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Auteur Fil de discussion: Hotel Supramonte  (Lu 10016 fois)
Patrice
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If it be your will...


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« le: 18 Janvier 2003, 23:48:16 »

Bonjour à tous,

Pas si hors-sujet que ça... Smiley

Il y a sur ce site une section dédiée au chanteur italien Fabrizio de André, décédé à Milan le 11 janvier 1999 à l'âge de 59 ans.

Outre les hommages rendus par Leonard Cohen (au téléphone) et Graeme Allwright (par fax) à celui qui a repris trois chansons du poète canadien, je voudrais vous en présenter une autre.

Fabrizio a été enlevé par des bandits près de sa maison en Sardaigne. Il a été détenu pendant 4 mois à l'Hôtel Supramonte (Supramonte est une montagne en Sardaigne). Les ravisseurs ont demandé une rançon aux parents de Fabrizio.
Quand il a été libéré, Fabrizio De André a pardonné publiquement aux bandits en disant qu'ils ont agi uniquement pour survivre, qu'ils n'avaient pas d'autres moyens, et il a comparé le peuple sarde aux Indiens d'Amérique.
Cette déclaration à fait scandale dans les milieux bourgeois d'Italie…

"Hotel Supramonte" fut la première chanson écrite par Fabrizio après sa libération.

Hotel Supramonte
 
E se vai all'Hotel Supramonte e guardi il cielo
tu vedrai una donna in fiamme e un uomo solo
e una lettera vera di notte falsa di giorno
e poi scuse e accuse e scuse senza ritorno
e ora viaggi ridi vivi o sei perduta
col tuo ordine discreto dentro il cuore
ma dov'è dov'è il tuo amore, ma dove è finito il tuo amore

Grazie al cielo ho una bocca per bere e non è facile
grazie a te ho una barca da scrivere ho un treno da perdere
e un invito all'Hotel Supramonte dove ho visto la neve
sul tuo corpo così dolce di fame così dolce di sete
passerà anche questa stazione senza far male
passerà questa pioggia sottile come passa il dolore
ma dov'è dov'è il tuo cuore, ma dove è  finito il tuo cuore

E ora siedo sul letto del bosco che ormai ha il tuo nome
ora il tempo è un signore distratto è un bambino che dorme
ma se ti svegli e hai ancora paura ridammi la mano
cosa importa se sono caduto se sono lontano
perché domani sarà un giorno lungo e senza parole
perché domani sarà un giorno incerto di nuvole e sole
ma dov'è dov'è il tuo amore, ma dove è finito il tuo amore

(Fabrizio de André, 1980)

Traduction & adaptation par votre serviteur :

Hôtel Supramonte

Et si tu vas à l'Hôtel Supramonte et que tu regardes le ciel
Tu verras une femme en flammes et un homme seul
Et une lettre vraie la nuit et fausse le jour
Et puis des excuses et des accusations et des excuses sans retour
Et maintenant tu voyages, tu ris, tu vis et tu es perdue
Avec ton ordonnance secrète au fond de ton coeur.
Mais où, où est ton amour, mais où est parti ton amour ?

Merci au ciel, j'ai une bouche pour boire et ce n'est pas facile
Merci à toi, j'ai beaucoup à écrire et j'ai un train à perdre
Et une invitation à l'Hôtel Supramonte où j'ai vu la neige
Sur ton corps où la faim est si douce, où la soif est si douce
Je passerai aussi par cette gare sans faire de mal
Je traverserai cette pluie fine comme on subit la douleur
Mais où, où est ton amour, mais où as tu laissé ton amour ?

Et maintenant je suis assis sur le lit en bois qui désormais porte ton nom
Maintenant le temps est un homme distrait et un enfant qui dort
Mais si tu te réveilles et que tu as encore peur, donne moi la main
Peu importe si je suis tombé, peu importe si je suis loin
Car demain sera une longue journée et sans paroles
Car demain sera une journée incertaine de nuages et de soleil
Mais où, où est ton coeur, mais où est parti ton coeur ?

Real Audio complet ici
(Live à Düsseldorf, Allemagne, 1982 avec Cristiano De André au violon)

Vous ne trouvez pas qu'il y a du Cohen dans cette chanson ?...

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
lgransec
Invité
« Répondre #1 le: 19 Janvier 2003, 13:20:50 »

oui, c'est dingue, il y a au moins jeanne d'arc, l'etranger et suzanne
dans ces quelques lignes
qui sont magnifiques
merci pour la traduction,et
Citation
Merci à toi, j'ai beaucoup à écrire et j'ai un train à perdre
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Patrice
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« Répondre #2 le: 19 Janvier 2003, 17:48:50 »

Citation
jeanne d'arc, l'etranger et suzanne
... et aussi Last Year's Man, mais surtout Famous Blue Raincoat... un brin de Sisters of Mercy... et j'en oublie des tonnes...

Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
Céline
Invité
« Répondre #3 le: 19 Janvier 2003, 22:50:01 »

Code:
Vous ne trouvez pas qu'il y a du Cohen dans cette chanson ?...

Ah! ces Italiens, ce qu'ils écrivent beau les gestes ordinaires.  "e una lettera vera di notte falsa di giorno" , rien que ça, scusi!

C'est un vrai plaisir à écouter cette chanson,  Merci Patrice!.  Moi, du Cohen j'en "vois" dans l'atmosphère aussi, de la voix et de la guitare en plus de tout ce que vous avez souligné.


A+

c.  
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Patrice
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« Répondre #4 le: 20 Janvier 2003, 00:03:37 »

Citation
Moi, du Cohen j'en "vois" dans l'atmosphère aussi, de la voix et de la guitare en plus de tout ce que vous avez souligné.

Ce n'est pas une impression, il y a du Cohen dans l'ambiance (propre à FDA, pourtant), sa jolie voix (comme dit Graeme), sa guitare très discrète, et j'ajouterai sa façon de chanter, mais là aussi, c'est sa manière habituelle.
Simplement, la chanson est très "perso", et une ambiance intimiste est de mise, le tout est fabuleux, je trouve.

Il faudrait que j'en dise un peu plus sur cet artiste hors du commun, hors du show-business, doté d'une très forte personnalité. Totalement inconnu en France (il était pourtant d'origines françaises, né d'un riche industriel de Genova), il était très apprécié en Allemagne et en Autriche, ne parlant pourtant pas la langue.
Il a débuté sa carrière en 1959 en rejetant tout ce qui pouvait avoir un rapport avec le capitalisme. Fortement inspiré par Brassens d'abord (ses reprises de celui qu'il nommait "il maestro" sont admirables) puis par Dylan ensuite, puis, plus tard par Cohen et Ferré.
Ses rapport avec la religion ont fait scandale aussi, à tel point que le Vatican a voulu censurer l'ensemble de son oeuvre... pourtant il n'était pas franchement incroyant, il rejetait simplement ce que le catholicisme peut représenter. Radicalement à gauche, parfois un peu anarchiste, il disait même que "Jésus était le premier anarchiste au monde". Ses longs monologues en concerts étaient fabuleux, toujours très attendus par le public, on s'en doute.
Vers le milieu des années 70, Bob Dylan lui avait proposé de faire la tournée en Italie ensemble. Fidèle à ses principes, Fabrizio a poliment (mais fermement) décliné l'offre...
Il a eu des obsèques quasi-nationales, Silvio Berlusconi se fendant même d'un message à la gloire de FDA... quelle ironie... Mort à Milano, enterré à Genova, les autorités italiennes ont voulu interdire l'accès de la ville aux admirateurs du "Dylan italien" (comme l'a dit un journaliste). Protestation vigoureuse de sa famille. Dans un communiqué de presse et une intervention TV, son fils Cristiano a déclaré "nous mettons notre père en terre, c'est vrai, mais il était avant tout un homme public et ses admirateurs doivent absolument pouvoir venir lui dire un dernier adieu; c'est pourquoi nous ne souhaitons pas d'obsèques privées et nous demandons au gouvernement de lever tous les barrages et de laisser circuler librement les gens".
Ce fut fait...

Quand au site, j'ai collecté les messages qui ont été ensuite remis à la veuve de Fabrizio. Leonard Cohen était en voyage privé et ne pouvait pas envoyer de mail mais il a dicté quelques mots au téléphone, et Graeme Allwright m'a envoyé le fax reproduit sur le site officiel.

Amicalement,
Patrice.
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Il est vrai que le clown est triste quand le rideau tombe enfin (Reinhard Mey)
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