L'étreinte

Quand tu tombes soudain
dans son étreinte
il se cache pour ne pas voir
sa créature face à face.
Toi aussi tu es cachée
avec tous tes péchés;
aucun roi pour te pardonner;
sa pitié est plus intime.

Il ne se tient pas devant toi,
il ne reste pas à l'intérieur;
la passion n'a pas de point de vue,
c'est le coeur de toute chose.
Il n'y a pas de colline d'où l'on puisse voir.
Maintenant, tu partages un corps
avec le serpent que tu interdis
et avec la colombe que tu acceptes.

Les imitations de son amour
il les supporte patiemment,
jusqu'à ce que tu puisses naître avec lui
dans une nuit de détresse en Galilée;
jusqu'à ce que tu perdes tout orgueil en Lui,
jusqu'à ce que l'objectif de ta foi échoue,
jusqu'à ce que tu étendes tant les bras
que tu n'as plus besoin des clous des Romains.

Les idolâtres de chaque côté
transforment le Seigneur en objet.
Ils l'accrochent si haut sur une croix
que tu dois toujours aller vers lui.
Ils te commandent de rejeter le monde
et lancent tes prières vers lui.
Puis les faiseurs d'idoles dansent toute la nuit
sur ta douleur.

Mais quand tu te relèveras de son étreinte
je sais que tu seras fort et libre,
que tu ne raconteras pas d'histoires sur son visage,
et que tu loueras joyeusement la Création.

Hydra, 1983

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