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Hommages |
I'm your Fan - The songs of Leonard Cohen |
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Texte d'Albert Labbouz. Qui est le fan de qui? En 1991, Christian Feuvret, Directeur de la rédaction des "Inrockuptibles" demandait à Leonard Cohen la permission de faire chanter ses chansons par des groupes ou des chanteurs les plus "new wave", les plus "in", les plus "young" du moment. On a du rire dans les studios d'enregistrement à l'idée de Christian Feuvret. Cohen le solitaire, l'austère, aux yeux du profane, suscitait-il de l'intéret pour cette nouvelle génération de musiciens? Etait-il un maître comme Dylan ou Springsteen pouvait l'être pour d'autres? Cohen visiblement séduit par cette proposition accepta. Mais tout comme il semblait impossible d'adapter Brassens, tant la rigueur d'écriture, ne permet pas de s'écarter des lignes mélodiques originales, il paraissait fou d'oublier l'original, en écoutant les "covers". Dès lors qu'on occulte l'envoutement, l'hypnotique, le phrasé inimitable de Cohen, que deviendrait une "Suzanne", un "Bird on the wire" pour ne citer que les plus connues?
Pixies avec I can't forget sonnent comme Oasis bien avant l'heure. Geoffrey Oryema mêle savamment ses couleurs exotiques à l'incontournable mélodie, la version instrumentale figurant sur le "more fans" est particulièrement convaincante, et meilleure encore la version longue. Jean Louis Murat, avec Avalanche IV. Murat a su retrouver le mystère, l'inquiétant que suscite cette chanson, mais il aurait pu quand même préciser que Graeme Allwright l'avait adapté avant lui. David Mac Comb et Adam Peter (Don't go home with your hard-on). Excellent, ils réussissent à nous faire oublier la catastrophique orchestration de Phil Spector. Robert Forster (Tower of song). D'une chanson ironique presque sussurée par Cohen au synthétiseur, Robert Forster réussit à nous faire croire à ce qu'elle évoque en la transformant carrément Rock and Roll. Quelque années plus tard, elle n'est pas sans évoquer le beat de "Never any good" sur "More best of", la dernière compilation de Leonard Cohen. Fatima Mansions (a singer must die). La voix étranglée, mais pourtant chaude de Cathal Coughlan amplifie le cynisme dispensée par cette chanson. "Un chanteur doit mourir pour le mensonge dans sa voix." En la chantant ainsi, Fatima Mansions donne une fois de plus raison à Leonard. Les deux dernières chansons de l'album méritent à elles seules que l'on se procure
ce CD spécial. Hallelujah chantée par John Cale est digne de figurer au répertoire du Velvet Underground. Une voix comme une prière, un piano. Tout Cohen est là-dedans. Et il n'est pas étonnant de savoir que John Cale est ami et co-fondateur du Velvet avec Lou Reed qui en son temps (1967) défendit Leonard Cohen contre les lazzis de ses détracteurs. "Lou Reed connaissait bien mon travail. Il avait lu Beautiful Losers et Flowers for Hitler.Il a été gentil avec moi, très accueillant. Un soir, j'étais avec lui à une table du Max's Kanssas City, quand on m'a insulté. Je ne m'en rendais pas compte, comme souvent. Lou Reed me l'a fait remarquer et m'a dit: " N'y prête pas attention, Leonard, tu es l'homme qui a écrit "Beautiful Losers..." John Cale chante aussi The Queen and me sur le CD 4 titres intitulé More Fans et offert par la Fnac. Il suffit d'écouter. Inutile d'en dire plus. Cale est sur la même longueur d'onde que Leonard. Fatima Mansions, Ah oublier Spector en écoutant cette version! On est très proche de Cohen, cynique, malheureux mais grandiose à la fois. Une très bonne adaptation.
Ian Mc Culloch: "There is a war" (-). Bof... La chanson originale est suffisamment agressive, pouvait-on faire mieux? Dead Famous People (-) "True love leaves no traces." Phil Spector n'aurait pas désavoué ce titre, tant il fait bluette sixty interprété par ce groupe. Peter Astor (-) "Take this longing" cette chanson initialement écrite pour Nico (du velvet) ne mérite pas d'autre interprête que Nico elle même qui l'a chantée mais ne l'a jamais enregistrée. Bill Pritchard (-)avec "I'm your man" se contente d'imiter l'original en rajoutant un accordéon et un arrangement piano Loyd Cole (-) "Chelsea hôtel" Il fallait oser la reprendre celle-ci! Quand on connait l'histoire de cette chanson. La rencontre entre L.C et Janis Joplin et ce qu'elle lui faisait sur le lit après lui avoir dit qu'elle faisait une exception pour lui parce q'elle préférait les très beaux hommes. Il était difficile même pour un chanteur aussi admirable que Lloyd Cole d'y mettre les ambiguités et le cynisme nécessaires. Ces jugements n'impliquent en aucune manière Leonard Cohen et ses fans du monde
entier, ils ne sont que ma propre vision, mon propre sentiment.
En 95, Sting, Elton John, Suzanne Vega, Bono,Billy Joel, Don Henley, Peter Gabriel, Aaron Neville, Tori Amos, Willie Nelson, Trisha Yearwood,JannArden, Martin Gore feront aussi leur "I'm your fan", les moyens financiers n'étant pas les mêmes la production peut paraître meilleure. Mais si l'on compare les mythologies, qui est fan de qui: tous ces artistes de Leonard Cohen? ou Leonard de tous ces artistes? Alors qui d'autre que Leonard Cohen lui même pouvait dire ce qu'il pense de tout cela? Christian Feuvret lui a posé la question en 91: Certains des groupes issus de la génération punk reprennent vos morceaux. Vous qui passez du temps à les finir, à les mettre au point, à les enregistrer,n'êtes vous aps ennuyé de voir vos chan sons vous échapper? Les jugez vous?
Albert Labbouz , France, 1998.
R.E.M: First we take manhattan More fans: (interdit à la vente) Columbia 14-001546-14 SAMP CD 1546 John Cale The Queen and me Voulez vous chanter Cohen? ( offert avec le mensuel N° 30 des Inrockuptibles) |