Lettre

La façon dont tu as assassiné ta famille
me laisse indifférent
quand ta bouche parcourt mon corps

Et je connais tes rêves
de cités écroulées de chevaux au galop
et de soleil trop proche
et de nuit qui ne finit jamais

Mais tout cela me laisse indifférent
allongé près de ton corps

Je sais qu'au-dehors une guerre fait rage
que tu donnes les ordres
qu'on fait taire des enfants qu'on décapite des généraux

Mais le sang me laisse indifférent
il ne trouble pas ta chair

Le goût du sang sur ta langue
ne me choque pas
et mes bras pénètrent dans tes cheveux

Ne crois pas que je ne comprends pas
ce qui se passe
quand les soldats ont été massacrés
et les prostituées passées par l'épée

Et je n'écris cela que pour te cacher
qu'un matin ma tête
dégouttante de sang avec celle des autres généraux
sera accrochée à ta porte

Que tout cela était prévu
et tu sauras que cela me laissait indifférent.

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