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Auteur Fil de discussion: Die Kinder von Izieu  (Lu 51404 fois)
Patrice
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« le: 17 Mars 2003, 17:40:06 »

"It's a song about the sacrifice of one generation by another one"
(Leonard Cohen)


Un peu hors sujet, mais continuation logique du Partisan, je voudrais vous parler ici des Enfants d'Izieu.
Pour que ça ne se reproduise plus jamais.

En 1941 et avec l'aide de l'OSE  (Oeuvre de Secours aux Enfants), Sabine Zlatin (décédée le samedi 21 septembre 1996 à l'âge de 89 ans) ouvre un refuge pour enfants juifs à Palavas-Les-Flots. Mais la situation se dégradant dans l'Hérault, ils partent avec quelques enfants vers l'Ain, à Izieu, petit village qui surplombe le Rhône à la limite de la Savoie et de l'Isère. Les enfants, brutalement séparés de leur famille, orphelins d'un ou deux parents, dont beaucoup ont subi des mois d'internement, réapprennent petit à petit à rire, jouer, à croire en un avenir possible.
Début avril 1944, elle se rend à Montpellier pour demander l'aide de l'Abbé Prévost. C'est ainsi qu'elle échappe involontairement à la rafle.
Le 6 Avril 1944, alors que les enfants se préparent à prendre leur petit déjeuner, deux camions et une voiture de la Gestapo de Lyon - sous commandement de Klaus Barbie - font irruption dans la cour et arrêtent brutalement toutes les personnes présentes. Envoyés à Drancy, 34 enfants et 4 adultes sont déportés à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944 par le convoi n°71. A l'exception de Lea Feldblum, tous ont été gazés comme les 8 autres enfants partis dans les convois 72 (29 avril), 74 (20mai), 75 (30 mai) et 76 (30juin). Miron Zlatin et les deux adolescents les plus âgés, Théo Reis (16 ans) et Arnold Hirsh (17 ans) sont déportés le 15 mai 44 par le convoi numéro 73, uniquement composé d'hommes dans la force de l'âge. C'est dans la forteresse de Tallin en Estonie, que les SS viennent les chercher pour les exécuter dans la forêt toute proche. Le procès de Klaus Barbie (mort en prison 25 Septembre 1991) s'ouvre le 11 Mai 1987, Maître Serge Klarsfeld représentant les familles des enfants d'Izieu. En 1987, au lendemain du procès de Klaus Barbie, déclaré coupable de ce crime contre l'humanité, se constitue autour de Madame Sabine Zlatin, l'association du Musée-mémorial d'Izieu. Il s'agit pour les fondateurs, venus de tous les horizons, de se porter acquéreurs  de la Maison d'Izieu et d'y créer un musée ayant pour thème les enfants juifs d'Izieu et le crime contre l'humanité.
François Mitterrand, alors Président de la République, inaugurera la Maison d'Izieu le 24 avril 1994 en présence de nombreuses personnalités, dont Jacques Chirac.

Source :
http://www.izieu.alma.fr/francais/frame_principale.htm
Excellent site francophone où vous trouverez l'histoire complète des 44 enfants d'Izieu.

En 1994, le chanteur allemand Reinhard Mey publie "Die Kinder von Izieu" (Les enfants d'Izieu), une chanson bouleversante de réalité dont vous trouverez le texte complet sur ce site :
http://auschwitz.dk/children/id4.htm
(excellent site anglophone).

Mey n'épargne aucun détail, et, contrairement à son habitude, ne change aucun des noms propres. Lors des tournées de 1995 et de 1997, c'est la voix brisée par l'émotion qu'il présente la chanson.

Traduction par Anatole, basée sur la mienne :

Les Enfants d'Izieu (Die Kinder von Izieu)

Ils étaient remplis de curiosité, ils étaient pleins de vie,
Des enfants, ils étaient quarante quatre.
Ils étaient exactement comme vous, enfin, comme sont tous les enfants,
Dans une maison à Izieu, surplombant la vallée du Rhône.
Leur fuite devant l'invasion allemande les avait réunis -
Et derrière chaque nom on sent la peine amère -
Tous restaient seuls au monde,
Serrés l'un contre l'autre en ces temps meurtriers.
En 1944, l'époque des âmes damnées,
Où l'informateur et le pisteur dirigent la chasse humaine.
Ici, ils ne chercheront personne, ici en haut de la montagne,
Les enfants d'Izieu, ici tout au bout du monde.

Joseph qui peut peindre des paysages avec des chevaux,
Théodore qui apporte le fourrage aux poulets et aux vaches,
Liliane qui écrit si bien, il faut qu'elle devienne écrivain plus tard,
Le petit Raoul qui chante à longueur de journée.
Et Elie, Sami, Max et Sarah, comme eux tous ont quelque chose :
Chacun a son talent, son don, son unicité,
Chacun porte en lui un cadeau que personne ne pourrait lui retirer,
Un cadeau qu'ils préservent et qu'ils aiment, chacun à sa manière.
Mais un mauvais pressentiment plane depuis longtemps sur leurs jeux
La crainte d'être découvert pèse sur chaque jour nouveau,
Et derrière chaque rire on entend un sombre avertissement :
Chaque voiture qui vient peut apporter le malheur.

Au matin du jeudi saint, ils sont venus,
Soldats dans de longs manteaux et hommes en civil.
Un jour ensoleillé, ils les ont tous, tous raflés,
Entassés sur des camions et personne n'a dit où ils allaient...
Certains saisis par l'angoisse ont commencé à chanter,
Certains ont prié, puis ils sont restés muets.
Certains ont pleuré et tous, tous ont tous pris
Le même chemin vers leur martyre.
La chronique rapporte avec exactitude la liste des noms,
Le numéro des wagons et à quel train ils étaient accrochés.
Le numéro du convoi avec lequel ils sont arrivés dans le camp.
La chronique montre qu'aucun n'a échappé aux assassins.

J'entends qu'aujourd'hui tout cela fait partie de l'Histoire
Qu'il faut tourner la page, finalement, après toutes ces années.
Je parle, je chante et s'il le faut, je hurlerai
Afin que nos enfants apprennent qui ils étaient :
Le plus vieux avait dix-sept ans, le plus jeune en avait quatre,
On les a conduits depuis la rampe de Birkenau jusqu'à la chambre à gaz.
Je les verrai toute ma vie et je garde
Leurs noms gravés dans mon âme.
Ils étaient remplis de curiosité, ils étaient pleins de vie,
Des enfants, ils étaient quarante quatre.
Ils étaient exactement comme vous, enfin, comme sont tous les enfants,
Dans une maison à Izieu, surplombant la vallée du Rhône.

Reinhard Mey, 1994, Immer Weiter.
(C) Maikafer Fliege Verlag / Intercord.


Patrice.
« Dernière édition: 07 Novembre 2008, 21:33:50 par Patrice » Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Fleya
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« Répondre #1 le: 20 Mars 2003, 01:57:04 »

Touchant, le poème que tu as posté, Patrice!

Il est presque 2 heures du matin, l'ultimatum est sur le point de s'accomplir. Je ne peux m'empêcher de penser à tous ces innocents qui mourront bientôt.
Comme au Kosovo, comme en Israël, comme en Côte d'Ivoire, comme à Gernika,  comme aux ghettos.
Apprendrons-nous un jour à vivre en paix les uns à côte des autres?
Comme dirait Pablo Neruda: "Je pourrais écrire les vers les plus tristes, ce soir"... :'(
Fleya
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Patrice
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« Répondre #2 le: 20 Mars 2003, 12:07:05 »

Fleya,

Je le redis, ma traduction est très sommaire et incomplète... il vaut mieux écouter la chanson et/ou lire le texte original.

Mais tu devines que ce n'est pas un hasard si j'ai choisi ce moment pour poster ce sujet. Car il y aura d'autres crimes contre l'Humanité, il y aura des émules de Klaus Barbie, mais ceux-là resteront impunis. Sad

A l'heure actuelle, l'ultimatum a expiré. Mais on sait de toutes façons que le sang coulera et pour rien, juste pour satisfaire la volonté d'un type qui se prend pour le maître du monde.
A ce titre, et pour une fois, je suis tout à fait d'accord avec les propos du Président français. J'en arrive à me surprendre moi-même...

Pour revenir aux Enfants d'Izieu, ils représentent un symbole à l'heure actuelle, un symbole de la bêtise humaine.
Dans un autre live, Reinhard Mey introduit la chanson en disant qu'il a lu les livres de Beate et Serge Klarsfeld, et qu'il ne comprend pas que de tels actes de barbarie puissent arriver en Europe, que ce que les allemands ont fait aux français est inqualifiable, que l'armée allemande est une honte... puis il se lance dans un violent réquisitoire anti-militariste, avant de conclure en disant que les 44 enfants d'Izieu resteront à jamais gravés dans ses souvenirs.

Je pense qu'ils doivent l'être également dans nos mémoires.

Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #3 le: 23 Avril 2003, 03:17:33 »

Bonjour à tous,

Heureusement, il y a aussi des histoires telles que celle ci-dessous pour dire que si l'Homme peut être capable du pire, il est aussi capable du meilleur :



Daeninckx - Pef : Il faut désobéir !
Album événement. Un écrivain et un dessinateur célèbres racontent la belle histoire des sept policiers nancéiens qui ont désobéi au régime de Vichy.

Parler de Vichy aux enfants d'aujourd'hui provoque toujours de mauvaises démangeaisons, à en juger par les grands vides des manuels scolaires sur la question. La banalisation, l'occultation d'un passé vieux de plus d'un demi-siècle n'a guère de chances de susciter un questionnement spontané si ne s'y emploient les passeurs de mémoire et ceux qu'éveille une construction positive et audacieuse de la citoyenneté de l'enfant.

Rue du monde en a fait un axe majeur de sa politique éditoriale. L'album de Daeninckx et Pef s'inscrit dans la continuité de regards qui interrogent autrement, et la première guerre mondiale (Zappe la guerre du même Pef) et la guerre d'Algérie (Midi pile l'Algérie de Jean-Pierre Vittori et Jacques Ferrandez) parus dans la même collection. Le dernier scandale Papon vient en surligner la pertinence. Tout particulièrement à propos du piège idéologique qui s'ingénie à présenter comme inéluctable la prétendue " obéissance aux ordres ".

La riposte est dans le titre Il faut désobéir ! Le point d'exclamation n'est pas de trop ! La belle histoire ici contée dans sa touchante humanité s'inspire d'un fait réel qui vit sept policiers nancéiens décider de désobéir aux ordres du gouvernement de Vichy, un jour de 1942, en prévenant des dizaines de familles juives à la veille d'une rafle, les sauvant ainsi de la mort.

Noblesse du hasard : une semaine avant la sortie du livre, une place des Justes était inaugurée à Nancy par Simone Veil, en hommage aux sept policiers. · cette occasion, dans le cadre du salon Le livre sur la place, les auteurs ont pu rencontrer leurs premiers enfants lecteurs. Didier Daeninckx témoigne : " Ils se sont montrés particulièrement frappés par les perquisitions à domicile, la saisie des objets courants comme le poste de TSF. Les enfants ont besoin de cette irruption du concret, de ce qui matérialise violence et exclusion. Il fallait voir leur stupeur devant l'image du parc à jeux "réservé aux enfants, interdit aux juifs". Leur besoin de comprendre est intense, tout comme celui de traduire leur indignation. La rencontre s'est achevée par le Chant du partisan de Léonard Cohen (paroles d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, ce que j'ai découvert à cette occasion !). Et puis il y a eu les adultes, les descendants des sept policiers, bouleversants dans leurs souvenirs. Pour eux, en s'adressant à l'enfance, on faisait enfin entrer dans une mémoire durable des actes de courage quasi ignorés jusqu'alors. Une mémoire qui aide à vivre ; pas un pesant "devoir" de mémoire ! "

Les héros du livre en font foi : il importe que ces enfants des années quarante, aux portes de l'horreur, soient eux aussi des " désobéissants ", resquilleurs au cinéma et chapardeurs de vergers. Comme toujours, un grand-père est convoqué comme pourvoyeur de souvenirs dont le vécu sait pimenter le fait historique de détails et d'anecdotes authentifiants. En marge - c'est le principe de la collection -, des documents légendés fixent les étapes clés de la montée du nazisme et de l'occupation. Et il y a les illustrations de Pef. Du grand Pef. La démarche même du livre lui a inspiré une manière graphique inhabituelle. Impossible au regard d'échapper à l'étouffement des simples rapports humains esquissés dans la légèreté originelle du trait qu'écrase un grossissement final. La dialectique texte-image si souvent évoquée à propos des albums pour enfants montre ici son pouvoir d'émotion ouvrant des repères à la connaissance.

Au final, une image textuelle née de la plume de Daeninckx qui renvoie à la belle impertinence de l'album : pour justifier sa désobéissance d'alors, le policier glisse à l'enfant : " Mon métier, c'était d'arrêter les voleurs de pommes, pas d'éteindre les étoiles. "

Bernard Epin

http://new.humanite.fr/journal/2002-10-03/2002-10-03-40753

***

Cette chanson exerce une fascination particulière sur moi.  Aux deux liens suivants j'ai trouvé de l'information particulièrement intéressante en ce qui concerne son origine, pourquoi Leonard Cohen s'y est intéressé et la façon originale dont il a traité la chanson :

http://www.leonardcohensite.com/
- Voir "The Partisan" dans la section analyse

et pour ce qu'en a dit Leonard Cohen :
Voir "The Partisan"
http://perso.wanadoo.fr/pilgraeme/
« Dernière édition: 23 Avril 2003, 13:15:49 par Céline » Journalisée
Patrice
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« Répondre #4 le: 24 Avril 2003, 16:23:32 »

Merci Céline !.

Et bravo à ces sept policiers pour leur courage.

Citation
La rencontre s'est achevée par le Chant du partisan de Léonard Cohen (paroles d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, ce que j'ai découvert à cette occasion !).

Hum... Roll Eyes Monsieur Bernard Epin aurait du venir sur le site avant d'écrire cet article... Shocked

Car il s'agit de La Complainte du Partisan qui n'a strictement rien à voir avec Le Chant des Partisans... et il est clairement indiqué que l'auteur original est Emmanuel d'Astier de la Vigerie, surnommé Bernard dans l'Armée des Ombres (en clair dans la Résistance).
Et la Complainte n'est pas de Leonard Cohen, le premier enregistrement fut celui d'Anna Marly à Londres en 1943.
Voir la page de Marc pour plus de détails !. Smiley

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #5 le: 03 Mai 2003, 00:53:47 »

Bonjour Patrice,

Non, la complainte n'est pas de Leonard Cohen, mais il est évident qu'il a voulu parler de la version chantée par Leonard Cohen.  En fait, cette version aura eu le mérite de faire vivre la chanson, cette très belle chanson qui aurait sans doute sombré dans l'oubli, ou presque, à l'heure actuelle, sans ça, et aussi d'en faire connaître l'histoire par l'entremise de ce site.

Parlant de guerre, parlant d'enfants, parlant d'enfants de la guerre, il y a cette pub qui passe à la télé, ici, un disque avec plusieurs artistes Canadiens - dont Leonard Cohen, avec Anthem  : Peace Songs. C'est pour aider War Child, les enfants de la guerre et plus particulièrement de la guerre en Irak.

Je n'ai pas trouvé de site en français pour le disque produit par Sony Canada.  Bizarre  (si quelqu'un l'a, merci à l'avance de le poster ici).  Mais il y a un site Français pour War Child. Les deux ci-dessous :

Peace Songs :
http://sonymusic.ca/PeaceSongs/


War Child :
http://www.warchild.org/cont-fr.html


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« Dernière édition: 03 Mai 2003, 01:00:56 par Céline » Journalisée
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« Répondre #6 le: 03 Mai 2003, 01:32:54 »

Hello Céline,

Merci pour les liens.
Citation
Non, la complainte n'est pas de Leonard Cohen, mais il est évident qu'il a voulu parler de la version chantée par Leonard Cohen.  En fait, cette version aura eu le mérite de faire vivre la chanson, cette très belle chanson qui aurait sans doute sombré dans l'oubli, ou presque, à l'heure actuelle, sans ça, et aussi d'en faire connaître l'histoire par l'entremise de ce site

Marc le souligne très justement à propos de la reprise par Isabelle Aubret où, sur la pochette du 45 tours, il est écrit "Le grand succés de Leonard Cohen"... ça peut faire sourire, mais ça montre à quel point Leonard a donné un second souffle à cette chanson qui serait peut-être bien oubliée sans sa version.
Une version qu'Anna Marly avait peu mentionnée lors d'une interview en France (il y a deux ans, je crois) car elle avait tout de suite parlé de la version de Joan Baez. Une reprise magnifique aussi. Et Joan, tout comme Leonard (voir le concert de Varsovie, par exemple) en a fait le symbole de toutes les luttes, de toutes les révoltes.

Quand au site, on aime beaucoup la chanson... par ailleurs royalement dédaignée sur les sites anglophones.
Alors, si on peut contribuer à faire connaitre l'origine de la chanson et l'Histoire (avec un grand H), ce n'est pas plus mal.
C'est ce que Marc a superbement fait (même si certains me reprochent de ne pas avoir mentionné la reprise de Bertrand Cantat), c'est ce que j'ai fait aussi dans ce topic. Les enfants, qu'ils soient d'Izieu ou de n'importe où, ce sont eux qui meurent en premier par la faute des adultes.

Citation
Parlant de guerre, parlant d'enfants, parlant d'enfants de la guerre, il y a cette pub qui passe à la télé, ici, un disque avec plusieurs artistes Canadiens - dont Leonard Cohen, avec Anthem  : Peace Songs. C'est pour aider War Child, les enfants de la guerre et plus particulièrement de la guerre en Irak.

Anthem est une chanson que j'adore, qui sera d'actualité encore dans pas mal de siècles, malheureusement.
Il y a des associations en France qui travaillent pour les enfants d'Irak, mais ils sont très discrets et il y a peu de sites, je crois deviner que les français ne sont pas les bienvenus actuellement en Irak... Lips Sealed

Pour en revenir à notre propos, un autre mémorial (semblable à celui d'Izieu) a été inauguré en France par Simone Veil la semaine dernière, en souvenir de tous les Juifs de France déportés à Auschwitz-Birkenau.

Et une autre bonne nouvelle : Papon est retourné en prison... avec un peu de chance, il aura l'immense privilège d'y mourir, tout comme Klaus Barbie... il n'y a pas de raison pour qu'il n'y ait pas droit lui aussi. Cool

Amicalement,
Patrice.
« Dernière édition: 06 Juin 2004, 16:38:55 par Patrice » Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #7 le: 03 Mai 2003, 02:54:15 »

Citation
Il y a des associations en France qui travaillent pour les enfants d'Irak, mais ils sont très discrets et il y a peu de sites, je crois deviner que les français ne sont pas les bienvenus actuellement en Irak...

Si certains Irakiens étaient fous de joie de voir débarquer l'armée américaine, ils commencent maintenant à dire qu'ils ne veulent pas être transvasés de la dictature de Hussain à celle de Bush.  Mais bon.  Bonne chance pour que quelqu'un déloge celui-là.  Quoi qu'à tout prendre, moi je préfèrerais le dernier au premier entre deux maux, on choisi le moindre.   Et le Monde se tait comme les irakiens se taisaient devant Saddam.   C'est pas Machiavel qui disait qu'il valait mieux être craint qu'aimé?  Oui, bien, voilà, c'est ça.

Citation
Pour en revenir à notre propos, un autre mémorial (semblable à celui d'Izieu) a été inauguré en France par Simone Veil la semaine dernière, en souvenir de tous les Juifs de France déportés à Auschwitz-Birkenau.


Ah! la guerre c'est la politique à son pire.  Hier j'ai terminé L'espion juif de Hitler de Michel Bar-Zohar.  L'histoire vraie d'un juif Allemand nationaliste (il y en avait, et oui, quoi qu'en pensait "la race des seigneurs") qui a été utilisé, sorti du camp de Dachau où il pourrissait pour être entraîné comme espion et largué en Palestine alors que l'armée allemande avait fait passer le mot aux britannique qu'il était le général SS Koch.  Abracadabrant.  A travers son histoire, c'est aussi tout un pan de la guerre qui est mis en lumière.  C'est raconté du point de vue d'un humain bien ordinaire pris dans la grosse machine de guerre (et pas des grands mouvements de manoeuvres militaires).  On y voyait aussi clairement que les alliés d'aujourd'hui étaient en passe de devenir les ennemis de demain, lorsqu'ils auraient bouté l'ennemi principal hors du pays.  Dans ce contexte, les arabes comptaient bien foutre les britanniques dehors, une fois l'armée allemande mise en déroute.

Et comme l'histoire se répète...

Pour les bourreaux nazis.  Je ne sais pas quoi dire.  Je crois que cette horreur a été possible dans le contexte de la guerre, où tout est sans dessus dessous.  Et personne n'y croyait avant de le voir de leurs propres yeux.  Personne ne pensait que ça pouvait aller jusque là.

Entretenir la haine est-ce que c'est une bonne chose, cependant?

Car c'est là que tout a commencé.

Hitler, dans Mein Kampf dit à propos des Juifs "Je me mis à les hair".   Et on dit dans un passage de Mossad, un agent des services secrets israélien parle de Claire Hoy et Victor Ostrovsky que les agents du Mossad chargés de retrouver les criminels nazis devaient entretenir la haine sans relâche, en eux, pour voir dans l'homme ordinaire qu'ils avaient devant eux, la brute sanguinaire qu'il avait été durant la 2e guerre.  On disait aussi que l'holocauste justifait tout, pour Mossad, genre la fin justifie les moyens et tant pis.

Il me semble que c'est beaucoup de haine.

Il y a des gens qui ont fait les camps de concentration et qui n'ont pourtant pas attrapé cette haine (Viktor E. Frankl, par exemple, pour ne citer que lui).

Mais bon.  Difficile d'être pami des lépreux sans devenir lépreux aussi, à ce qu'il paraît.   Dans la haine, les victimes d'hier deviennent parfois les bourreaux de demain.  C'est ce qui est arrivé à l'Allemagne, maintenant espérons que ça s'arrêtera là.  Je veux dire, les criminels de guerre peuvent être retrouvés, arrêtés et jugés sans haine.  C'est plus juste, en plus.  S'ils ont été des monstres à visages humains, qu'est-ce qui nous sépare d'eux si on fait la même chose?HuhHuh  

A+

C.
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« Dernière édition: 03 Mai 2003, 03:08:19 par Céline » Journalisée
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« Répondre #8 le: 29 Mai 2004, 00:45:58 »

Bonjour à tous,

Citation
Entretenir la haine est-ce que c'est une bonne chose, cependant?

Bien sûr que non. Il doit seulement y avoir une justice, une justice sereine. Sans haine, sans esprit de vengeance.

Un autre exemple est celui des actes de barbaries commis par les soldats américains en Irak. Les mêmes américains (ou tout au moins leurs descendants) qui ont critiqué à juste titre les atrocités du IIIème Reich et qui sont allés jusqu'à se méfier aussi du procès de Nüremberg.

Je pense seulement que, quand une nation envahit un pays, en prend le contrôle (et le pétrole!), y sème le chaos (après avoir bousillé plusieurs milliers de civils), puis va jusqu'à torturer des prisonniers, de simples excuses ne suffisent plus. Ce ne sont plus des crimes de guerre, encore moins du droit commun, mais des crimes contre l'Humanité.
Combien de soldats US auront le droit d'être jugés par le Tribunal International de la Haye?. Aucun, j'ouvre les paris.

Quand à Saddam, si j'ai bien compris, il aura un avocat français (parmi les vingt avocats préssentis). Un nom a circulé avant d'être démenti, mais c'est bien celui que je crois, c'est celui qui a défendu Klaus Barbie et s'est donc affronté à Me Serge Klarsfeld.

Comme quoi l'Histoire n'est qu'un éternel (et triste) recommencement... Sad

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #9 le: 30 Mai 2004, 14:34:28 »

Citation
Il doit seulement y avoir une justice, une justice sereine. Sans haine, sans esprit de vengeance.

Sages paroles. Je ne peux qu'être d'accord avec ça.  Ne désespère pas trop. J'ai lu il y a quelques jours un article dans lequel Amnistie International disait que les États-Unis étaient dénoncés plus que jamais partout dans le monde.

Justement, il ne faudrait pas oublier non plus que plusieurs petits états africains et Saddam Hussein lui-même faisaient régner des dictatures et des régimes de tortures et de négations des "droits de l'Homme" pire que ce que ne feront jamais les États-Unis.  Et non ne parle pas ici de "droits des femmes" qui sont les plus reconnus en Europe et en Amérique, notoirement. Alors, oui, bien sûr, il s'agit d'être juste.  Alors pour moi, il ne s'agit pas de prendre pour un pays contre un autre etc. mais la part de la justice dans chaque cas, cas par cas, sans préjugés.

Aux dernières nouvelles, les US s'étaient excusés et avaient reconnus publiquement que des images de tortures et d'humiliations telles que diffusées dernièrement n'étaient pas admissibles. (c'est peu je sais, mais c'est déjà ça). Je l'avais bien dit que ce serait préférable de régler ce conflit sans guerre parce que quand les chiens de la guerre sont lâchés, commencent aussi les cruautés inhumaine et la Folie. Toutes les marches pour la Paix n'y ont rien fait. Cette fois là encore. "Un jour ils ne le voudront plus". Mais quand?  Tiens, Patrice, je crois que tu pourrai me "sortir" cette autre chanson de Paix au complet, que je cherche, cette chanson, chantée dans toutes les langues, mais je crois originalement composée en allemand suite aux deux dernières guerres mondiale. Dans le refrain, il y avait "Comprendront-ils un jour?".

Et puis, moi, si je suis si optimiste, c'est que je ne vois pas l'évolution de la conscience humaine juste sur une vie humaine, ni même seulement sur une ou trois générations, mais sur plusieurs générations, voir,des milliers d'années (par exemple, nous versus les homo erectus, par exemple, là on voit une évolution. Enfin, je crois;-).

http://www.dinosoria.com/tautavel.htm

Oui, finalement, je crois que j'ai des chances de ne pas avoir tout à fait tort.

Seulement, là, si on détruit notre environnement, plus d'évolution possible sur plusieurs génération. Kaput, comme ils disaient.

Et puis, la haine, c'est possible seulement si on déshumanise "l'autre". Dès qu'on lui reconnaît son humanité la haine, n'est plus possible.  J'ai l'air de me faire l'avocat du diable je sais, mais tant qu'à y être, en plein dans l'absurdité de la guerre et de l'humanité qui subsiste, qui persiste tout de même parmi la folie :

http://www.momes.net/histoiresillustrees/KeesVanderheyden/soldat.html

Amitié,

Céline
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bachir
Invité
« Répondre #10 le: 30 Mai 2004, 20:07:26 »

Bonjour Patrice!
"Pour que ça ne se reproduise plus"!C'est un souhait n'est-ce pas?Peut etre que ça ne se reproduira plus jamais en Europe,mais en Afrique et en Asie il faut voir comment vivent et meurent les enfants!En Afrique ils grossissent les rangs des factions armées ici et là,et le plus souvent meurent sans savoir pourquoi.En Asie,des gosses meurent chaque jour en Palestine et en Iraq,à tel point que c'est devenu banal.Très peu de reactions de part le monde.L'image ,je n'arrive pas à trouver l'adjectif approprié,que je ne pourrais jamais oublier est celle de Mohamed Dura,descendu froidement dans les bras de son père en octobre 2000!"Dans la haine, les victimes d'hier deviennent parfois les bourreaux de demain.  C'est ce qui est arrivé à l'Allemagne, maintenant espérons que ça s'arrêtera là."  Très optimiste Céline!Mais je crois que rien ne se fait pour que le cercle vicieux craque et laisse passer des lumières!
Amitié
Bachir
Journalisée
Céline
Invité
« Répondre #11 le: 30 Mai 2004, 22:59:19 »

Bonjour Bachir,

De toutes les insconsciences humaines, les atrocités de la guerre sont sans doute celles parmi les plus difficiles à vivre. Celles qui rendent le plus amer.  Celles qui peuvent faire le plus douter dans l'humanité. Encore une fois, je ne peux que ressentir l'impuissance des mots.

Des gestes? Il y en a pourtant. Témoin, entre autres, ce reportage sur les soldats américains qui se sont réfugiés au Canada pour ne pas aller faire la guerre en Irak. C'est illégal, bien sûr. En temps de paix, ils méritent 5 ans de prison. En temps de guerre, la sentence peut aller jusqu'à la peine de mort.  Les journalistes ont interviewé un Quaker qui s'est réfugié avec sa femme et ses enfants chez des Quakers Canadiens et qui demande l'asile politique à cause.  Il dit qu'il s'est engagé dans l'armée pour faire des études universtaires que sa famille ne pouvait pas lui payer, avoir une carrière intéressante et qu'il n'avait pas réfléchi durant son entraînement militaire que ça pourrait être "pour vrai".  Il dit que c'est contre ses principes d'aller tuer des gens.  Combien de soldats sont comme lui, mais qui n'ont pas eu le courage de déserter?

Ca me ramène à la chanson de Graeme Allwright, "Johnny". Tu connais?

Cet homme disait aussi que beaucoup d'américains sont peu fiers de ce que leur pays a fait, qu'en tant que super puissance ces américains aimeraient que leur pays se comporte de façon plus responsable, mais que trop sont indifférents, que tout ce qui compte, c'est leur confort.

Des gestes il y en a, partout dans le monde, mais pas encore assez.

Je crois que c'est plus par passivité et inconscience que par "méchanceté".

Tout de même, je continue de penser que la responsabilité est répartie sur les épaules de tous.

Il est de notoriété publique que les gouvernements corrompus de pays du tiers monde, déjà riches à craquer, détournent l'argent qui est envoyé par les pays riches pour contrer le problème de la pauvreté : faim dans le monde, maladie, etc.  Personne ne crie haro sur le beaudet, personne ne crie au scandale, personne ne crie à l'abus de pouvoir. On les laisse faire. Et on continue de blâmer les pays riches qui eux continuent de donner.  Et la roue tourne.  Le cercle vicieux devrais-je dire.

Seulement la réalité, elle, est juste, et n'a que faire de notre inconscience. C'est à nous de nous ouvrir les yeux sur la source des vrais problèmes et de les régler.

La tendance trop confortable de toujours pencher vers la pensée que TOUT est la faute de l'autre, c'est pas ça qui va mener très loin, sinon à d'autres guerres et à maintenir ll'inconscience pour encore un bout de temps.

Alors qu'il serait temps, il me semble...

Ca ne ramènera personne mais ça éviterait d'autres absurdités.

Oui, je reste optimiste, parce qu'il y a toujours des gens qui mettent leur énergie à bâtir plutôt qu'à détruire. 

Seulement ceux-là, je ne sais pas pourquoi, on aime moins en parler que les destructeurs, leurs pompes et leurs oeuvres. C'est presque que si on niait que ça existait aussi, à côté du reste.  Si quelqu'un peut m'expliquer ça.

Amitié,

Céline
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« Répondre #12 le: 30 Mai 2004, 23:07:08 »

Salut Bachir,

Citation
"Pour que ça ne se reproduise plus"!C'est un souhait n'est-ce pas?

Oui, c'est un souhait.
Mais, de nature pessimiste, je n'y crois pas trop...

J'ai seulement pris "Die Kinder von Izieu" (= les enfants d'Izieu) comme le symbole de ce que le cruauté, la barbarerie humaines peuvent engendrer.

Tu as raison dans ce que tu dis, des peuples souffrent et meurent chaque jour, sous le joug d'un dictateur et (malheureusement), personne n'en parle. Actuellement, on pourrait renommer la chanson en "Die Kinder von Irak" et tu remplaces le nom du pays par celui qui est concerné, surtout en Arfique, Asie, et Amérique du Sud. Ca fait un paquet de pays.

Bien sûr, les nazis n'ont pas fait de victimes uniquement à Izieu, il y en a eu partout en France et même ailleurs. Simplement, Izieu, c'est en France, pas loin de Lyon, et c'est l'objet du livre de Me Serge Klarsfeld. Alors, obligatoirement, ça nous a touché un peu plus quand le procès de Barbie a eu lieu.

Je rejoins Céline sur le fait qu'entre la France et l'Allemagne, ça ne risque plus de se passer. Ce n'est pas de l'optimisme mais une simple constatation des bonnes relations existant entre ces deux pays, qui sont également les moteurs de l'UE.

Amicalement,
Patrice.
« Dernière édition: 31 Mai 2004, 02:35:53 par Patrice » Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #13 le: 01 Juin 2004, 00:42:53 »

Alors Webmestre, cette chanson? Cool
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« Répondre #14 le: 01 Juin 2004, 00:51:28 »

Alors Webmestre, cette chanson? Cool

Bonjour Céline,

J'arrive... Smiley

Il s'agit de "Where have all the flowers gone?", une chanson de Pete Seeger créé en 1956 mais les copyrights officiels sont "1961 - P. Seeger - J. Hickerson".
Ceci dit, la majorité des versions ne créditent que Pete Seeger.

La version de Pete Seeger :

Where have all the flowers gone?
Long time passing.
Where have all the flowers gone?
Long time ago.
Where have all the flowers gone?
The girls have picked them ev'ry one.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

Where have all the young girls gone?
Long time passing.
Where have all the young girls gone?
Long time ago.
Where have all the young girls gone?
They've taken husbands, every one.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

Where have all the young men gone?
Long time passing.
Where have all the young men gone?
Long time ago.
Where have all the young men gone?
They're all in uniform.
Oh, when will you ever learn?
Oh, when will you ever learn?

Where have all the soldiers gone?
Long time passing.
Where have all the soldiers gone?
Long time ago.
Where have all the soldiers gone?
They've gone to graveyards, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

Where have all the graveyards gone?
Long time passing.
Where have all the graveyards gone?
Long time ago.
Where have all the graveyards gone?
They're covered with flowers, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?

Where have all the flowers gone?
Long time passing.
Where have all the flowers gone?
Long time ago.
Where have all the flowers gone?
Young girls picked them, every one.
Oh, when will they ever learn?
Oh, when will they ever learn?


Cette chanson a été reprise en anglais, par de nombreux artistes, citons Arlo Guthrie, Peter Paul and Mary, Joan Baez, Kingston Trio, entre autres. Johnny Rivers en a fait une version très "yé-yé" Sad.

La version allemande, dont la traduction est signée par un certain Max Colpet a été chantée pour la première fois à Paris par Marlene Dietrich en 1961. Suivie par Katja Ebstein, Lolita (Polydor 24964 en 1963), Jean-Claude Pascal, Bernhard Mantei, Nana Mouskouri, sans oublier le grand Hannes Wader (veritable "Woody Guthrie allemand") qui signe la meilleure interprétation germanique.

En voici les paroles :

Sag mir, wo die Blumen sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Blumen sind,
was ist geschehn?
Sag mir, wo die Blumen sind,
Mädchen pflückten sie geschwind.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?

Sag mir, wo die Mädchen sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Mädchen sind,
was ist geschehn?
Sag mir, wo die Mädchen sind,
Männer nahmen sie geschwind.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?

Sag mir, wo die Männer sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Männer sind,
was ist geschehn?
Sag mir, wo die Männer sind,
zogen fort, der Krieg beginnt.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?

Sag, wo die Soldaten sind,
wo sind sie geblieben?
Sag, wo die Soldaten sind,
was ist geschehn?
Sag, wo die Soldaten sind,
über Gräbern weht der Wind.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?

Sag mir, wo die Gräber sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Gräber sind,
was ist geschehn?
Sag mir, wo die Gräber sind,
Blumen wehn im Sommerwind.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?

Sag mir, wo die Blumen sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir, wo die Blumen sind,
was ist geschehn?
Sag mir, wo die Blumen sind,
Mädchen pflückten sie geschwind.
Wann wird man je verstehn,
wann wird man je verstehn?


A noter que Marlene Dietrich a également enregistré la chanson en anglais et en français.

La version française, adaptation signée par Guy Béart en 1962 a été chantée pour la première fois par une artiste nommé Eva en 1964 sous le titre "Où vont les fleurs?". Une variante, nettement plus connue est "Que sont devenues les fleurs?".
D'autres artistes, dont Dalida, Mike Brant, Hervé Vilard et Francis Lemarque, l'ont ensuite reprise. Plus un allemand, Reinhard Mey, dont je reparle plus bas.

Que sont devenues les fleurs du temps qui passe
Que sont devenues les fleurs du temps passé
Les filles les ont coupé elles en ont fait des bouquets
Apprendrons-nous un jour apprendrons-nous jamais

Que sont devenues les filles du temps qui passe
Que sont devenues les filles du temps passé
Elles ont donné leur bouquet aux gars qu'elles rencontraient
Apprendrons-nous un jour apprendrons-nous jamais

Que sont devenus les gars du temps qui passe
Que sont devenus les gars du temps passé
A la guerre ils sont allés à la guerre ils sont tombés
Apprendrons-nous un jour apprendrons-nous jamais

Que sont devenues les fleurs du temps qui passe
Que sont devenues les fleurs du temps passé
Sur les tombes elles ont poussé d'autres filles les vont les couper
Apprendrons-nous un jour apprendrons-nous jamais


Il existe aussi des versions en italien, en polonais... et sans doute dans bien d'autres langues.

Tout récemment, Reinhard Mey a repris la version française, disponible en CD dans la compilation "Uber den Wolken" sortie en décembre 2003 (coffret de 4 CDs, Label: EMI, ASIN: B0000DGDND).

Rappellons qu'il est l'auteur de "Die Kinder von Izieu", la boucle est bouclée... Smiley

Amicalement,
Patrice.
« Dernière édition: 04 Juin 2004, 14:44:48 par Patrice » Journalisée

Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
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« Répondre #15 le: 01 Juin 2004, 23:24:30 »

Je n'aurai pas frapper à cette porte en vain...

Merci pour les infos.

 Smiley


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« Répondre #16 le: 26 Janvier 2005, 19:32:53 »

A voir absolument :
http://www.ina.fr/special/webcasting/shoah/

L'Institut national de l'audiovisuel et Libération proposent, soixante ans après la libération d'Auschwitz, une rencontre avec Annette Wieviorka et Serge Klarsfeld.

Annette Wieviorka est directrice de recherche au CNRS. Ancienne membre de la Mission d'étude sur la spoliation des biens juifs de France, elle a écrit de nombreux articles et ouvrages sur la Shoah et sa mémoire. Elle vient de publier "Auschwitz, 60 ans après" (éd. Robert Laffont).

Serge Klarsfeld, historien, avocat, est président de l'association des fils et filles de déportés juifs de France. Il participe actuellement à la rénovation de la "Judenrampe" d'Auschwitz-Birkenau où étaient "déchargés" les juifs et où s'effectuaient les sélections.

Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
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« Répondre #17 le: 06 Février 2005, 17:29:00 »

Article de Laurent Greilsamer pour Le Monde.

Citation
Ce qui frappe, c'est leur sourire, ces regards rieurs qui vous fixent, ces yeux moqueurs, tendres, parfois graves. Ce sont des enfants qui viennent de s'arrêter de jouer et de crier. Ils ont repris leur souffle, remis en place leur vêtement. Certains posent carrément, comme des personnages importants de la République : la paume de la main sur la reliure d'un livre.  Ou devant un décor antique.
(...)
Nous savons qu'ils ont été fichés, arrêtés, convoyés à travers la France, l'Allemagne, l'Autriche et la Pologne. Nous savons qu'ils ont été massacrés, gazés. Nous savons que ces photos sont des instantanés de moments révolus. Nous savons tout et nous avançons médusés dans l'immense galerie de l'Assemblée nationale en découvrant ces visages qui témoignent, en même temps, de l'horreur absolue du crime nazi et de l'absolue beauté de l'enfance.
(...)

TRAVAIL IMMENSE

Combien de photos ? Combien de portraits en noir et blanc ? Serge Klarsfeld, le président de l'association Les Fils et filles des déportés juifs de France, avant de concevoir cette exposition qui a fait le tour de la France, a voulu rendre son nom, son prénom, sa date de naissance et sa dernière adresse connue à chaque petit supplicié. Sa mission accomplie, il a voulu faire plus : retrouver le visage de ces 11 000 gamins convoyés entre le 27 mars 1942 et le 22 août 1944. Travail immense. Prodigieux. Des années durant, il a lancé des appels via les communautés religieuses, les associations, la presse confessionnelle. Il a passé des petites annonces en France, en Belgique, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Israël. En retour, des familles ont décollé des photographies de leurs albums pour les lui confier. Et il a accumulé ces clichés rares, souvent uniques.

Un livre, véritable mémorial en hommage à ces innocents, a paru en 1994. Avec plus de 1 500 photos. Depuis, la quête a continué. Inlassable militant de la mémoire, Serge Klarsfeld a encore retrouvé 1 600 clichés qu'il a publiés sous la forme de six volumes additifs. Des livres édités par son association, des livres assemblés pièce par pièce, des livres à petit tirage. Des livres pieux. De ces livres que l'on garde.
(...)

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.01.05

A lire ici

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« Répondre #18 le: 14 Mars 2007, 02:41:25 »

TF1 diffuse "La dame d'Izieu", incarnée par Véronique Genest, lundi 12 mars (1ère partie) et lundi 19 mars (2ème partie) à 20h50.

Cette fiction, réalisée par Alain Wermus, retrace le parcours de la légendaire fondatrice de la Maison des Enfants d'Izieu, qui sauva des enfants juifs durant la seconde guerre mondiale. A noter que Véronique Genest donne pour la première fois à l'écran la réplique à son fils, Sam Bokobza âgé de 10 ans, qui incarne le personnage de Jacques Benguigui.

L'hisoire se passe en 1941. Sabine Zlatin, Française d'origine juive polonaise vit à Montpellier avec son mari agronome, Miron Zlatin. Infirmière militaire dès la déclaration de la guerre, Sabine a perdu son emploi après la promulgation des lois anti-juives de 1941. Elle fait alors la connaissance de Léa Feldblum, une jeune femme juive, orpheline, contrainte de dissimuler sa véritable identité. Léa la met en contact avec l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE). Sabine, femme volontaire et généreuse, rejoint l'organisation et se consacre alors entièrement au sauvetage et à la protection des enfants juifs enfermés dans les camps de transit.

Elle se heurte bientôt avec l'OSE à un obstacle majeur : la difficulté à trouver des familles ou des centres de placement temporaires pour ces enfants. En 1943, elle fonde "la colonie d'enfants réfugiés de l'Hérault" dans la maison d'Izieu, située à 80 km de Lyon. Le couple Zlatin s'évertue à faire de cette maison un havre de paix et de bonheur pour préserver l'insouciance des enfants. Au coeur de ce village isolé et tranquille, Sabine pense que ses protégés seront à l'abri...

Sabine Zlatin est décédée en septembre 1996 à l'âge de 89 ans. Ce film est dédié à la mémoire des 44 enfants et aux 7 adultes qui ont vécu leurs derniers instants de bonheur à la maison d'Izieu avant la rafle de la Gestapo de Lyon, commanditée par Klaus Barbie le 6 avril 1944, ainsi qu'à Serge et Beate Klarsfeld, sans qui leur mémoire se serait peut-être éteinte.

Sources : Jean-Marc Morandini et TF1

Voir l'article dans Libération du 24 septembre 1996.

Après la collection de photos publiée par Serge Klarsfeld, les enfants d'Izieu sont cette fois immortalisés sur le (petit) écran. Wink

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« Répondre #19 le: 19 Décembre 2009, 20:38:40 »

Jean-Jacques Goldmann, très concerné par le sujet de par ses origines, a traité le même sujet d'une autre façon, très allusive mais aussi puissante, dans "Comme toi".
Mon fils l'avait étudiée au lycée, et en fait bien peu de personnes ont percuté sur le fait que cette chanson traite directement de la Shoah.

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swimming in a fish-bowl,
year after year,
Raving on the same old ground,
what have we found ?
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« Répondre #20 le: 21 Décembre 2009, 20:33:13 »

C'est vrai que la chanson de Goldman n'est pas aussi "directe" que celle de Reinhard Mey... Wink

Mais l'Allemand a choisi de traiter un cas précis, celui des enfants d'Izieu, après avoir lu le livre de Serge Klarsfeld. Son propos n'est pas de parler de la Shoah dans un sens général.

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