deodatus
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« Répondre #42 le: 17 Mars 2012, 09:37:05 »

Merci à toi, Phil58, et à tous les autres amis du forum qui m'encouragent à persévérer dans mon travail sur les chansons de LC. Je continuerai la tâche dès que j'aurai un moment et assez de motivation ;-) Il est vrai que ça devient de plus en plus ardu, car les références et "clins d’œil" spirituels se multiplient au fur et à mesure qu'on progresse dans les albums de Léonard.
Rien que dans "Various Positions" il faudra que je me coltine "Halleluja" où les références bibliques foisonnent à chaque vers...
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« Répondre #43 le: 17 Mars 2012, 22:14:45 »

Mais si ça nous intéresse toujours, Deodatus  Smiley
Est-ce que tu avais déjà parlé de "Dance me to the End of Love" ?

"Lift me like an olive branch and be my homeward dove"

Référence à la fin du Déluge, je suppose mais je ne me sens pas capable d'analyser comment cette image de promesse s'articule avec the End of Love…
Je suis curieuse de te lire à ce sujet quand tu auras le temps et l'inspiration.
« Dernière édition: 18 Mars 2012, 15:17:02 par lesperluette » Journalisée
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« Répondre #44 le: 18 Mars 2012, 14:18:57 »

Lesperluette, je n'ai pas analysé "Dance me to the end of love" car cette référence m'avait échappé. Une fois de plus ta perspicacité vient combler mon étourderie... Tu as relevé avec raison que le rameau d'olivier et la colombe "de retour" sont une claire allusion à la fin de l'histoire du Déluge en Genèse 9. Je n'aurais rien ajouté à cela...
Bien malin celui qui saura établir le lien avec "the end of love"... Mais peut-être existe-t-il parmi les participants à de forum ?
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