En cette ville étrangère, te le rappelles-tu ?
elle était si jeune que tu aurais pu tenir son front dans ta main,
et sa soif en ton alcool, elle était bien trop jeune pour te parler de toi
te rappelles-tu, voyageur immobile,
du grand silence qui descend, maintenant, et pour toujours, sur votre havre ?
Mais les années s'épuisent,
et d'autres jeunes hommes viennent mourir dans sa main,
en demandant les mots qui inscriront la route
la grande route obscure qui s'en va vers le nombre,
l'ivresse et l'oranger
ils veulent de sa vie ce qu'elle voulait de toi
la semence des astres : un instant, dans la flamme
Et toi, tu vis ailleurs
dans ce néant qui brille, un vieil homme penché sur ton épaule nue
mais je te reconnais, qui n'est pas revenu
voulais-tu revenir ?
Et j'ai marché longtemps ton ombre sur ma nuque
dans le dédain de toi,
mais te parlant encore, au-delà des collines
ô mon père incertain - mon ange des gravats
Isabelle
Nouvel
3 décembre 1998
L'histoire complète est sur le site d'Isabelle :

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