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Cohen Rocker?
Lettre à Sony
Plusieurs vies en un jour

EL  MUNDO  - CULTURE

Dimanche 11 octobre 1998 Une semaine en compagnie de Leonard Cohen, alias moine Jikan.

Le chanteur s'impose de dures retraites mensuelles qui consistent à demeurer 24 heures en posture de méditation.  Nettoyage inodores, balaie la neige et fait office de chauffeur et de cuisinier pour le maitre du centre.


Le chanteur et poète vit retiré du monde dans un centre zen de Los Angeles.

Los Angeles:
Au milieu de l'obscurité croissante des montagnes loin de la route tortueuse je me retrouve sur un parking en terre battue . Un homme quelque peu voûté et la tête rasée, vêtu d' un habit noir en guenilles, d'une casquette et de lunettes s'approche pour me souhaiter la bienvenue. Il me serre la main, fait une révérence, me prend ma valise et ne conduit vers un bungalow (cabane). L'eau chauffe pour le thé et il coupe des tranches de pain récemment cuit au four.

Sa maison est simple et austère. Ses habits sont si "effilochés" qu'ils tiennent avec des épingles à nourrices. Un petit synthétiseur, qui reste déconnecté dans l'autre pièce , est l'unique objet qui rende compte de la vie antérieure de Leonard Cohen.

Le fameux poète à la voix rauque, dont les poèmes ont coutume d'évoquer la sensation de vide après la fête (l'orgie), vit maintenant toute l'année dans un centre zen à 6250 pieds (environs 3000 mètres d'altitudes au dessus de niveau de la mer), dans des montagnes qui entourent Los Angeles où il " fait office de "cuisinier, de chauffeur, et parfois de confident" d'un roshi, un maître zen japonais avec lequel il parle à peine.

Il me conduit dans une pièce vide et froide, où il m'enseigne comment m'asseoir pour méditer.
" Il faut maintenir raide la partie inférieure du corps, les jambes" explique Cohen. "En revanche, le reste doit être très relaché". Un peu plus tard il me mène à la pièce contigüe, le zendo, ou salle de méditation.
Quelques 30 personnes, toutes vêtues de noir, restent asises, totalement immobiles. Elles sont sur le point de finir le rohatsu, c'est à dire, la retraite de l'hiver, qui consiste à méditer dans la même posture pendant sept jours.

Un groupe de moines armés de massues parcourrent les couloirs, disposé à frapper celui qui sera donné vaincu. Déjà le soleil s'est levé quand il entend cogner à la porte. Je dois suivre mon amphytrion, pour qui la visite ne le dérange pas d'interrompre un rêve, pour écouter le bavardage du roshi, le maître de la communauté.


Un petit homme, vêtu d'habits orange fait son apparition et deux assistants l'aident à monter sur une espèce de trône. "Qu'est-ce que nous appelons l'amour?" demande l'homme qui parle en japonais tandis qu'un interprête traduit simultanément en anglais. "Un enfant peut se faire un ami d'un chien, et lécher son derrière. Est-ce cela l'amour? Est-ce de l'amour que lécher la main d'une autre personnes? Les chiens, les chats et les insectes s'accouplent. est-ce de l'amour?"

Plusieurs vies en un jour

 

Nous nous rencontrons sous un ciel bleu éblouissant. "Il est à peine neuf heures du matin" dit Cohen, " et déjà nous avons vécu plusieurs vies aujourd'hui." Le chanteur s'impose de dures retraites tous les mois, qui ne consiste en rien d'autre que de rester assis en posture zazen vingt quatre heures par jour et sept jours par semaine.

Le reste du temps, Cohen travaille au centre, balaie la neige, astique les sols, et se charge de la cuisine, sa tâche de prédilection. Ici on le connait sous le nom du moine Jikan, ce qui signifie, "le silencieux". "Ici tout le monde est joyeux dans la désespérance." dit il radieusement. "


"Personne ne vient dans un tel lieu à moins d'être désespéré."

Cependant, malgré sa ruse et son irrévérence calculée- il parvient à me dire qu'il s'est fait moine depuis deux ans parce que Roshi lui a conseillé de le faire: " pour pouvoir dégréver de la déclaration de revenus". Je vois en lui une attitude authentique : Cohen fait un effort énorme pour se retrouver en lui même.

En réalité, il ne peut expliquer ce qu'il fait exactement dans un lieu comme celui-ci : "je ne crois pas que personne sache en réalité pourquoi il fait ce qu'il est en train de faire... "

Si tu arrêtes une quelconque personne et que tu le questionnes "où vas tu? au sens profond de la parole, tu n'obtiendras aucune réponses Il ne sait pas pourquoi il est ici. Mais, quelle autre chose pourrais je faire?

Est-ce que je veux être un Franck Sinatra? Est-ce que je veux organiser de merveilleuses rétrospectives de ma vie? Est-ce que je veux me marier avec une femme jeune et former une autre famille, la vérité c'est que j'ai haï la vie de famille quand j'en ai fondé une. Est-ce que ça me plairait de rencontrer des nouvelles drogues, ou de boire des vins chers?"

En descendant de la montagne je me suis rendu compte que mon séjour dans le centre est l'expérience qui m'a le plus affecté depuis ces dix dernières années.


"Roshi sait qui je suis réellement" m'a dit Cohen, "et il ne veut pas que je sois une autre personne." Plus tard, il me confiera la chose suivante:
"Roshi m'a dit il y a quelques jours que à mesure que tu vieillis , tu te sens plus seul et tu as besoin d'un amour plus profond." Selon les vieux, les êtres insondables et les solitaires, les changements, à ce qu'on dit, ne constituent pas l'unique aphrodisiaque de la vie.

PICO IYER

Un déluge de dimension biblique

 

Los Angeles.
Le lord Byron du Rock and Roll, comme on a coutume de l'appeler, a toujours été une caisse de surprises, A tel point que beaucoup le considèrent comme un artiste du déguisemnt, définition que lui même juge apropriée.

La trajectoire de Cohen est un mythe que ce soit la maison qu'il a acquéri dans l'ile grecque de Hydra en 1960 pour une somme de 1500 Dollars ( 210 000 pesetas au change actuel), les fêtes au Chelsea Hotel, ou le chateau Mormont et autres temples du libertinage ( "où Janis Joplin m'a fait une fellation sur le lit défait")

Cohen n'a pas renoncé au monde. Il possède encore un duplex qu'il a acheté avec deux amis près du quartier juif de Los Angeles. L'homme au don d'être en constante synthonie avec son époque continue d'être actif; il a composé des chansons pour la bande sonore d'un film d'Oliver Stone, dans lequel il a joué aux côtés avec Rebecca de Mornay. De toutes manières, il est venu à Los Angeles, au centre de la superfluité et de la concentration d'esprit, et il a réussi à devenir comme le ruisseau qui court dans la montagne.

A propos de ses chansons : " j'ai toujours eu un grand sens de la composition, parce que mes chansons m'ont aidé à surpasser beaucoup de ressacs et de relations humiliantes." dit-il " Quand j'écoute quelques unes d'entre elles à la radio je pense qu'elles sont réellement bonnes. c'est merveilleux de les avoir faites, et encore plus qu'elles ait élu domicile dans le ceour des gens."

"Je crois que nous traversons une époque très dure" dit Cohen. "Pas plus l'expérience littéraire ou musicale ne sont parvenues à prendre le pouls de cette crise. Nous sommes au milieu d'un déluge de dimension biblique, à tel point que n'importe qui se cramponne à quelque chose qui flotte, une caisse d'oranges vides, un morceau de bois... Et les gens persistent à se définir eux mêmes comme libéraux ou conservateurs. Cela me semble une hérésie totale."

Photo : GORDON PRESS

PICO IYER



Et pourquoi pas?

Il l'a dit il y a neuf ans dans une de ses plus belles chansons :"Mes amis sont partis et mes cheveux sont gris/ J'ai mal aux endroits avec lesquels je jouais."

Il se voyait décliner. Et il vivait très mal. sans raisons? Sans doute, il était au mieux de sa forme comme compositeur et comme interprète entouré d'un groupe de musiciens exceptionnels et de voix fantastiques de l'hiispanique Perla Cristal et sa Jennifer Warnes.

Pour son âge, il demeurait très attirant (séduisant). Mais la souffrance est une malédiction qui poursuit les génies. Il a toujours été très exigeant envers lui-même. Lorsque pendant le festival de l'Ile de Wight dans les années 60, on lui demanda ce qu'il pensait de l'avis d'un critique qui avait écrit sur lui: "il emet un bourdonnement monotone." Cohen avait répondu: " C'est une réaction honnête".

Juif éduqué dans la religion hébraïque, la renier ne l'a pas libéré de son côté mystique. Comme Dylan. Il y avait trop de biblique dans son esprit apocalyptique: "D'abord nous prenons Manhattan, puis nous attaquons Berlin". Même, surtout quand il se prend à blasphémer. Ou quand ironiquement il a baptisé de soeur de la miséricorde deux putes avec lesquels il avait fait fait l'amour dans un vestibule une nuit de mal être.
"Peut-être que je pense trop"  chante dans ses mauvais moments un autre juif hors série, Paul Simon. Le zen c'est l'art de ne pas penser.

Il y a quelques années, au milieu d'une fête, une fille me pria de répondre: "Et toi tu penses tout le temps, c'est vrai?" Perplexe, je lui ai dis oui "Et toi, non?" lui ai-je répondu. " Qu'est-ce que tu crois?
Seulement quelques moment par jour." m'a t elle répondu. Je me suis alors surpris à l'envier.

Cohen a beaucoup vécu: plus que trop. Et il en a eu assez: plus que la moyenne. Point final: le séducteur ennuyeux, le soûlard repus, le conquistador du Chelsea hôtel décrépit, l'ami de tant d'amis perdus à tout jamais, le désillusionné de tous les désillusionnés, il veut maintenant s'enfoncer et flotter dans le pantéïsme.  Ce n'est pas plus mal que le bouddhisme. Tant qu'à ne pas croire en une religion, c'est le mondre des maux.

Javier ORTIZ

 

© Texte original et photo : El Mundo - Edition du 11 octobre 1998.

© Traduction : Albert Labbouz , France, 1998. All rights reserved.

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Texte d'origine :

Una semana junto a Leonard Cohen, alias «monje Jikan»

Leonard Cohen, "monje Jkan", en el centro "zen" de Los Angeles (GORDON PRESS).

El cantante se somete a duros retiros mensuales en los que permanece 24 horas en postura de meditación - Limpia inodoros, quita la nieve y hace de chófer y cocinero del maestro del centro

El cantante y poeta vive retirado del mundo en un centro «zen» de Los Angeles

PICO IYER

THE OBSERVER/EL MUNDO

LOS ANGELES.- En medio de la creciente oscuridad de las montañas dejo la tortuosa carretera y me detengo en un aparcamiento sin asfaltar. Un hombre mayor, algo encorvado y con la cabeza afeitada, que lleva un harapiento hábito negro, gorra de lana y gafas, se acerca a darme la bienvenida. Me estrecha la mano, hace una reverencia, coge mi maleta y me conduce a una cabaña. Calienta agua para el té y corta unas rebanadas de pan recién horneado.

Su casa es sencilla y austera. Su hábito está tan deshilachado que debe sujetarlo con imperdibles. Un pequeño sintetizador, que permanece desconectado en la otra habitación, es el único objeto que da cuenta de la anterior vida de Leonard Cohen.

El famoso poeta de voz ronca, cuyos poemas suelen evocar la sensación de vacío después de la juerga, vive ahora todo el año en un centro zen, a 6.250 pies (alrededor de 3.000 metros) sobre el nivel del mar, en las montañas que rodean Los Angeles, donde hace de «cocinero, chófer, y a veces confidente» de un roshi, un maestro zen japonés con quien apenas habla.

Me conduce a una habitación vacía y fría, donde me enseña cómo sentarme a meditar. «Hay que mantener rígida la parte inferior del cuerpo, las piernas», explica Cohen. «En cambio el resto debe estar muy relajado». Luego me lleva a la habitación contigua, el zendo, o sala de meditación. Unas 30 personas, todas vestidas de negro, permanecen sentadas, totalmente inmóviles. Están a punto de terminar el rohatsu, es decir, el retiro de invierno, que consiste en meditar en la misma postura durante siete días. Un grupo de monjes armados con porras recorre los pasillos, dispuestos a golpear a todo el que se le ocurra darse por vencido.

Ya ha salido el sol cuando escucho los golpes en la puerta. Debo seguir a mi anfitrión, a quien por lo visto no le cuesta prescindir del sueño, para escuchar la charla del roshi, el maestro de la comunidad. Un hombre menudo, vestido con hábitos color naranja hace su aparición y dos asistentes lo ayudan a subir a una especie de trono. «¿Qué es esto que llamamos amor?», pregunta el hombre, quien habla en japonés mientras un intérprete traduce simultáneamente al inglés. «Un niño puede hacerse amigo de un perro, y lamer su trasero. ¿Es eso amor? ¿Es amor estrechar la mano de otra persona? Los perros, los gatos y los insectos se aparean. ¿Es eso amor?».

VARIAS VIDAS EN UN DIA

Nos encontramos bajo un deslumbrante cielo azul. «Son apenas las nueve de la mañana», dice Cohen, «y ya hemos vivido varias vidas hoy». El cantante se somete a duros retiros todos los meses, en los que no hace otra cosa que permanecer sentado en postura zazen las veinticuatro horas del día y los siete días de la semana.

El resto del tiempo, Cohen trabaja en el centro; palea la nieve, friega los suelos y se encarga de la cocina, lo cual es su tarea predilecta. Aquí se le conoce como el monje Jikan, que significa el silencioso. «Aquí todo el mundo está jodido y desesperado», dice radiantemente. «Nadie viene a un lugar como éste a menos que esté desesperado». Sin embargo, a pesar de su astucia y su calculada irreverencia -llegó a decirme que se hizo monje budista hace dos años porque Roshi le aconsejó que lo hiciera «para poder desgravar de la declaración de la renta»-, veo en él una actitud genuina: Cohen hace un esfuerzo enorme para simplificarse a sí mismo.

En realidad, no puede explicar qué hace exactamente en un lugar como éste. «No creo que nadie sepa en realidad por qué hace lo que está haciendo. Si detienes a cualquier persona en el metro y le preguntas, "¿A dónde vas?", en el sentido profundo de la palabra, no obtendrás ninguna respuesta. No sé por qué estoy aquí. Pero, ¿qué otra cosa podría hacer? ¿Quiero ser un Frank Sinatra? ¿Quiero organizar maravillosas retrospectivas de mi obra? ¿Estoy realmente interesado en ser el cantante folk más viejo en activo? ¿Voy a casarme con una mujer joven y formar otra familia? La verdad es que odiaba la vida de familia cuando tuve una. ¿Me gustaría encontrar nuevas drogas, vinos caros?».

Al descender de la montaña me doy cuenta que mi estancia en el centro es la experiencia que más me ha afectado en los últimos años. «Roshi sabe quien soy realmente», me dice Cohen, «y no quiere que sea otra persona». A continuación me confesó lo siguiente: «Roshi me dijo hace unos días que conforme eres más viejo te sientes más solo, y necesitas un amor más profundo». Para los viejos, los seres insondables, y los solitarios, los cambios, según parece, no constituyen el único afrodiasiaco en la vida.


«Un diluvio de proporciones bíblicas»

PICO IYER

LOS ANGELES.- El Lord Byron del rock and roll, como se le suele llamar, ha sido siempre una caja de sorpresas, hasta el punto de que muchos lo consideran un artista del disfraz, definición que él mismo acepta como válida.

La trayectoria de Cohen es ya un mito: la casa que adquirió en la isla griega de Hydra en 1980 con una herencia de 1.500 dólares (210.000 pesetas al cambio actual), las juergas en el Hotel Chelsea, el Chateau Mormont y otros templos del libertinaje («donde Janis Joplin me hacía felaciones en la cama sin hacer»).

Cohen no ha renunciado al mundo. Aún tiene un dúplex que adquirió con dos amigos, cerca del barrio judío de Los Angeles. El hombre agraciado con el don de estar en constante sintonía con su época sigue activo; ha compuesto canciones para la banda sonora de una película de Oliver Stone, en la que ha actuado junto con Rebbeca de Mornay. De todos modos, ha venido a Los Angeles, el centro de la superficialidad y el ensimismamiento, y ha conseguido convertirlo en un curso de montañismo.

En cuanto a sus canciones: «Siempre he tenido un gran concepto de la composición, porque mis canciones me han ayudado a superar muchas resacas y relaciones humillantes», dice. «Cuando escucho algunas de mis canciones en la radio pienso que son realmente buenas. Es maravilloso que hayan sido compuestas, y aún más que se hayan hecho un lugar en el corazón de la gente».

«Creo que atravesamos una época muy difícil», dice Cohen. «Ni la experiencia literaria ni la musical han conseguido tomarle el pulso a esta crisis. Estamos en medio de un diluvio de proporciones bíblicas, hasta el punto de que cada cual se aferra a cualquier cosa que flote, una caja de naranjas vacía, un trozo de madera... Y la gente insiste en describirse a si misma como liberal o conservadora. Me parece una locura total».

JAVIER ORTIZ

¿Y por qué no?

 

¿Lo recitó hace nueve años, en una de sus más bellas canciones: «Mis amigos se han ido y mi pelo es gris. / Me duelen las partes con las que solía jugar».

Se veía decadente. Y lo llevaba muy mal.

¿Injustamente mal? Sin duda: estaba en su mejor momento como compositor y como intérprete, amparado por un grupo de músicos excepcionales y las voces fantásticas de la hispana Perla Cristal y de su Jennifer Warnes. Resultaba también muy atractivo, pese a su edad. Pero el sufrimiento es una maldición que suele acompañar a los genios.

Siempre ha sido muy duro consigo mismo. Cuando, durante el festival de la isla de White, en los 60, le preguntaron qué opinaba del comentario de un crítico que había escrito sobre él: «Emite un zumbido monótono», Cohen respondió: «Es una reacción honesta».

Judío, educado en la religión hebraica, renegar de ella no le liberó de su mística. Como a Dylan. Había mucho de bíblico en su espíritu apocalíptico: «Primero tomaremos Manhattan. Luego tomaremos Berlín». Incluso -sobre todo- cuando se ponía blasfemo. O cuando bautizaba irónicamente de Hermanas de la Caridad a dos chavalas con las que había hecho el amor en un portal una noche de mal tiempo.

«Quizá pienso demasiado», cantó en sus malos momentos otro judío fuera de serie, Paul Simon. El zen es el arte de no pensar.

Hace años, en medio de una fiesta, una chica me soltó de repente: «Tú piensas todo el rato, ¿verdad?». Perplejo, le dije que sí. «¿Tú no?», le pregunté. «¡Qué va! Sólo un rato cada día», respondió. Me sorprendí a mí mismo al comprobar que me daba envidia.

Cohen ha vivido mucho: mucho más que muchos. Y ha sentido demasiado: mucho más que la mayoría. Punto final: el mujeriego cansado, el borracho ahíto, el conquistador del decrépito Hotel Chelsea, el amigo de tantos amigos perdidos para siempre, el desengañado de todos los desengaños, quiere ahora hundirse y flotar en el panteísmo. Tampoco está tan mal el budismo. Puestos a no creer en una religión, ésa es de las menos malas.

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