Copyright © 1979 Leonard Cohen
and Sony/ATV Music Publishing Canada Company


Ballad Of The Absent Mare


Say a prayer for the cowboy
His mare's run away
And he'll walk til he finds her
His darling, his stray
but the river's in flood
and the roads are awash
and the bridges break up
in the panic of loss.

And there's nothing to follow
There's nowhere to go
She's gone like the summer
gone like the snow
And the crickets are breaking
his heart with their song
as the day caves in
and the night is all wrong

Did he dream, was it she
who went galloping past
and bent down the fern
broke open the grass
and printed the mud with
the iron and the gold
that he nailed to her feet
when he was the lord

And although she goes grazing
a minute away
he tracks her all night
he tracks her all day
Oh blind to her presence
except to compare
his injury here
with her punishment there

Then at home on a branch
in the highest tree
a songbird sings out
so suddenly
Ah the sun is warm
and the soft winds ride
on the willow trees
by the river side

Oh the world is sweet
the world is wide
and she's there where
the light and the darkness divide
and the steam's coming off her
she's huge and she's shy
and she steps on the moon
when she paws at the sky

And she comes to his hand
but she's not really tame
She longs to be lost
he longs for the same
and she'll bolt and she'll plunge
through the first open pass
to roll and to feed
in the sweet mountain grass

Or she'll make a break
for the high plateau
where there's nothing above
and there's nothing below
and it's time for the burden
it's time for the whip
Will she walk through the flame
Can he shoot from the hip

So he binds himself
to the galloping mare
and she binds herself
to the rider there
and there is no space
but there's left and right
and there is no time
but there's day and night

And he leans on her neck
and he whispers low
"Whither thou goest
I will go"
And they turn as one
and they head for the plain
No need for the whip
Ah, no need for the rein

Now the clasp of this union
who fastens it tight?
Who snaps it asunder
the very next night
Some say the rider
Some say the mare
Or that love's like the smoke
beyond all repair

But my darling says
"Leonard, just let it go by
That old silhouette
on the great western sky"
So I pick out a tune
and they move right along
and they're gone like the smoke
and they're gone like this song


Traduction de Jean Guiloineau :

 

Ballade de la jument absente

Priez pour le cow-boy, sa jument s'est sauvée
il va la rechercher, sa chérie, son égarée
Mais les routes sont inondées et la rivière en crue
les ponts se sont brisés, tout est perdu

Il n'y a rien à suivre, nulle part où aller,
Elle est partie comme la neige, comme l'été
Les chants des criquets lui brisent le coeur
et le jour s'en va et la nuit a peur

A-t-il rêvé, ou son galop vient de passer
en ouvrant un chemin dans la fougère brisée
et en marquant la boue du fer et de l'or
cloués à son sabot quant il était son lord

Elle est passée en broutant il y a un instant
mais il la suit toute la nuit et tout le jour suivant;
aveugle à sa présence sauf pour comparer
le tort qu'il a subi au châtiment mérité

Puis près de la maison sur l'arbre le plus haut
brusquement chante un oiseau
Oh, le soleil est doux, le vent souffle sa prière
sur les saules près de la rivière

Le monde est beau, le monde est infini
elle est là-bas où se séparent la lumière et la nuit
environnée de buée, elle est timide et sans pareille
et marche sur la lune quand elle gratte le ciel

Elle vient vers sa main, domptée à demi
Elle veut se perdre encore et il le veut aussi
Et elle repartira par le passage libéré
Vers l'herbe des montagnes pour s'y rouler

Ou elle s'en ira vers le haut plateau
Sans rien en bas, sans rien en haut
voici l'heure de leur épreuve, voici l'heure du fouet
Marchera-t-elle dans les flammes, osera-t-il tirer

A la jument qui galope le cavalier s'est attaché
et au cavalier la jument s'est liée
Il n'y a plus d'espace que le ciel qui s'enfuit
Il n'y a plus de temps que le jour et la nuit

A voix basse il murmure
"Où tu iras j'irai", penché sur l'encolure
Ils tournent d'un seul bloc et s'en vont vers la plaine
et plus besoin de fouet et plus besoin de rênes

L'étreinte qui tenait leur union si serrée
qui dans la nuit l'a déchirée ?
L'un dit c'est la jument, l'autre, le cavalier
l'amour comme la fumée ne peut se réparer

Leonard me dit mon amour, il ne faut pas qu'elle reste,
la vieille silhouette, sur le grand ciel de l'Ouest
Je fais une musique et tous les deux s'en vont
comme de la fumée et comme ma chanson