Interview par Christof Graf, Hamburg, 1994

 

Retour au présent - Extrait d'un moment de recueillement.

L'année dernière, Leonard Cohen fêtait une tournée mondiale couronnée de succès. Cette année, il fête son 60è, anniversaire le 21 septembre. Son album "Cohen-Live", compilation des temps forts des deux dernières tournées, sort juste à temps après la parution de ses oeuvres complètes, "Stranger Music". Cohen 94 est à la fois paisible et heureux.

Hambourg, le 28 juin 1994. Mardi, il est 14h à l'hôtel Kempinski sur les bords de l'Alster. Leonard Cohen passe sa seule et unique journée en Allemagne à l'occasion de la tournée de promotion (d'une dizaine de jours environ) de son album live (il en avait été, de même lors de ses conférences de presse sur "The Future" en octobre et novembre 1992). Il est arrivé la veille au soir de Scandinavie, aux dires de l'attachée de presse de Sony / Hambourg. Le carnet de rendez-vous est complet. Le jour même, Cohen doit repartir vers les Pays-Bas, toujours selon cette même personne. Cela signifie donc encore une fois que nous sommes prévenus qu'il faudra strictement respecter le temps prévu, déjà beaucoup trop court. Cohen, qui pendant sa tournée en Allemagne ne voulait donner que très peu d'interviews en raison d'une tournée très dense et aussi pour ménager sa voix - mais qui se déclare cependant toujours ouvert à donner de brèves interviews -, agissait de même lors de son passage éclair cette année. Lors du déjeuner il devait retrouver des amis à Hambourg, avant de commencer les interviews vers 13h.

On patiente avec un thé, glacé dans le salon où l'on voit se faufiler, de temps à autre, un Joe Perry ou un Steven Tyler d'Aerosmith, qui était en concert le soir précédent à la Kieler Ostseehalle.

Peu avant 14h, une certaine Nicole Maschmeyer nous conduit à la suite de Cohen, située au quatrième étage. Dans des pièces climatisées avec vue sur l'Alster, alors que dehors il fait 34 degrés, il est agréable de s'entretenir dans l'atmosphère décemment élégante d'une suite luxueuse. Leonard Cohen salue d'un "Hey, man" suivi d'un "How are you ?"

Avant la fin de l'interview, Cohen regarde quelques intantanés de sa dernière tournée et monte avec moi jusqu'au balcon et sur
le rebord du toit, pour prendre d'autres photos.

... Pendant ce temps Andrew Eldritch, leader des Sisters of Mercy, attend à l'hôtel Longue pour réaliser une interview plus approfondie avec celui qui a donné son nom au groupe, pour une agence de presse de Hambourg.


Interview

L'année dernière, ta tournée mondiale "Future" a pris fin. De l'Amérique du Nord jusqu'en Europe, les médias ainsi que le public t'ont glorifié. Quel souvenir conserves-tu de tes concerts en Allemagne ?

L. Cohen: Dans l'ensemble, j'en garde un bon souvenir. Tous ces concerts ont connu un très grand succès, ce qui s'est également ressenti sur les musiciens du groupe, qui étaient meilleurs de concert en concert. Je me souviens en particulier très bien des concerts de Hambourg et de Francfort. En coulisses, nous avons rencontré, des personnes très sympathiques et intéressantes. Les concerts en plein air, eux, franchement dit, ne se sont pas aussi bien déroulés. Bien que les musiciens soient vraiment en forme, les concerts en plein air sont toujours difficiles, particulièrement pour notre genre de musique. En plus, bien souvent viennent s'ajouter des problèmes de son. Lors du festival "Rock am Ring", il n'était pas vraiment évident de trouver une bonne acoustique entre tous les groupes de Heavy et en plus, quand on veut focaliser l'attention sur quelque chose par le biais des chansons, ce sentiment se perd souvent dans l'effet de masse. La spiritualité souffre bien souvent elle aussi de tous les bruits parasites et de la puissance sonore. Au festival "Am Ring", c'était finalement sans importance, puisqu'au moment de monter sur scène, la plupart étaient déjà soûls. Je veux dire le public, pas les musiciens...

Comment ressens-tu sur scène les réactions du publie et y a-t-il différents publics d'un pays à l'autre ? Pendant longtemps, tu as plutôt été traité comme un parent pauvre, tout au moins aux Etats-Unis.

L. Cohen: Je n'aime pas particulièrement faire des catégories. Chaque chose a son originalité. Et encore plus quand il s'agit de personnes. Jamais je n'essaierai par exemple de classer les femmes par catégories, elles sont beaucoup trop complexes pour cela...

Le choix des chansons retenues pour l'album "Cohen-Live" n'a t il rien à voir avec des préférences spécifiques à chaque pays ou bien d'éventuelles conditions plus ou moins imposées par la maison de disques ? En fin de compte, huit des treize titres ont tout de même été enregistrés au Canada, trois aux Etats-Unis, contre seulement deux en Europe (San Sebastian/Amsterdam).

L Cohen: Le choix des titres nous a incombé exclusivement. Cependant nous étions limités pour le choix. Pour la simple raison que nous ne sommes pas un de ces grands groupes qui puisse se permettre d'enregistrer une tournée complète pour puiser après coup dans le stock d'enregistrements. C'est pourquoi, dès l'origine, nous nous sommes demandés où trouver une bonne ambiance live.

Avec bien sûr le risque que ça ne se produise pas forcément. Un des autres aspects, lors du choix des titres, a été de faire les enregistrements où, pour des raisons techniques et financières, pour nous et pour la maison de disques, il était possible de travailler dans les meilleures conditions. Ainsi, avoir privilégié, les enregistrements au Canada n'est pas uniquement dû au fait que ce soit mon pays et que là-bas nous avons ressenti dans le publie une aura extrêmement agréable, crois-moi, on aurait bien aimé pouvoir enregistrer partout.

On ne peut pas dire que "Cohen-Live" soit un pur document live de la dernière tournée. Cinq titres proviennent en effet de la tournée de 1988 "I'm your man".

L. Cohen: C'est juste. La raison en est tout simplement que j'avais un choix plus important en prenant les deux dernières tournées qui ont connu un très grand succès. De plus ces deux tournées ont quelques points communs: le groupe en 1993 était composé pratiquement des mêmes personnes, exceptions faites de Stephen Zirkel, Tom McMorran et John Bilezikjian. Le style de musique n'a pas changé, mis à part quelques accords un peu plus rock et ma voix devenue plus grave et, ce qui pour moi a une signification très importante, "Cohen-Live" montre les deux derniers épisodes de ma carrière. Qui sait en effet, quand aura lieu ma prochaine tournée. C'est sûr, avant mes 65 ans, il n'y au certainement plus d'autre tournée.

Ce qui me plaît aussi dans Cohen-Live", c'est la maturité technique de l'album. Contrairement à l'album live de 1973, ça s'est nettement amélioré,. Avec "Cohen-Live", nous avons vraime réalisé un très bon travail avec des exigences techniques très élevées, ce qui n'est pas toujours le cas pour bon nombre d'autres albums live. D'ailleurs, la mélodie et la musique sont parfaites. L'album est un moment d'enregistrement exceptionnel. La certaine fin d'une certaine histoire. Mais je raconte et raconte, quelle était la question ?

Sur l'album, il y a aussi ton plus grand succès: "Suzanne". Que penses-tu - 25 ans après la création - de cette chanson, y a il eu dans le passé des concerts où tu ne l'aies pas chantée ?

L. Cohen: "Suzanne", c'est la plus belle chanson sur l'album parce qu'elle montre le mieux la différence entre hier et aujourd'hui. La voix s'est modifiée, de même que le rythme et l'expérience de l'avoir chantée et vécue pendant plus de 25 ans s'expriment dans cette version. Aujourd'hui, "Suzanne" est plus évidente. La "Suzanne" d'aujourd'hui décrit un homme qui change. homme qui n'est plus le même. La version d'hier est pleine d'espoirs, de compassion, d'idéalisme. La version d'aujourd'hui montre une rupture, montre des meurtrissures.

On a l'impression que ton écriture est une forme d'auto-analyse.

L. Cohen: Ce serait faux de vouloir le nier. Mais cela n'est valable uniquement pour ceux qui écrivent ou pour l'écriture même. Chaque forme de travail conduit à l'auto-analyse. C'est là que réside le sens même et la signification du travail et c'est aussi la raison pour laquelle le travail est vital pour chaque être humain. C'est là le sens de la vie. Le pire qui puisse arriver à cette existence symbiotique est de ne plus avoir rien à faire.

Quand j'écris, je n'espère surtout pas une reconnaissance personnelle en retour. Je considère l'écriture comme mon travail.

Tu l'as dit toi-même, le 21 septembre 1994, tu vas fêter ton 60è anniversaire. Comment ressens-tu cet événement et surtout l'attention que l'on porte à ta personne et à ton travail - particulièrement ces dernières années -, attention qui, fin 70 et début 80, était plutôt modérée ?

L. Cohen: C'est une chose à laquelle je ne pense pas du tout parce que je ne la comprends pas vraiment. Aujourd'hui, je travaille en fin de compte avec les mêmes moyens et de la même façon qu'il y a 30 ans. J'écris et je fais de la musique. Ce qui occupe encore énormément et exige beaucoup de temps. La seule différence c'est que l'on n'y est confronté que rarement de façon plus grave. Du journal de boulevard au feuilleton pour ainsi dire.

Cette année, quelques livres plus ou moins biographiques vont paraître aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Que ressens-tu quand tu lis ces choses sur toi ? Tu écris toi-même et tu souhaites que tes livres soient lus.

L. Cohen: Même si je ne lis pas tout - et particulièrement les livres qui ne paraissent pas dans ma langue -, ça me flatte. En tant qu'artiste, tu dépends forcément de l'opinion publique. Les gens qui s'intéressent à quelqu'un en particulier sont avides de choses que d'autres - critiques, journalistes et auteurs - ont rassemblées. C'est pourquoi je dépends aussi de ce que l'on écrit sur moi. De plus ma carrière n'a jamais été linéaire, ainsi quelqu'un qui s'intéresserait soudainement à moi n'accéderait pas si facilement que ça à mon travail. Il y a eu des intervalles trop longs entre nombre de nouvelles parutions. Si l'on considère les conditions du marché éphémère qu'est celui de la musique, ce n'est pas un avantage. A cela, il faut ajouter que la maison de disques n'a toujours fait preuve que d'un minimum d'engagement. Mais c'est ainsi la bien triste réalité. Et c'est bien pourquoi je suis très heureux quand un livre paraît sur moi, parce que ça m'aide à garder un lien avec le public. En revanche, ça ne veut pas dire que ma carrière, interrompue par de nombreux intermèdes, n'ait commencé que pour des journalistes faisant des recherches. Je peux seulement dire que cela m'honore. Sans la considération des journalistes et de ceux qui me lisent, je ne pourrais pas survivre en tant qu'artiste.

Comment vis-tu les critiques négatives ?

L. Cohen: Chacun est libre d'apprécier quelque chose de bon ou de moins bon. Quand on lit quelque chose sur soi ou sur son travail qui est mal interprété, alors ça déprime toujours. Cependant, je lis aussi bien les choses qui correspondent aux faits que celles qui me comprennent mal, même celles qui parfois me blessent. Mais je ressens tout comme source d'inspiration, que ce soit positif ou négatif. Je me souviens très bien du livre de Denis Lee, un auteur canadien très important, qui a tellement démoli "Beautiftil Losers" que s'en était même une humiliation.

Il a sabré, mon premier travail d'écrivain. Pourtant c'était très important qu'il écrive sur moi.

As-tu déjà pensé écrire ton autobiographie ?

L Cohen: Je préfère écrire des choses plus brèves. J'y suis habitué. Comme les vieux maîtres zen le font avant de mourir. Ils écrivent un poème sur la mort. Quelques modestes lignes avant de nous quitter. Aussi ma vie ne vaudrait-elle pas davantage. Sans parler d'autobiographie, peut-être, cinq ou six lignes. Pas plus. Quelque chose de très court, c'est suffisant.

L'amour, la mort et la religion ont toujours été tes thèmes. Que penses-tu de la mort ?

L. Cohen: Pour la première fois, je pense qu'elle n'est maintenant plus très loin. Pour la première fois, j'ai peur à l'idée de ne plus pouvoir faire partie de la société.

Que signifie la mort pour toi ?

L. Cohen: L'homme s'accorde beaucoup trop d'importance. La vie est comme une pièce. La mort une autre. La mort, c'est finalement passer d'une pièce à l'autre.

Avant, quand tu parlais de la mort, c'était beaucoup plus cynique...

L. Cohen: Je crois ne jamais avoir été cynique. Le cynisme signifie que l'on ne considère pas une chose comme sérieuse. Peut-être les gens ont-ils confondu cynisme et scepticisme. Les petits arrangements de la vie sont trop précieux pour que l'on puisse être cynique à leur égard.

Retour au présent. Dans ton dernier album "The Future". tu décrivais des visions à la fois très précises et idolâtres du futur, "I've seen the future, brother: it is murder", est le titre prophétique d'une des chansons. Exception faite de ta Période Apocalyptique, quel thème actuel aborderais-tu maintenant dans un texte ?

L. Cohen: "The Future" est l'un des albums les plus objectifs que j'ai jamais écrit. Il montre toutes les idées qui m'animent quand j'écris. De la chute du mur de Berlin en passant par la montée de la xénophobie, jusqu'à une idée démocratique. Ainsi que tout ce qui se passait autour de moi au moment où j'écrivais. En principe, ça m'inspire toujours quand j'écris. Quand j'ai écrit "The Future", je vivais une sorte de pression angoissante et pourtant réaliste à la fois. Si j'examine cette question de la façon la plus honnête qui soit, alors je constate que tout au long des ces années, j'ai toujours écrit sur les mêmes choses. Peu importe si aujourd'hui j'écris, "Take the only tree that's left and stuff it up the hole in your culture" ou bien si autrefois j'ai écrit dans la chanson "The Gypsy" : "...These are the final days. This is the darkness. This is the flood", il s'agit toujours de la même chose. je m'intéresse à des choses qui sont toujours présentés. Ce n'est pas le pessimisme sombre que m'ont reproché, à l'époque les journalistes en se référant à "The Gypsy". C'est la réalité. Ce qu'à l'époque je décrivais comme étant très noir l'est toujours aujourd'hui. Regarde toutes les catastrophes qui nous entourent. Il ne s'agit pas de se convaincre que tout va bien, juste afin ne pas se poser de questions. Il s'agit davantage de la confrontation à la réalité.

Quel thème n'aborderais-tu jamais dans une de tes chansons ? Y a t-il des sujets tabous ?

L. Cohen: J'ai retiré Hitler de la chanson "The Future". Les lignes "If you could see what is coming next. The hidden takes. Give me love or give me Adolf Hitler" ont été modifiées.

Pourtant tu y citais des gens comme Staline...

L. Cohen: J'ai cité Staline uniquement parce que ces derniers temps, nombreux sont ceux qui réclament à nouveau ce genre de personnage, bien qu'il ne s'agisse peut-être seulement que d'une aspiration à l'ordre. Notre époque connaît tellement de problèmes, c'est facile pour la droite de poser ses pièges. Je ne fais qu'attirer l'attention sur ce problème.

Que souhaiterais-tu pouvoir changer à la réalité ?

L. Cohen: Si j'en avais le pouvoir, donner à tous la liberté et la délivrance qu'ils ne connaissent pas. Et détruire dans le germe tout ce qui cherche à l'empêcher.

Quelle est la question qu'on te pose le plus souvent pendant tes tournées ?

L. Cohen: Ce que j'ai voulu dire par Baby, I've seen the future. It is murder. Parfois, j'ai l'impression que l'on ne comprend pas l'expression. Aux Etats-Unis on dit souvent qu'il fait une chaleur meurtrière ou bien que la circulation est meurtrière. Néanmoins, on peut aussi parfaitement prendre l'expression "It is murder" au pied de la lettre. Les gens sont davantage prêts à tuer.

Au cours des années passées, ton amnésie apparaissait justement toujours au moment des interviews. Existe-t-elle vraiment ou bien n'est-ce qu'une stratégie originale pour contourner les questions trop pressantes des journalistes ?

L. Cohen: Ce serait surement une bonne stratégie. Pourtant, je crois que ça ne marcherait pas si cette stratégie avait spécialement été montée à cet effet. Au bout d'un certain temps, on l'aurait certainement découverte.

Non. Elle appartient bel et bien à la conception que je me suis faite de la vie. Il y a quelque chose en moi qui s'accroche de façon acharnée au passé,. Mais c'est quelque chose qui n'a rien à voir avec la nostalgie ou les souvenirs. Eux, tout au moins, ils s'effacent de plus en plus. Peut-être parce que je vis trop dans le présent. Il me semble aussi de plus en plus difficile de me souvenir de choses bien précises. Il m'est presque impossible de me souvenir non seulement d'années bien précises mais parfois même de décennies entières. La qualité des souvenirs me manque, bien que j'en ignore la raison.

Si tu m'interrogeais sur une année bien prècise, je ne pourrais rien te dire. C'est perdu à tout jamais.

Où réside pour toi la différence entre égoïsme et égocentrisme ?

L. Cohen: Je pense que les deux font partie intégrante d'un artiste afin qu'il puisse survivre. Un artiste vit constamment dans l'échange entre ses idées et les idées de la masse, qui se recoupent rarement. Ça lui coûte autant de force que ça lui en donne. Les deux forces qui permettent à ses idées de jaillir et de se réaliser sont justement l'égocentrisme et l'égoïsme. Et comme la fonction d'un artiste réside aussi dans le fait de survivre et de durer, c'est la raison pour laquelle il a besoin d'un ego très fort. Personne ne se préoccupe du fait que tu ailles mal. Une des pires expériences, une des plus stériles qui soient. Pour surmonter cela, c'est de toi dont tu as le plus besoin. J'avais un ami, un écrivain canadien, il m'a dit une fois qu'un jeune poète avait deux caractéristiques existentielles: l'inexpérience et l'arrogance.

La Grèce ne t'attire-t-elle plus ?

L. Cohen: Je n'ai plus le temps. J'ai toujours ma petite maison sur Hydra, mais je n'y vis plus. En ce moment c'est mon fils qui vit sur Hydra.

Par le passage tiré de "Genesis 24" ("And before I hade done speaking in mine heart, behold, Rebecca came forth with her pitcher on her shoulder; and she went unto the well, an drew water; and I said dais unto her, Let me drink, I pray thee. And she made haste, ans let down her pitcher from her shoulder, and sid, Drink, And I will give thy mamels drink also: so I drank, and she made the camels drink also..."), "The Future" est dédié à Rebecca De Mornay (actrice du film "Main sur le berceau")...

L. Cohen: ... à la noblesse qu'elle incarne et naturellement à l'histoire mentionnés ci-dessus.

Etes-vous encore ensemble ?

L. Cohen: Elle a été suffisamment sage pour me quitter.

Même si tu n'aimes pas les questions concernant ta vie privée, je t'en pose quand même une. Que fais-tu quand tu n'écris pas, tu n'enregistres pas d'albums et quand tu n'es pas en tournée ?
A quoi ressemble une journée banale de Leonard Cohen ?

L. Cohen: Cette année, exception faite de ces deux semaines de promotion pour l'album, je ne travaille plus du tout. Je vis en effet dans une cellule monacale dans un cloître (Mount Baldy, Los Angeles), résolution que j'ai prise depuis longtemps et que je peux enfin réaliser. Je passe mon temps à mon étude du Zen. Je me lève très tôt, je mange, je bois, dors, reste assis dans la salle de méditation et mène une vie très simple. Et c'est ainsi que je vis depuis la fin de la tournée "Future".

(Des extraits de cette interview sont parus entre autres aux mois de septembre et octobre 1994 dans le 'Saarbrücker Zeitung', 'LIVE Magazin Saar', 'Tabou', et la 'Rheinpfalz')

Texte de CHRISTOF GRAF, un article du livre: Leonard Cohen - Un Hommage - Editions Phi, Luxembourg, 1997.
Reprinted with permission


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