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Leonard Cohen : Tournée 2008
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Sincèrement, L. Cohen...

Par Christophe Schenk

      Le Canadien chantera-t-il «Famous Blue Raincoat» en Suisse? Retour sur un titre culte et mystérieux.

Nashville, automne 1970. Leonard Cohen enregistre son troisième album, Songs Of Love And Hate. Le chanteur canadien de 36 ans est entré en studio avec une poignée de morceaux seulement, comme à son habitude. Parmi ceux-ci, un titre le laisse insatisfait. Mais il le couche quand même sur la bande et réalise sans le savoir un morceau au charme étrange et atemporel: Famous Blue Raincoat.

«C’est l’un des plus beaux airs que j’aie écrits, mais ses paroles sont trop mystérieuses, trop peu claires», avouera-t-il trentre-trois ans plus tard, dans une interview pour le magazine américain Details. Prenant la forme d’une lettre, qu’il signe – «Sincerly, L. Cohen» – Famous Blue Raincoat s’adresse à un ami perdu de vue à cause d’une femme que tous deux ont aimée.

Cohen se demande ce qu’il est devenu, évoque la boucle de cheveux que sa femme a gardée de lui, se rappelle le vieil imperméable bleu troué à l’épaule qu’il portait lors de leur dernière rencontre. Surtout, il offre son pardon à ce «frère», ce «meurtrier», qui lui manque, cet homme qui a su enlever la peine qui habitait les yeux de celle qu’il aimait. «Si jamais tu reviens ici, pour Jane ou pour moi, je veux que tu saches que ton ennemi dort et que sa femme est libre.»

Triangle amoureux. L’histoire est presque banale. Et rappelle étrangement le thème développé plus tôt par Leonard Cohen, dans son roman Beautiful Losers. Mais le crooner canadien n’aime rien tant que semer le doute. Commentant ses chansons dans une compilation parue en 1975, il évoque comme étant le sien, le fameux imperméable bleu qui donne son titre à la chanson, revêtant implicitement le masque de l’amant plutôt que celui de l’amoureux trompé.

Vingt ans plus tard, il joue même la mémoire qui flanche lorsqu’un journaliste de la BBC l’interroge sur le sujet: «Le problème avec cette chanson, c’est que j’ai oublié le triangle dont il s’agissait. Dont je faisais partie... bien sûr.» Mais, s’il ne se souvient plus de la réalité de cette histoire, il avoue son obsession pour cette triangulation des désirs. «J’ai toujours pensé qu’il y avait un homme invisible séduisant la femme avec qui j’étais.»

Trente-huit ans après son enregistrement, Famous Blue Raincoat reste une ballade emblématique, malgré le désamour que lui porte Leonard Cohen. Incarnant à elle seule l’idée de «chanson d’amour et de haine», elle a bercé plusieurs générations, portées par la mélancolie de cette lettre de pardon et la mélodie limpide qui l’accompagne. Un mince filet de voix sur un tapis acoustique, rehaussé d’arrangements aussi discrets que délicats.

Des chœurs féminins éthérés soutiennent la voix de Cohen, sirènes dans le brouillard, tandis qu’un cliquetis spectral résonne par instants, qu’une mandoline double le thème en fin de refrain. Joan Baez, Lloyd Cole, Tori Amos ou encore Aaron l’ont reprise, n’atteignant jamais pourtant la magie fragile de l’originale. Quant à Leonard Cohen, les doigts d’une main suffisent à compter le nombre de fois qu’il l’a jouée durant les vingt dernières années. Jusqu’à un inattendu retour en grâce sur scène, cet automne. Qui tiendra peut-être jusqu’à son passage en Suisse...

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