Copyright © 1969 Leonard Cohen
and Sony/ATV Music Publishing Canada Company


Story Of Isaac


The door it opened slowly,
my father he came in,
I was nine years old.
And he stood so tall above me,
his blue eyes they were shining
and his voice was very cold.
He said, "I've had a vision
and you know I'm strong and holy,
I must do what I've been told."
So he started up the mountain,
I was running, he was walking,
and his axe was made of gold.

Well, the trees they got much smaller,
the lake a lady's mirror,
we stopped to drink some wine.
Then he threw the bottle over.
Broke a minute later
and he put his hand on mine.
Thought I saw an eagle
but it might have been a vulture,
I never could decide.
Then my father built an altar,
he looked once behind his shoulder,
he knew I would not hide.

You who build these altars now
to sacrifice these children,
you must not do it anymore.
A scheme is not a vision
and you never have been tempted
by a demon or a god.
You who stand above them now,
your hatchets blunt and bloody,
you were not there before,
when I lay upon a mountain
and my father's hand was trembling
with the beauty of the word.

And if you call me brother now,
forgive me if I inquire,
"Just according to whose plan?"
When it all comes down to dust
I will kill you if I must,
I will help you if I can.
When it all comes down to dust
I will help you if I must,
I will kill you if I can.
And mercy on our uniform,
man of peace or man of war,
the peacock spreads his fan.


Traduction de Jacques Vassal :

L'HISTOIRE D'ISAAC

Lentement la porte s'ouvrit
Mon père fit son entrée
J'avais neuf ans alors
Et devant moi il était si grand
Ses yeux bleus étaient brillants
Et sa voix était glaciale.
Il dit : " J'ai eu une vision
Et tu sais que je suis saint et fort
Je dois obéir aux ordres. "
Il se mit donc à gravir la montagne
Moi je courais et lui marchait
Et sa hache était en or.

Les arbres se firent tout rabougris
Le lac Lin miroir de dame
Nous fîmes halte pour boire du vin.
Puis il jeta la bouteille
Qui se brisa une minute ' après
Et sur la mienne il mit sa main.
Il me sembla Voir Lin aigle
Mais peut-être était-ce un vautour
Jamais je ne pus discerner.
Puis mon père bâtit un autel
Il regarda une fois derrière son épaule
Sûr que je n'irais pas me cacher.

Vous qui bâtissez les autels à présent
Pour sacrifier ces enfants
Vous ne devez plus jamais le faire.
Un projet n'est pas une vision
Et jamais vous n'avez eu de tentation
Ni par le ciel ni par l'enfer.
Vous qui êtes debout devant eux maintenant
Vos hachettes émoussées et sanglantes
Vous n'étiez pas là hier.
Lorsque je gisais sur une montagne
Et que la main de mon père était tremblante
De la beauté du verbe.

Et si maintenant vous m'appelez frère
Pardonnez-moi si je m'enquiers
En vertu de quelle volonté ?
Quand tout cela tombera en poussière
S'il le faut je vous tuerai
Si je le peux je vous aiderai.
Quand tout cela tombera en poussière
S'il le faut je vous aiderai
Si je le peux je vous tuerai.
Et pitié pour notre uniforme
Homme de paix ou homme de guerre
Le paon fait la roue.


Traduction de Jean Guiloineau :

Histoire d'Isaac

La porte elle s'ouvrit lentement,
mon père il entra;
j'avais neuf ans.
Il était tellement grand à côté de moi,
ses yeux bleus ils brillaient
et il avait une voix glaciale.
Il dit : "J'ai eu une vision
tu sais que je suis fort et pieux,
je dois faire ce qu'on m'a dit".
Alors nous avons escaladé la montagne;
je courais, il marchait,
et il portait une hache d'or.

Les arbres ils devinrent plus petits
le lac comme un miroir de dame,
nous nous arrêtâmes pour boire du vin.
Puis il jeta la bouteille,
je l'entendis se briser une minute plus tard,
et il posa sa main sur la mienne.
Je pensai voir un aigle
mais c'était peut-être un vautour,
je n'ai jamais su.
Puis mon père construisit un autel,
Il jeta un regard par-dessus son épaule,
mais il savait que je ne me cacherais pas.

Vous qui construisez ces autels aujourd'hui
pour sacrifier les enfants
il ne faut plus le faire.
Une combinaison n'est pas une vision
et vous n'avez jamais été tentés
par un démon ou par un dieu.
Vous qui vous tenez au-dessus d'eux,
vos hachettes émoussées et sanglantes
vous n'étiez pas là avant :
Quand j'étais allongé sur une montagne
et que la main de mon père tremblait
avec la beauté de la parole.

Et si maintenant vous me dites Frère,
pardonnez-moi si je demande :
selon quel plan ?
Quand tout redeviendra poussière,
je vous tuerai si je le dois,
je vous aiderai si je le peux.
Quand tout redeviendra poussière,
je vous aiderai si je le dois,
je vous tuerai si je le peux.
Ayez pitié de notre uniforme,
homme de paix, homme de guerre -
le paon fait la roue !