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To A Teacher

Pour A. M. Klein (1909-1972).

Hurt once and for all into silence.
A long pain ending without a song to prove it.

Who could stand beside you so close to Eden,
When you glinted in every eye the held-high
razor, shivering every ram and son?

And now the silent loony bin, where
The shadows live in the rafters like
Day-weary bats,
Until the turning mind, a radar signal,
lures them to exaggerate
Mountain-size on the white stone wall
Your tiny limp.

How can I leave you in such a house?
Are there no more saints and wizards
to praise their ways with pupils,
No more evil to stun with the slap
of a wet red tongue?
Did you confuse the Messiah in a mirror
and rest because he had finally come?

Let me cry Help beside you, Teacher.
I have entered under this dark roof
As fearlessly as an honoured son
Enters his father’s house.
 

© Leonard Cohen
© 2004 Old Ideas LLC (BMI)


Traduction par Graeme Allwright :

 A un Maître

Pour A. M. Klein (1909-1972).

Blessé une dernière fois jusqu'au silence
Une longue douleur qui s'arrête sans une
Chanson pour le prouver.

Qui pourrait bien se tenir à tes cotés
Si près de l'Eden,
Quand tu as fait luire dans chaque oeil,
Le rasoir tenu haut, faisant trembler
Chaque bélier et fils ?

Et maintenant, la maison de fous silencieuse
Où les ombres vivent dans les chevrons
Comme des chauve-souris fatiguées du jour
Jusqu'à ce que l'esprit tournant, un signal radar
Les attire, pour exagérer, grand comme
Une montagne sur le mur blanc en pierre
Votre petit boitement.

Comment est-ce que je peux te laisser
Dans une telle maison ?
Ne reste t-il plus de saints et de sorciers
Pour louer leurs comportements avec des élèves
Il n'y a plus de mal à assommer
Avec la claque d'une langue rouge et humide

Est-ce que vous avez confondu le Messie dans un miroir ?
Et reposez-vous parce que finalement il est venu ?
Laissez moi crier "Au Secours"
A coté de vous, Maître.
Je suis entré sous ce sombre toit
Sans crainte, comme un fils honoré
Entre dans la maison de son père.
 

© Leonard Cohen
© 2004 Old Ideas LLC (BMI)
Traduction © Graeme Allwright, 2004.


Poème original par Leonard Cohen

To A Teacher

Hurt once and for all into silence.
A long pain ending without a song to prove it.

Who could stand beside you so close to Eden,
when you glinted in every eye the held-high razor,
shivering every ram and son ?

And now the silent looney-bin,
where the shadows live in the rafters
like day-weary bats,
until the tuming mind, a radar signal,
lures them to exaggerate mountain-size
on the white stone wall
your tiny limp.

How can I leave you in such a house ?
Are there no more saints and wizards
to praise their ways with pupils,
no more evil to stun with the slap
of a wet red tongue ?

Did you confuse the Messiah in a mirror
and rest because he had finally come ?

Let me cry Help beside you, Teacher.
I have entered under this dark roof
as fearlessly as an honoured son
enters his father's house.

© Leonard Cohen.
In The spice box of earth, 1961


Traduction par J.C ICART (1976)

A UN MAITRE

Blessé une fois pour toutes en silence.
Une longue souffrance close sans un chant pour en témoigner.

Qui pouvait rester à tes côtés si près de l'Eden
lorsque tu faisais étinceler dans tous les yeux le rasoir haut levé
secouant de tremblements les béliers et les fils ?

Et maintenant l'asile silencieux,
où les ombres vivent dans les combles
comme des chauves-souris épuisées du jour,
jusqu'à ce que l'esprit tournant, un signal radar,
les amène à voir gros comme une montagne
sur le mur de pierres blanches
ton clopinement minuscule.

Comment puis-je te laisser dans une telle maison ?
N'y a-t-il plus de saints ni de magiciens
pour louer leurs voies avec des disciples,
plus de démons à estourbir d'un claquement
de langue rouge humide ?

As-tu confondu le Messie dans un miroir
et te reposes-tu parce que finalement il est venu ?

Laisse-moi crier Au Secours à tes côtés Maître.
Je suis entré sous le toit sombre
aussi confiant qu'un fils honoré
réintégrant la maison paternelle.

Traduction © J.C ICART dans Leonard Cohen, POEMES ET CHANSONS II, Christian Bourgois
Editeur. Dépôt Légal : 1976

Merci à Albert Labbouz qui a fourni le poème original et la traduction

Cette page vous est proposée par le site www.leonardcohensite.com

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