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Leonard Cohen : Tournée 2008
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Leonard le magnifique

par Vincent Braun (La Libre Belgique)

   bruges

Sa voix est instantanément reconnaissable. Ses chansons ont fait le tour du monde. Leonard Cohen est de ces auteurs qui ont marqué l'histoire de la musique. Le chanteur canadien a subjugué le public venu en pélerinage à Bruges, jeudi.

Il y a d'abord cette voix, immense, immédiatement reconnaissable, caverneuse, rocailleuse, veloutée aussi. Il y a aussi ces textes, des récits d'aujourd'hui, aux mots pesés cent fois, appariés comme rarement. Puis, il y a ces mélodies, à la fois simples et complexes, taillées dans le rock, le folk, le jazz, pour porter ses textes. Leonard Cohen, c'est plus qu'un style, c'est une esthétique à lui seul. Un auteur culte, dont on dénombre quelque 1 300 reprises de ses chansons.

Poète, romancier, auteur, compositeur, interprète, l'artiste canadien a littéralement subjugué le public du Minnewaterpark de Bruges, jeudi soir, en prélude au Cactus Festival. Quelque 8 500 personnes, tous âges confondus, avaient fait le déplacement, ou plutôt le pèlerinage tant la ferveur et le respect étaient palpables dans l'audience. Sans doute peut-on lire dans cette attitude l'expression d'une gratitude, tant Cohen a marqué les esprits et touché les coeurs en quarante ans de chansons, mais aussi le signe d'un manque, Cohen n'étant plus parti en tournée mondiale depuis quinze ans. Une période au cours de laquelle l'homme s'est retiré dans un monastère bouddhiste près de Los Angeles durant six ans (et d'être consacré moine zen), avant de chercher la tranquillité en Inde après les attentats du 11 septembre 2001. S'il est de retour sur scène aujourd'hui, à 73 ans, c'est notamment suite à un vilain revers de fortune, son ancienne manageuse l'ayant dépouillé du matelas qu'il s'était constitué pour sa retraite.

Qu'à cela ne tienne, à voir le sourire d'enfant qu'il affiche à la fin de chaque morceau, le chanteur est manifestement content d'être là. "Je suis très heureux de chanter pour vous", confesse-t-il d'ailleurs entre "Bird on the Wire" et "Everybody knows". Baignant dans une belle sérénité, le concert est davantage enjoué que plombant, malgré la mélancolie qui habite à tous les étages de son oeuvre et l'immanquable nostalgie qui jaillit à l'écoute de ces nouvelles interprétations.

Le Montréalais, endimanché comme pour le grand voyage, y est allé par tous les chemins de son répertoire, les grands comme les petits, les proches comme les lointains (en vrac, "Ain't No Cure for Love", "So Long, Marianne", "First We Take Manhattan", "In My Secret Life", "Closing Time"). Le tout avec une belle constance et une belle unité de ton, due au bassiste Roscoe Beck qui officie aussi comme directeur musical de l'ensemble. Car si Cohen chante remarquablement bien, c'est aussi parce que l'accompagnement de ses sept musiciens et de ses trois choristes (dont son actuelle collaboratrice, Sharon Robinson) est impeccable.

Le chansonnier réussira même le tour de force de porter plusieurs fois la foule à un degré de silence assez impressionnant pour une foule en plein air. C'est le cas une première fois sur le classique "Suzanne", ensuite lorsqu'il récite quelques lignes a cappella avant de débuter son "Anthem" ou encore le splendide "If It Be Your Will". Et sur "Hallelujah", on frise presque le recueillement. Touchant.

Tout comme lorsque le vieil homme s'agenouille pour susurrer ses mots à une mandoline, ou lorsqu'il s'incline le chapeau sur le coeur pour remercier ses musiciens et le public, ou quand il sort de scène sur quelques pas de valse, sur le final de "Take This Waltz".

Dans le public, on danse, on chante, on écoute religieusement, et on contemple tout simplement ce monument de la chanson (surtout sur le grand écran).

Et au bout de deux heures et demie, hormis la courte pause, on repartirait bien pour quelques pas de danse


Source : La Libre Belgique

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