Leonard Cohen Forum
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Auteur Fil de discussion: The Favourite Game, le film : première mondiale  (Lu 21953 fois)
Céline
Invité
« le: 02 Février 2003, 17:39:11 »

Bonjour à tous,

Ciné Qua Non m'a confirmé que le film sera présenté le 20 février prochain dans le cadre de :
 
Les rendez-vous du cinéma québécois.
Leur site web : http://www.rvcq.com
(Le programme de l'événement sera disponible le 4 février)


"MONTRÉAL (Reuters) - Le film "The Favourite Game" du cinéaste québécois Bernar Hébert, une adaptation cinématographique du roman éponyme du chanteur Léonard Cohen, ouvrira la 21e édition des Rendez-vous du cinéma québécois du 20 février au 3 mars à Montréal, ont annoncé mercredi les organisateurs.

Il s'agira d'une première mondiale pour ce long métrage qui raconte l'histoire de Léo, un jeune juif montréalais dans la vingtaine qui croit détenir depuis l'enfance le pouvoir de réaliser ses rêves et tout ce qu'il désire."


Là, l'article complet sur le film et l'événement:
http://cf.news.yahoo.com/030115/3/8qps.html

A+

C.
« Dernière édition: 03 Février 2003, 17:45:35 par Celine » Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #1 le: 20 Février 2003, 23:08:59 »


Rebonjour à tous!

J'ai vu l'affiche du film cet après-midi.  Au point de vue visuel je ne la trouve pas terrible, mais, ces deux lignes là, ça, c'est complètement génial :

The Favourite Game "Le jeu de l'ange".

Et bizarre de coincidence étrange et étonnante, plus, j'ajouterais surprenante, sur cette affiche, il y a exactement la citation que j'ai écrite en "signature" ici, et croix de bois, croix de fer, je l'ai fait sans savoir!!!

Amitié,

c.
« Dernière édition: 21 Février 2003, 02:20:36 par Celine » Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #2 le: 21 Février 2003, 00:25:13 »


Un article très intéressant sur le film :

A+

c.

***

Bernar Hébert joue sa Favourite Game

Les 21e Rendez-vous du cinéma québécois s'ouvrent avec, pour la première fois, un film en anglais

Par : Chantal Guy
La Presse édition du jeudi 20 février 2003

DANS LES BUREAUX en pagaille  de Ciné Qua Non, on courait partout et on s'activait lors du passage de La Presse jeudi dernier.  Nous étions à la veille de la date butoir des financements de projets.  Dure mais excitante semaine pour Bernar Hébert, cofondateur avec Michel Ouellette de cette boîte de production qui fête ses 21 ans cette année, un anniversaire qui sera souligné dans la programmation de la 21e représentation - tiens donc! - des Rendez-Vous du cinéma québécois qui commencent aujourd'hui.  Et c'est The Favourite Game, le dernier long métrage de Bernar Hébert, tourné en anglais, qui ouvrira l'événement, avant de prendre officiellement l'affiche le 28 février.  Une première pour les Rendez-Vous que d'ouvrir dans la langue de Shakespeare... ou plutôt, de Leonard Cohen, l'un des plus illustres représentants de l'autre solitude.

Car The Favourite Game est adapté du premier roman autobiographique du poète anglo-montréalais, écrit au début des années 60.  Il raconte la quête d'un jeune homme qui, de Montréal à New York et d'une femme à l'autre, transforme ses souvenirs et sa vie en poésie, tout en apprenant à vivre... un parcours qui ne se fait pas sans sacrifices.

The Favourite Game est le second long métrage de Bernar Hébert après La Nuit du déluge.  Mais le réalisateur estime qu'il s'agit de son premier film de fiction "conventionnel" avec des "acteurs parlants".  En effet, Hébert et Ciné Qua Non ont fait leur marque en créant des atmosphères plutôt baroques où se mêlent plusieurs disciplines artistiques comme la danse, le théâtre, la musique ou la peinture, Le Petit Musée de Vélasquez étant l'une des pièces les plus connues de la soixantaine de courts métrages, documentaires et films produits par la maison.

C'est pourquoi la sobriété dont Hébert fait preuve dans The Favourite Game étonne.  En fait, elle tient au respect de la littérature, une forme artistique qui ne passe pas par les sens comme la danse, mais par l'intellect. C'était la première difficulté de Hébert après la lecture du roman:  comment rendre à l'écran une écriture poétique, où se succèdent les impressions, sans réel "climax"?

"J'avoue avoir été déboussolé au départ, explique le réalisateur. J'étais charmé par ma lecture, par la quête du personnage masculin, mais je ne voyais pas comment j'allais faire pour l'adapter.  Ce n'est pas un roman construit comme une progression, avec une structure dramatique traditionnelle, c'est à dire une relation qui s'établit, un conflit en plein milieu et un dénouement.  Mon défi était d'essayer, d'une part, de respecter le souffle poétique du roman et, d'autre part d'essayer de trouver mon chemin là-dedans pour quand même organiser une structure narrative cohérente qui permette au spectateur de voyager au travers de tout ça."

Quand le réalisateur a compris où il voulait aller, il a accepté le projet, une proposition de son associé et producteur Michel Ouellette.  Car on serait tenté de croire que Bernar Hébert a adapté The Favorite Game parce qu'il est un grand fan de Leonard Cohen, "Tout le monde me pose la question!  dit-il.  En vérité, je ne possède qu'un album de Leonard Cohen.  J'admire plus son écriture que sa musique.

Le chanteur-poète a bien fait un petit saut sur le plateau, mais s'est libéré de toute participation au tournage.  "Il a cédé ses droits et a demandé de ne pas lire les versions de scénario ni d'être impliqué, précise Hébert.  Il disait que c'était son passé et qu'il était ailleurs, que c'était même un peu trop difficile de revenir à la quête de ses 20 ans.  Il préférait un regard frais sur son oeuvre et il était enchanté que ce soit fait par des gens de Montréal.  C'est rare, des personnes qui ont autant d'humilité!".

Jusqu'à présent, Bernar Hébert ne sait pas si Leonard Cohen a vue le film.  "Tout ce que je sais, c'est que la copie lui a été envoyée à Los Angeles, mais il est aux Indes en ce moment.  Est-ce qu'il l'a vu juste avant de partir ou est-ce qu'il le verra à son retour?  Je n'en ai aucune idée."

Filmer la poésie

La place du poète dans la cité, voilà ce qui a séduit Bernar Hébert, pour qui ce sujet est devenu une interrogation personnelle. "Ce qui me fascine, c'est que je sais que la poésie n'a plus beaucoup de place dans nos vies, lance-t-il.  Ils sont peu nombreux, ceux qui lisent de la poésie.  Mais je crois qu'il existe encore des gens qui ont un sens poétique, qui ont une façon très particulière de jouer avec la vie, de la transformer et de l'inventer par leur regard."

C'est pourquoi la recherche de l'acteur qui incarne le personnage principal - JR Bourne, déniché à Vancouver - fut si longue, selon le réalisateur. "C'était très difficile parce que le personnage est jeune mais il a une vision de la vie qui est empreinte de beaucoup de maturité et c'est ce que je devais trouver chez un acteur."

Le film met aussi en vedette Michèle-Barbara Pelletier, Cary Lawrence et Sabine Karsenti, puisque le parcours identitaire du poète passe beaucoup par les femmes, moins nombreuses dans le film que dans le roman.  "C'est comme s'il cherchait au travers de la sexualité et de la sensualité quelque chose pour catalyser son esprit et son énergie, pour donner naissance à quelque chose.  C'est au centre de sa quête."

Pour Hébert, The Favourite Game est avant tout un film d'acteurs.  Après six ans à chercher le financement, à passer des auditions et à peaufiner le scénario, le gros du travail était à faire avec les comédiens.  "J'ai répété cinq semaines avec eux, raconte le réalisateur.  Après ça, l'important, c'était que la caméra soit à la bonne place au bon moment.  Je ne voulais pas avoir une caméra esthétisante, car j'avais peur de la distanciation que cela pouvait créer, que la caméra remplace le regard du personnage.  Je ne voulais pas pervertir le roman et en faire une pièce qui serait, comme dans Le Petit Musée de Vélasquez volontairement onirique et insolite.  Si je rendais ça trop baroque, je ne respectais plus l'univers de Leonard Cohen et surtout pas de son roman."

Quant à tourner en anglais, c'est aussi un respect de la poésie de Cohen.  "J'ai lu la traduction faite en France et j'ai dit non, lance Bernar Hébert avec conviction.  Ce qu'il y a de plus difficile, c'est bien de traduire de la poésie.  Et puisque je maîtrise bien l'anglais, je préférais rester dans la langue de l'auteur dès le départ."

Le réalisateur ne croit pas que ce choix lui amène un plus vaste public, vu le sujet plutôt pointu de son film.  "Ça cible une sensibilité particulière chez les gens, croit-il.  Peut-être que l'anglais peut faciliter une sortie aux États-Unis, mais je n'en suis pas convaincu.  Je crois qu'un film français avec un sujet plus scandaleux mettant en vedette Béatrice Dalle aurait plus de succès que mon film."

Quand on examine la filmographie de Bernar Hébert, on constate qu'il est fasciné par le processus créatif, peu importe le domaine artistique.  "En réalité, ce qui déclenche vraiment mes idées, c'est la relation et la démarche humaine dans le processus créatif de l'artiste, c'est une vision de la vie.  Je reviens tout le temps à ça.  À mon avis, c'est aussi important de parler de comment on exprime la vie que la vie elle-même.  C'est ce qui me touche le plus."  Son jeu favori, quoi.
Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #3 le: 21 Février 2003, 01:17:33 »


Juste des petits commentaires perso sur l'article ci-haut Grin

Je trouve le jugement d'Hébert sur la traduction du roman un peu dure.

J'ai lu The Favorite Game traduit par Michel Doury, et pour moi la magie était au rendez-vous.

J'ai trouvé qu'il avait très bien capté l'essence, ce qu'il y avait entre les lignes.

Je me souviens d'avoir vécu la lecture de ce roman (je l'ai lu dans l'année qui a suivi la découverte de Ten New Songs) comme d'un genre d'incantation (et je trouve que cet aspect est poussé encore plus loin dans Les Perdants Magnifiques, PAS une lecture ordinaire. Oh non!!!! Grin) quelque chose comme un rite de passage initiatique.  On est initié seulement à la dernière phrase, si on a, avant, respecté tout le parcours (je planais, littéralement  Shocked).
 
J'ai bien hâte de voir comment le film traduit ça.

Parce que pour le reste des commentaires d'Hébert, ça promet, je trouve.  A suivre.

A+
 Smiley

c.

« Dernière édition: 21 Février 2003, 01:19:27 par Celine » Journalisée
lgransec
Invité
« Répondre #4 le: 25 Février 2003, 10:39:18 »

Citation
Children show scars like medals. Lovers use them as secrets to reveal. A scar is what happens when the word is made flesh. 
—Leonard Cohen  (The Favourite Game)   

Ah oui ah oui ah oui fabuleuse cette phrase, Cohen live en 3 lignes:
la magie de l'enfant recherchée dans le secret de l'amour et restituée à nous pauvres et heureux lecteurs/écouteurs par la puissance des mots choisis.

Et ben en français j'étais  passé totalement à côté je crois, et du coup je suis assez d'accord avec l'appauvrissement de la version française de FG. Mais bon, quant à me taper un jour the FG en VO, je ne sais pas... préférerais quand même attendre la version française. Faut pas rêver ?
Journalisée
Patrice
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« Répondre #5 le: 25 Février 2003, 17:36:52 »

Citation
J'ai lu la traduction faite en France et j'ai dit non, lance Bernar Hébert avec conviction.

Et allez... la guerre des traducteurs continue... Shocked
Je ne prétends pas que la VF du livre soit parfaite mais elle m'a permis de le lire...
Tout à fait d'accord, donc, avec les commentaires de Céline et d'Eric. Et si, par le plus grand des hasards, ce film traverse l'océan (autrement qu'en DVD...), j'attendrai une version française sous-titrée avant de le regarder...  Cool
Au fait, pourquoi ne pas l'avoir tourné en version bilingue ?.

Patrice.
Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #6 le: 26 Février 2003, 15:09:05 »

Patrice,

Ton ironie est grinçante lue d'ici. Ours.


Grandsec,

Si je me souviens bien, dans un autre espace aujourd'hui disparu, tu disais de TFG, que tu l'avais lu, il y avait bien longtemps, que tu te souvenais surtout que c'était une histoire d'ado à la chasse aux nénèttes à travers la ville et qui se débattait avec les complexes de culpabilité du colonisateur.  Point.

J'avais répondu que tu l'avais sans doute lu à une époque où tu faisais la même chose.  Et que c'était pour ça le "point".

O.k. c'était provoc.

(Mais je pensais quand même que tu ne le verrais plus du même oeil maintenant).

Tu m'avais dit "oui, en effet, mais il n'y a pas que ça," enfin bref, t'avais rien lu entre les lignes, et je répète, la traduction de Doury n'y est pour rien, puisque c'est cette traduction qui m'a tant fait planer.

Tant mieux, si trois petites phrases, et encore, hors contexte, ont pu te faire sentir la magie contenue là-dedans.

C'est vrai que ça résume bien l'atmosphère.

Comment dire??  Pour moi, le roman a un état solide et un état de parfum.  Quelque chose comme de l'encens qui brûle ("tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil, dans l'ombre tu vois comme une fumée, une route qui monte derrière sa tête") au fur et à mesure que la lecture avance, on oscille entre la matière dense et le feu, la matière et le feu, si bien qu'à la fin tout est consumé dans la lumière, qu'il ne reste que le parfum.  Sublime.

Amitiés à vous deux, et A+,

c.  
« Dernière édition: 26 Février 2003, 15:44:26 par Celine » Journalisée
Patrice
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« Répondre #7 le: 26 Février 2003, 18:25:01 »

Citation
Patrice,
Ton ironie est grinçante lue d'ici. Ours.

 Wink
Le mot est faible... Grin
En fait, il m'a fallu faire preuve d'une grande diplomatie pour faire taire mes envies de cynisme avoué.
Car les propos de Monsieur Hébert sont ceux d'un homme doté d'un manque de respect inimaginable et d'un cinéaste totalement irresponsable.
En Europe, beaucoup de réalisateurs ont eu leur "période américaine" et ont tourné aux USA. Si l'un des précurseurs fut Fritz Lang (pour les raisons que l'on sait), Costa-Gavras, Wim Wenders, Luc Besson, et bien d'autres ont fait de même, mais leur raison était claire: ils visaient le marché américain. Ceci dit, leurs films revenaient tous en Europe en version sous-titrée ou doublée.
Je ne veux pas défendre la francophonie à tout prix puisque Leonard a écrit en anglais. Mais qu'un réalisateur francophone s'acharne à tourner en anglais sans proposer d'alternative et accuse nos traducteurs de cette façon... c'est peu courtois... (là encore, je dois modérer mes propos Wink).

Citation
on oscille entre la matière dense et le feu, la matière et le feu, si bien qu'à la fin tout est consumé dans la lumière

Superbe phrase.
On nage en plein Allwright, ou en plein Cohen, comme on veut. Bravo.

Patrice. (qui va se faire des ennemis... Cool)
Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #8 le: 26 Février 2003, 23:19:52 »

Patrice

Oh! tu sais Patrice, je crois que ton interprétation de malveillance est une distortion due à la distance.  Ici, on vit avec ça depuis le berceau.  (Même le berceau de la province, en fait) Écartelés entre ce qui resta toujours dans le coeur des patriotes comme la "Mère Patrie", la douce France, (qui n'a jamais rien voulu savoir de son ancienne colonie, avant Félix Leclerc Wink l'Oncle Sam le géant pas toujours débonnaire, et John Bull le conquérant au sens de l'humour désarmant.   Ah! j'oubliais.  Il y a aussi les Canadiens Anglais et parmi eux, les Terre-Neuviens qui se disent une nation à part du reste du Canada, obligée d'entrer de force dans la Confédération, qui sont indépendantistes et  qui parlent entre-eux un dialecte bien à eux, les provinces de l'Ouest qui trouvent que l'Ontario (Toronto) et le Québec (Montréal) sont privilégiés par le gouvernement.  Et les Amérindiens qui réclament leurs droits ancestraux.  Pas si simple que ça en a l'air, n'est-ce pas?

T'as qu'à lire le poème Français et Anglais (par Leonard Cohen, bien sûr) pour comprendre un peu l'écoeurement (en tout cas, moi, c'est comme ça que je le ressens) dans lequel nous jette les jeux politiques qui sont reliés aux (faux, à mon avis) problèmes de langue, ici, parfois.  Je trouve que ce poème transcende aussi (dans un peu soufre, certainement) une situation triviale pour l'élever, paradoxalement, comme toujours, à un niveau plus spirituel.

Tu sais c'est pas si évident! Smiley

Et toi! Grin T'es pas le champion de la gestion du bilinguisme :  Tu as créé une section "English Only" qui ici ressemblerait à un système de ghetto inadmissible, et en plus, tu passes ton temps à poster des textes en anglais dans le Café Bleu au lieu du Blue Café, ce qui accentue le "deux poids deux mesure" qui jette tant d'huile sur le feu, alors, je me marre un peu, là! Wink  et compte pas sur moi pour modérer ton engliche dans le Café Bleu!! Grin

Si on élève le problème des différences à un niveau plus humain, on se rend compte qu'en Art, c'est plus un problème de comprendre avec ses émotions (la langue maternelle, ça reste la langue maternelle), et c'est ce qu'à voulu dire Hébert,  et sa façon cavalière de le dire, sans ménagement pour le traducteur, tiens beaucoup plus à ça, ET de la diva, qu'autre chose.  

Je ne passerai pas sous silence la petite guéguerre pour le marché des traductions françaises, mais c'est surtout au niveau du doublage des films américains qu'elle a eu lieu.  Chez-vous, vous allez traduire un "phoque" par "put@!n" ou "N*m de D!eu", alors qu'ici on traduit par...laisse tomber.  Juste pour dire que quand le film utilise un langage populaire, ça colle plus si c'est traduit sur le "terroir" peu importe lequel.

Moi, je trouve qu'il y a pire chez Hébert, bien pire, ce n'est même pas un fan de Leonard Cohen :'(

C'est un fan du roman.  Point.  Et il le dit de façon aussi cavalière que le reste.  Tu vois?

Bon, pour faire bonne mesure tu te moques de mes élans du coeur pour le roman... soupir... mais, je suis si sincère que ça ne m'atteint même pas (presque pas)!  

A+

c.
 
 
« Dernière édition: 27 Février 2003, 13:56:08 par Celine » Journalisée
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« Répondre #9 le: 27 Février 2003, 00:27:48 »

Chère Céline,

Citation
Tu sais c'est pas si évident!

Mais je te crois !.
Le problème est que Monsieur Hébert et son entourage parlent d'un film. Et un film est généralement voué à une distribution mondiale... Grin
Donc, une certaine modération dans ses propos serait la bienvenue.

Tu sais, il y a eu d'excellents traducteurs de LC en France, je pense par exemple à Jacques Vassal et Hervé Müller dont divers articles sont sur le site.

Citation
Et toi!  T'es pas le champion de la gestion du bilinguisme :  Tu as créé une section "English Only" qui ici ressemblerait à un système de ghetto inadmissible, et en plus, tu passes ton temps à poster des textes en anglais dans le Café Bleu au lieu du Blue Café, ce qui accentue le "deux poids deux mesure" qui jette tant d'huile sur le feu, alors, je me marre un peu, là!   et compte pas sur moi pour modérer ton engliche dans le Café Bleu!!

Pour parodier un prologue de Leonard, je ne sais parler aucune langue... Smiley Mais les textes que j'ai pu poster dans le Café Bleu, ce n'est quand même pas de ma faute s'ils ont été écrits en anglais... Shocked
et je pense que ce n'est pas non plus de ma faute si la section "English only" est si peu fréquentée... ce qui fait que j'y poste très rarement, outre le fait que je ne comprends que la moitié de ce que j'écris... Cheesy

Et puis, il faudrait savoir... tu écris tu passes ton temps, alors que je poste rarement sur le forum par manque de temps... Cool

Citation
Moi, je trouve qu'il y a pire chez Hébert, bien pire, ce n'est même pas un fan de Leonard Cohen

Tout à fait d'accord.
J'applaudis tes mots.

Citation
Bon, pour faire bonne mesure tu te moques de mes élans du coeur pour le roman...

Où as-tu vu jouer ça ? Shocked Shocked Shocked Shocked
Je me moque simplement des mots d'Hébert, point à la ligne.
Je suis d'ailleurs ravi que quelque chose de LC (ici, le roman) te plaise, rien d'autre. Wink

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #10 le: 27 Février 2003, 14:07:18 »


Rebonjour,

Citation
Mais les textes que j'ai pu poster dans le Café Bleu, ce n'est quand même pas de ma faute s'ils ont été écrits en anglais...

Bien, tu reprends les arguments d'Hébert.  Vous allez finir par vous entrendre, entre ours Roll Eyes (je crois sincèrement qu'il ne faut pas chercher plus loin)

Citation
Je suis d'ailleurs ravi que quelque chose de LC (ici, le roman) te plaise, rien d'autre.

Je ne suis pas sûre si je ne me suis pas faites retournée sur le grill, là, mais bon. Vaut mieux prévenir, tiens : Tongue



 Grin



Ceci dit, si tu me lances sur le sujet de ce que j'aime de Leonard Cohen à part TFG, je m'en sortirai pas.  Je suis encore en train d'essayer de raccourcir raisonnablement la liste de mes chansons préférées, ainsi que mes commentaires sur LPM. Smiley

Amitiés, Patrice, et à plus tard!

c.
[/color]
Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #11 le: 01 Mars 2003, 02:01:34 »


Voici quelques extraits d'un article de Jean-Pierre Gravel du journal Ici.

J'ai décidé de mettre seulement les extraits les plus pertinents pour faire un message plus intéressant et pas trop long et non pas - Patrice, c'est pour toi ce passage  Roll Eyes parce qu'on y parlait de la traduction française par Doury du roman de Cohen.  D'ailleurs, Patrice, je suis convaincue que même si cette traduction avait été faite ici, il aurait dit la même chose, son idée étant de garder le plus possible l'originalité de la pensée de l'auteur (et pas de t'enquiquiner personnellement Wink)

Bon, silence, on tourne :

***
En rendant hommage à Bernar Hébert et à Ciné Qua Non Films, les Rendez-vous du cinéma québécois salueront cette année un boîte pour qui le cinéma s'est toujours associé aux autres arts :  films de danse ou sur la peinture, "transpositions" filmiques de spectacles de scène, portraits personnels d'artistes... Aussi, quand on s'attaque à The Favourite Game on se demande si c'est d'un film de fiction qu'il faut parler, ou d'un film qui, comme beaucoup d'autres chez Hébert, se greffe sur une autre pratique, une autre démarche créative, celle de la poésie et du cheminement du poète.

C'est un peu dans ce sens que Bernar Hébert nous a parlé de ce qui lui a fait accepter l'adaptation de The Favourite Game, roman difficilement adaptable où Leonard Cohen évoque ses années de formation.  Autobiographique, le livre l'est certainement: l'appartenance de son héros, Leo Breavman, à la communauté juive anglophone de Westmount durant la guerre et après y a un poids non négligeable.  Mais Bernar Hébert s'intéressait à autre chose.  "Ce qui m'inspirait vraiment, c'était la démarche du poète (...) .  Quand j'ai compris qu'il s'agissait du cheminement de quelqu'un qui cherche à se définir par la poésie et dont la relation avec les femmes le met sur le chemin de trouver qui il est, de donner naissance au poète qu'il a en lui, ça a été mon point de départ" explique-t-il, ajoutant que The Favourite Game est une interrogation sur la place du poète dans la société d'aujourd'hui.

Mais de quelle place s'agit-il?  Pour cela, il faut suivre les déambulations de Breavman (...) Hébert cherchait ce personnage qui "a une grande sensibilité derrière son front baveux" ("son front baveux"= son arrogance. Note de la traductrice Grin).  Vrai : le film percera sournoisemetn la carapace de ce jeune homme pour révéler qu'on ne devient jamais soi-même sans sacrifices.

Cela dit, en lisant le roman, on saisit bien les difficultés qu'il offre à l'adaptation.  Sa composition, toute en fragments et en impressions liées par un fil ténu, ne se prête pas facilement à la continuité narrative d'un film. Celui de Bernar Hébert est comme un road movie de l'âme et du corps.  En quête de lui-même, Breavman file de Montréal à New-York et fait la rencontre décisive de Shell, et ce qui s'annonçait comme une aventure parmi d'autres deviendra une rencontre révélatrice pour eux deux.

(...)

Il devient alors évident que la "place du poète" pour Hébert, se trouve hors du temps.  C'est ce qui explique les choix singuliers des lieux de tournage : "Mon collègue Serge Bureau a suggéré de jouer un peu avec les époques, de manière à ce qu'on ne puisse pas identifier une époque précise qui fasse décrocher le spectateur.  On voulait garder ça dans une zone vague.  Nous avons longtemps cherché les lieux". (...) Même chose aussi pour le choix des chansons de Cohen qui commentent le film.  On ne trouvera pas "Suzanne" ici, mais des titres moins connus comme "True Love Leaves No Traces" de l'album Death of a Ladies' Man, dont l'arrangement suranné et les paroles désenchantées collen à la peau du film : "Dans le choix des chansons, ce n'est pas l'icône de Cohen qui m'intéressait, mais de relire ses textes et d'en trouver des bouts qui ouvaient donner un complément à ce qui se passait et qui respectaient la cohérence du personnage."

C'est finalement tout ça qui donne au film l'allure d'une lecture personnelle et pertinente du travail de Cohen, malgré les sacrifices qu'il fait en cours de route.  A l'instar des films d'art d'Hébert, The Favourite Game est comme une interface entre le spectateur et le travail écrit de Cohen.

*****

Voilà, c'est tout, j'espère que vous avez apprécié ces extraits

A+

 Grin

c.
« Dernière édition: 01 Mars 2003, 02:33:34 par Celine » Journalisée
Patrice
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« Répondre #12 le: 01 Mars 2003, 02:43:36 »

Bon article, merci Céline !. Smiley
Mais...
Citation
Quand j'ai compris qu'il s'agissait du cheminement de quelqu'un qui cherche à se définir par la poésie et dont la relation avec les femmes le met sur le chemin de trouver qui il est, de donner naissance au poète qu'il a en lui, ça a été mon point de départ

Tout ceci est résumé dans deux chansons:
Last Year's Man & Famous Blue Raincoat...

Citation
"True Love Leaves No Traces" de l'album Death of a Ladies' Man, dont l'arrangement suranné et les paroles désenchantées

 Shocked Shocked Shocked Shocked
Ca va faire plaisir à Cohen, ça.....   Tongue Lips Sealed
L'arrangement étant uniquement signé par Spector contre le gré de Leonard qui a refusé toute promo de l'album... Cool

Ma foi... l'erreur est humaine !. Grin

 Wink
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #13 le: 01 Mars 2003, 10:19:14 »

Citation
Citation
"True Love Leaves No Traces" de l'album Death of a Ladies' Man, dont l'arrangement suranné et les paroles désenchantées

 Shocked Shocked Shocked Shocked
Ca va faire plaisir à Cohen, ça.....   Tongue Lips Sealed
L'arrangement étant uniquement signé par Spector contre le gré de Leonard qui a refusé toute promo de l'album... Cool

Ma foi... l'erreur est humaine !. Grin

 Wink
Patrice.

En tout cas, ça semble te faire plaisir à toi  Wink Smiley Cheesy Grin

Ceci dit j'ai pensé à peu près la même chose au moment où j'ai lu ces lignes.  "Cohen n'aurait sans doute pas choisi ça..." et je me suis demandé s'il aimerait, en pensant que sans doute non.

Je pense que Hébert, qui a passé des années à travailler sur ce film, a fait exprès de choisir cette chanson là spécifiquement (même si Gravel dans son article, semble n'y avoir vu que du feu), juste de la façon dont il dit qu'il n'est pas un fan de Cohen, qu'il n'a pas voulu traiter "l'icône" de Cohen (belle image, ça!!!!) mais l'histoire de l'homme qui devient poète et je cite Gravel "le film percera sournoisement la carapace de ce jeune homme pour révéler qu'on ne devient jamais soi-même sans sacrifices."

Dans une autre entrevue, Hébert a dit que Cohen était en quête spirituelle, que ça, c'est évident aujourd'hui, mais que ce l'était aussi dans le roman.

A partir de ça, j'en déduit que qui dit quête, dit aventure et héros soumis aux avatars de son destin.  Je crois que Hébert en est un autre qui nous donne du grain à moudre en ce qui concerne les espaces non-dits, entre les lignes, et ça, ça respecte assez le roman et la vie de Cohen, finalement (sinon Cohen :'().


Citation
Bon article, merci Céline !. Smiley
Mais...
"Quand j'ai compris qu'il s'agissait du cheminement de quelqu'un qui cherche à se définir par la poésie et dont la relation avec les femmes le met sur le chemin de trouver qui il est, de donner naissance au poète qu'il a en lui, ça a été mon point de départ"

Tout ceci est résumé dans deux chansons:
Last Year's Man & Famous Blue Raincoat...




Là, ça me renvoit au texte de Pico Yier :   "Pourtant, ce qui me frappe le plus, en écoutant ses chansons, soudainement, c'est comment, en un certain sens, il est immuable; l'immuable est ce à quoi il a été occupé depuis le début."

Je rajouterais, pas seulement dans ses chansons mais dans toute son oeuvre aussi.

Amitiés et A+ Smiley

c.
« Dernière édition: 01 Mars 2003, 10:29:02 par Celine » Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #14 le: 03 Mars 2003, 18:41:46 »

Bonjour à tous! Grin  Et un autre article sur et à propos du film.

A+
  Smiley

c.


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The Favourite Game
Terrain de jeu
Juliette Ruer

Un film arrive avec une certaine tonalité, et on se dit soudain qu'on n'avait justement pas vu cette couleur dans le paysage depuis un bon bout. Et que cela manquait. Avec The Favourite Game, de Bernar Hébert, on se met au diapason de la sensualité et de la poésie. Très cool. Un film qui rappelle le décalage dans le quotidien, quand on prend conscience de cette autre dimension de soi, toujours mise de côté. La part d'enfance qu'on traîne. Le film, tourné en anglais, a ouvert les Rendez-vous du cinéma québécois. Il est tiré du premier roman de Leonard Cohen, qui date de 1963. Pas facile. "J'avoue qu'à la première lecture, j'ai eu du mal, explique Bernar Hébert. Et puis à la seconde, ç'a été le coup de foudre. Le livre est monté en une série de vignettes impressionnistes, sans construction, sans drame ou conflit. Mais les images sont venues à la seconde lecture. Et quand elles apparaissent, la construction d'une narration vient rapidement, afin que le spectateur puisse y trouver son compte." Le spectateur y trouve un scénario solide et articulé, denrée rare...
Léo (JR Bourne) se cherche. Entre Montréal et New York, il passe d'une femme à l'autre, s'interroge sur la place de ses souvenirs, voulant retrouver l'absolu de l'enfance. Une femme dont il tombe amoureux, Shell (Michèle-Barbara Pelletier, vibrante); quelques moments éprouvants; une perte: plusieurs événements vont servir de déclencheurs et permettre au poète de s'ancrer. Attention, ce spleen-là n'en est pas un. Mal de vivre mais pas de pessimisme, pas de dépression qui tire vers le bas. Au contraire, on sent des envies, des désirs qui partent de l'enfance et qui doivent avoir une résonance au présent. De façon pragmatique, on dirait de Léo qu'il est un trentenaire rêveur tardant à larguer l'enfance, mais qui va le faire sans rechigner, comme les autres, après quelques prises de conscience.

La poésie fait toute la différence. "Ce que j'espère, c'est que le public soit touché par la démarche humaine, par cet homme. Et, si possible, qu'il soit aussi touché par le questionnement sur la création de la poésie. Mais l'intangible, c'est ce qu'il y a de plus difficile à trouver." Hébert, toujours fasciné par les processus de création (Le Petit Musée de Vélasquez, La Nuit du déluge, et bientôt un film sur le peintre Cosgrove), sait éclairer cette chose quasi surnaturelle et magique qu'est la mise en place de la création. "Ce que j'ai aimé, c'est comment il s'enfonce dans sa quête. Léo est d'abord incapable d'être touché, puis il commence à se rendre compte des autres." Mais pas d'approche baroque cette fois, The Favourite Game se joue en jazz, de façon fine et fluide.

Dans le roman de Cohen - absent du projet pour cause de ressourcement en Inde -, Léo est un homme des années 60, quand les gars pouvaient être des goujats au nom de n'importe quoi et que les femmes étaient d'abord des muses. "À la quatrième version du scénario, il y avait encore beaucoup de femmes, raconte le réalisateur. J'ai coupé, et j'ai renforcé certains rôles. Les rapports ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Dans le roman, Léo ne se fait pas remettre en question. Là, on lui dit ses quatre vérités, on s'oppose à lui." Mais si les moeurs évoluent, le temps, lui, reste en suspens. On reconnaît Montréal et New York, mais l'usuel, de la voiture aux vêtements, reste dans le flou présent sans tendance particulière, à une ou deux décennies près. "La structure du temps est volontaire, et j'ai cadré serré pour rester dans l'univers intérieur", explique le réalisateur. Il s'est attardé sur les chambres de motel, décor parfait pour le sexe et la réflexion. Une en particulier retient l'attention, avec deux fenêtres ouvertes sur deux horizons, qui a l'étrange ambiance d'une cabine de bateau. Si on remarque le travail des artisans sur ce film (Serge Ladouceur à la photo, Serge Bureau à la direction artistique, François Laplante aux costumes, Philippe Ralet au montage, Pierre Blain au son), c'est que toutes les forces de création concordent. Les musiques de Cohen, les musiques originales, le jeu des acteurs, l'éclairage, le choix de la chemise, de l'auto, du café Reggio et des meubles de motel: on sent l'unité, la même compréhension de l'histoire à raconter. Enfin, il fallait un drôle de héros, aussi séduisant qu'imbuvable, qu'on ne se sente pas obligé d'aimer mais qui aiguise l'attention. Mission accomplie, le sourire de JR Bourne est à la fois glacial et charmeur.

Bref, un film au charme étrange, un peu ancien. On croyait même que cela ne se faisait plus...

http://www.voir.ca/montreal/cinema/cinema.asp?Id=24889
« Dernière édition: 03 Mars 2003, 18:44:17 par Celine » Journalisée
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