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A la mémoire de notre ami Robert
Robillard, qui nous a quittés le 16 août 1999.
Cruel monde.
Un an jour pour jour, le 25 août 1998, j'adressais à un ami
d'Internet de sincères condoléances à la suite du décès de son père.
Son mail de réponse disait ceci:
"Salut Albert
Mille mercis pour tes voeux.
Je dois maintenant liquider sa succession . Beaucoup de travail en perspective.
A bientôt
Robert."
Rob commençait toujours ses mails par "Friends".
Nous avions échangé quelques mails sur Cohen, bien sûr; cousin du Canada, il parlait
français, bien sûr. Et pour les Internautes difficilement bilingues, c'est un bien
précieux. Je lui avais demandé de me traduire des divergences sur le news group: une
fausse querelle entre Dylan et Cohen. Il en avait été choqué que quelqu'un puisse
divulguer de pareils sornettes.
Je lui avais envoyé le concert d'Adam Cohen au New Morning, il m'avait fait une copie du
Boot à L.A d'Avril 93.
Ne se limitant pas à la "vénération" de Cohen, parfois, il nous faisait part
de quelque chose qui l'avait amusé, qu'il avait lu ou vu sur le Web.
Il nous avait fait découvrir ce superbe canular réunissant Cohen et Dylan (encore eux)
sur une fausse pochette de CD. (peut-être existe t elle encore).
J'y avais cru je l'avais contacté pour savoir où trouver le CD. Il m'avait répondu que
le graphisme lui avait plu et qu'il voulait en faire profiter tout le monde, mais que
c'était une bonne blague.
Un mail du 19 Juillet 98 commençait ainsi:
"This so funny, I had to pass it along..."
Il nous narrait ensuite en 33 points: " the following quotes from actual performance
evaluations"
Cela n'avait rien à voir avec Cohen, mais Rob tenait à nous faire partager ses coups de
coeur, ses rires et...surtout pas... ses douleurs. Je ne le connaissais pas bien, bien
sûr. Mais, il y avait quelque chose de pudique chez cet homme, j'en suis sûr. Pudique et
chaleureux et amical.
C'est Patrice Clos qui m'a appris qu'il nous avait quitté.
Par pudeur, sans doute, ceux qui ne figurent pas sur la liste privée de Jarkko Arjatsalo,
ne l'ont pas su. Mais à tous ceux qui ont échangé des mails avec lui, je crois qu'il
n'est pas indélicat de le leur dire.
Et de soutenir sa famille aussi. Et de lui envoyer une petite pensée quelque part
ailleurs. avec ces quelques phrases extraites du livre de Miséricorde psaume 32, de
Leonard Cohen.
" We cry out for what we have lost, and we remember you
again. We look for each other, we cannot find us, and we remember you. Coult it be? We
wonder. And here is death. Could it possibly be?..."
Oui demandons nous le encore: "cela était-il
possible?"
Albert Labbouz. Patrice Clos.
- Texte original d'Albert Labbouz, France, 22/08/1999.
- Adapté et mis en page par Patrice Clos.
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