Leonard Cohen

C'est vers la fin des années soixante, que j'ai entendu "Suzanne" à la radio pour la première fois, et j'ai aussitôt été fasciné par "la voix en or". Le présentateur ayant annoncé un inconnu du nom de Leonard Cohen, j'ai voulu en savoir un peu plus… et j'ai acheté l'album !.

Comme tous les Européens, j'ai été surpris par le titre : "Les chansons de Leonard Cohen" (The Songs Of). Pourquoi ce titre ?. Cet homme fait il autre chose ?. Et j'ai découvert un formidable écrivain qui avait décidé de mettre certains de ses poèmes en musique…

En même temps, Graeme Allwright avait commencé à adapter plusieurs chansons de Leonard en français, et je crois sincèrement qu'il a largement contribué à la popularité des textes souvent difficiles du poète canadien.

Après le succès de "So Long Marianne" (chanson autobiographique), d'autres albums ont suivis, tous aussi beaux les uns que les autres, plusieurs tournées aussi.

Leonard Cohen, alors en pleine gloire, a toujours refusé de rentrer dans la spirale infernale du show business, et c'est ainsi qu'il est entré tout doucement dans la Légende. La beauté de ses textes, la parfaite harmonie entre les paroles et la musique, la simplicité et la profonde ambiguïté de l'homme ont fait le reste.

Sans jamais le vouloir au fond, il a inspiré toute une génération de poètes et de musiciens, devenant ainsi une véritable référence.

En 1977, Leonard Cohen décide de changer complètement de genre avec "Death Of A Ladies' Man" : musique électrique, ambiance légèrement disco. Echec commercial relatif, et surtout, déception de nombreux fans…

Avec "Recent Songs" (en 1979), Leonard renoue avec ses rythmes habituels, en y ajoutant le violon tzigane. Cet album, dédié à la mémoire de sa mère est très personnel, mais aussi l'un des plus beaux.
Après "Various Positions", Leonard Cohen adopte à nouveau un genre différent à la fin des années 80 : dans "I'm Your Man" et "The Future", on retrouve ses rythmes habituels mais nettement modernisées, avec un brin de musique électrique, un mélange de pop, rock et de gospel, et une voix beaucoup plus grave.

Ce Canadien, né à Montreal en 1934, issu d'une famille juive anglophone et relativement aisée (mais habitant dans un quartier catholique…) a d'abord commencé par écrire des poèmes, et à faire un peu de musique. Sa découverte de l'oeuvre de Garcia Lorca et l'apprentissage de la guitare ont fait le reste. Les récitals de poésie ne suffisant pas à nourrir un homme, il a décidé de chanter. Pour notre plus grand bonheur…

Amoureux de la France, et de notre Histoire (les références à Jeanne d'Arc, entre autres sont nombreuses), il a beaucoup vécu en Europe, notamment sur sa propriété dans l'île d'Hydra, en Grèce. Une maison sans électricité, que Leonard a remise en état et il a vu enfin... un oiseau sur le fil...

Visionnaire avant l'heure, Leonard Cohen est devenu tranquillement l'un des plus grands philosophes de notre époque.

Après la tournée mondiale de 1993, il a décidé de se retirer dans le monastère Zen bouddhiste de Mount Baldy, en Californie. Il a rejoint ansi l'un de ses plus ancien amis : Joshu Sasaki Roshi, maître Zen que Leonard a rencontré en 1973.

En août 1996, Leonard Cohen a prété le serment des moines Zen de Rinzai, il a pris - selon la tradition - un nom japonais : Jikan (le serein, le silencieux).

Il a quitté Mt Baldy en juin 1999.


Mais il continue à écrire et à composer…

A bientôt Leonard !.
Et merci pour tout.
 
Patrice Clos       

  Deux poèmes et plus d'infos sur Roshi, clique ici.