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Auteur Fil de discussion: Cohen/Koân ?  (Lu 5342 fois)
rebuber
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Messages: 49


« le: 03 Décembre 2008, 20:23:26 »

Le Koân de Léonard


A 74 ans, Léonard Cohen est de nouveau sur la route. Il y a une quinzaine d’années, lors de sa dernière tournée, il n’était selon son propre aveu qu’un « gosse avec des rêves de cinglé ». Depuis mai dernier il a donné plus de 80 concerts en Europe et au Canada. Les 24, 25 et 26 novembre, il était à l’Olympia. Le qu'en-dira-t-on-qui-a-toujours-raison postule que ce sont les déboires financiers du chanteur qui l’ont remis sur la route. A voir : à l’un de ses biographes  Cohen conseillait de ne pas laisser les faits recouvrir la vérité.
Ceux qui ont pu assister à cet évènement ne sont pas prêts de l’oublier. Une énergie peu commune se dégage du poète. Au cours du concert un  lien étrange se tisse entre les poèmes le chanteur et le public. C’est une célébration des cœurs dont le centre est invisible, quelque chose d’énigmatique : la nostalgie de la liberté perdue peut-être. “It is in love that we are made/ in love we disappear (Nous sommes faits dans l’amour, dans l’amour nous disparaissons)
Certains êtres se laissent guidés par l’intuition, le dénuement, la pauvreté et se tiennent à l’écart des expertises qui accumulent depuis des décennies échecs sur échecs. Parfois, l’un deux réussit à surmonter l’indifférence et un court instant, il nous tend le miroir où se reflète ce que nous sommes devenus, le reflet sombre d’un monde qui s’effondre .  « Chantez, chantez jusqu’à dissoudre l’économie de marché » lançait l’autre soir le chanteur à ses choristes. La poésie serait-elle en mesure de dissoudre ou d’entamer notre soumission au  « réalisme magique » de l’économie, fondement de nos sociétés de consommation ? Les marchés, solubles dans la poésie ? «When you're begging for a crumb/ Nothing left to do/ when you've got to go on waiting/ waiting for the miracle to come. (Quand on mendie une miette/ rien d’autre à faire/ quand tu a pris l'habitude d'attendre/ d'attendre qu'un miracle arrive).
L’étoile de Léonard Cohen brille haut dans le ciel de nos aveuglements. Soleil noir, il éclaire depuis plus de trente ans l’espace de nos désolations de plus en plus vaste. Mais sa lumière ne vient pas du passé : elle nous arrive du futur. « I’ve seen the futur, brother, It is murder » ( J’ai vu l’avenir, mon ami, ce n’est que du meurtre).
Un jour, Roshi, son vieux maître zen aurait dit : »Tu devrais chanter plus triste ». Un autre jour, Léonard Cohen a écrit : “Everybody knows the deal is rotten/ Old Black Joe’s still picking cotton for your ribbons and bows/ And everybody knows. » (Tout le monde sait que l’affaire est pourrie/Joë le Vieux Noir ramasse toujours du coton pour tes rubans et pour tes nœuds/ Tout le monde le sait. )
Mais à côté de cette vision sombre de l’humanité, le bonhomme n’en a pas moins perdu son sens de l’humour. De l’esprit qui interroge jaillit l’éclat de rire et dans le rire se dissout l’interrogation. C’est ainsi qu’à la fin de son interprétation de Tower of song  - un hommage rendu au métier d’auteur-compositeur-interprète – il conclut : «J'ai cherché dans les religions et les philosophies la clef du mystère. Mes amis, elle est venue à moi ce soir. J'ai trouvé la réponse au problème de la souffrance. La réponse est simple. Elle déconcerte  philosophes et scientifiques. La réponse, la voici : doo dam dam dam doo dam dam. »





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carinem
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Messages: 87


« Répondre #1 le: 03 Décembre 2008, 22:44:52 »

 Clap Clap Clap

je dis Bravo !!!

En effet, Leonard Cohen est devenu un conte zen lui-même. Une étoile au firmament qui se suffit à lui seul, qui n'a plus de désir que d'être ce qu'il est.

C'est génial les koans; ils ouvrent l'esprit en donnant une autre vision des choses ... Exemple : "vous connaissez le bruit que font deux mains qui applaudissent. Mais quel bruit ferait une main ?" "quand vous regardez une fleur, la fleur vous sourit".

Dire que le Maître Roshi lui a donné des centaines de contes à méditer ... et qu'il est parvenu à la Lumière via la faille (l'alcool).

Leonard Cohen ? qui es-tu ?
"le cyprès dans la cour" ...

« Dernière édition: 03 Décembre 2008, 22:50:55 par carinem » Journalisée

Leonard, dance me to the end of love !
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