Accueil Les dates   |  Articles News  |  Photos  |  Crédits 
Leonard Cohen : Tournée 2008
  Retour au site  |  Retour au forum    |    

    Retour aux articles

eng English version

Concert de Leonard Cohen à l’Arena de Genève

Par Carine

      27 octobre 2008

J’arrive depuis Paris à l’Arena de Genève à 18H30 tapantes un jour de pluie. La salle est vaste mais peu chaleureuse avec ses sièges en plastique qui se succèdent comme dans un stade. Heureusement, mon regard est vite captivé par le centre où l’estrade prometteuse trône avec les instruments qui attendent leur artiste. Des voilages blancs sont tendus en guise de décor et une nymphe grecque est projetée sur l’avant de la scène. Le décor est sobre et parfait : Leonard est donc bien en Helvétie ! Dans une heure maintenant, je vais le voir pour de vrai et pour la première fois de ma vie …

foto

Je m’installe sur le Parterre Or au rang 14, presque au milieu de la scène avec ma caméra et mon carnet pour noter les moments-clés. Les genevois finissent par arriver et l’ambiance, à ma grande surprise, est bon-enfant, sans strass ni paillettes, comme si on venait voir un ami de longue date, un spectacle familial. Autre surprise, les boissons, sandwichs, téléphones portables et caméras sont permis dans la salle … une petite voix me dit d’en profiter car cela pourrait être bien différent à l’Olympia de Paris.

A 20H pile, les lumières s’éteignent. Des projecteurs illuminent les rideaux en rouge et le maître, ponctuel comme à son habitude, entre en scène à la suite de ses musiciens.
Sera-t-il fatigué par sa tournée ? Fera t’il la même introduction en français qu’à Nice et à Lyon ? les mêmes gestes ? les mêmes mots ? Toutes ces questions m’assaillent mais c’est ne pas bien connaître Leonard Cohen. Il est là, présent, à la rencontre de son public, plein de classe et visiblement ému et c’est comme si je l’avais toujours connu … Un chapeau en feutre noir vissé sur sa tête et habillé de sa veste-pantalon gabardine à rayures sombres. Il prend le micro et la voix en or grave, intacte et parfaite, démarre directement son spectacle sur les notes de « Dance me to the end of love ». Il enchaînera avec « The Future », puis, dans un français impeccable, il dira : « Il n’y a pas de remède à l’amour » pour lancer la chanson « Aint’ no cure for love ». « The partisan » en deuxième partie sera aussi interprétée en partie en français et, juste avant l’entracte, il dira ce début de phrase dans la langue de Molière : « C’est un grand privilège de présenter ces chansons » pour finir en anglais « in this place while the world is suffuring and going down into chaos ».
Bien sûr, il y aura des « Merci beaucoup » et, au milieu de son interprétation de « Tower of Song » il glissera espiègle, un « c’est gentil » au public en train d’applaudir sa prestation au clavier électronique.

Mais revenons à cette première partie. Les moments forts seront sans hésiter toutes les magnifiques reprises exaltées par sa voix mature et grave. Je resterais à jamais marquée par la longue introduction hispano-arabe de Javier Mas à la mandoline pour démarrer « Who by fire », puis un « Bird on a wire » envoûtant et un « Heart with no companion » sur des airs country.
A la fin d’ « Anthem » joué à la perfection, Leonard Cohen présente ses artistes un par un, en s’inclinant respectueusement devant chacun d’eux. Il recommencera à l’issue de la deuxième partie. Un grand moment d’émotion et d’humilité et une mention spéciale pour Javier Mas, absolument magique avec ses 3 guitares orientales et sa complicité sur scène avec le maître.
« Dans 15-20 minutes, nous reviendrons pour la deuxième partie du spectacle ». Et Leonard Cohen sur ces mots sort en trottinant.

foto

Il reviendra pour interpréter « Tower of song » sur son clavier électronique après un mea culpa en anglais sur « ces 15 années d’absence de Genève et qu’il a meublé de Prozac, de quêtes religieuses et philosophiques ». Il ajoutera malicieusement : « je ne sais pas si cela m’a vraiment aidé à m’améliorer personnellement ni d’ailleurs à mieux jouer au clavier ». Et la chanson sera prolongée par les di-dam des choristes et ses « please don’t stop, encore encore, yes yes, that’s it ! ».
Suivront son mythique « Hallelujah » avec un « I didn’t come to Genève to full you » et un duo déroutant avec Sharon Robinson avec les rôles inversés : il fera les chœurs dans l’ombre tandis qu’elle interprétera « Boogie Street » à la manière soul.
Ensuite le magnifique « I’m your man » qu’il chantera à chacune des femmes personnellement (moi comprise) et un « Take this waltz » hautement musicalisé qui nous entraîne dans les valses de Vienne …

Ca y est … C’est fini. Standing ovation. Il s’en va, suivi de ses musiciens … déjà ?
Le public suisse réagit. Applaudissements à tout rompre …
Il revient, reprend sa guitare pour un « So long Marianne » magistral et puissant.
De nouveau, nous le réclamons debout et là, cadeau ultime, moi qui l’attendait depuis si longtemps, les premières notes tristes de « Famous Blue Raincoat » résonnent. Je crie de bonheur et applaudit. Le public me suit. Cette chanson est rarement chantée par Leonard Cohen et ce soir, il nous l’offre.
L’ambiance deviant lourde. La voix grave résonne à present pour réciter une prière vers son Créateur : “If it be your will that i speak no more, and my voice be still as it was before. I will speak no more. I shall abide until I am spoken for. If it be your will.” Un adieu déchirant … Le silence est pesant et les notes arrivent enfin. Dans l’ombre une fois de plus, il restera silencieux à savourer la chanson « If it be your will » interprétée par les Webb Sisters. Le public retient son souffle. Je vois ma voisine effondrée en larmes. Heureusement, la batterie de Closing Time remettra de la gaiété dans les cœurs.

Leonard achèvera en apothéose avec son "I tried to leave you" plus léger, et "Whither thou goest" en zoomant de nouveau sur chaque musicien pour leur permettre de l'interpréter à leur manière. Quelle générosité !

Je regarde ma montre … 23H25 ! 3H10 de spectacle haut en couleurs et plus de 25 chefs-d'œuvre enchaînés à la perfection ce soir. Le patriarche s'avance heureux avec ce sourire discret qu'on lui connaît. Il est entouré de ses artistes debout avec lui comme pour saluer la fin d'une pièce de théâtre.

Puis ces mots d'amour à l'adresse de nous tous : "Good night my darlings. Hope you are satisfied. I don't know when we'll meet again. Don't catch a cold and all the blessings be yours. Thank you for this wonderful evening ! ". Comment ne pas l'être Oh artiste de mon cœur ? Après un concert si riche en émotion, si empreint d'amour et de poésie pour tous les hommes … Que Dieu te bénisse pour tant de talent, de générosité, d'humilité et de sagesse !

Et je repars vers mon hôtel près de l'aéroport avec les balades envoûtantes de Leonard Cohen dans mon cœur … un homme au sommet de son art et des chansons définitivement éternelles.

Carine

foto

Programme du concert

Dance me to the end of love
The Future
Ain’t no cure for love
Bird on a wire
Everybody knows
In my secret life
Qho by fire
Hey, that’s no way to say goodbye
Heart with no companion
Anthem

Tower of Song
Suzanne
Gipsy wife
The partisan (en français)
Boogie Street
Hallelujah
Democracy
I’m your man
Take this waltz

Rappels 1 :
So long Marianne
First we take Manhattan

Rappels 2 :
Famous Blue Raincoat
If it be your will
Closing time
I tried to leave you

Rappels 3 :
Whither Thou Goest

© Carine

Réagir sur le forum

 

Cette section est réalisée par l'équipe du site www.leonardcohensite.com avec la collaboration des membres du forum. Plus d'infos dans la page des crédits.

Production et Management : Patrice Clos.

 
 

Home  Home