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Leonard Cohen : Tournée 2008
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Une aussi longue absence

par Daniel Carrot pour les Dernières Nouvelles d'Alsace

Montréal et Montreux il y a quelques semaines, et vendredi, en concert à Lörrach sur la scène du festival Stimmen.
Après 15 ans d'absence, Leonard Cohen est sur la route.

C'est forcément l'évènement «rock » de l'été, voire de l'année, car on n'osait imaginer un quelconque retour en scène de ce poète rock'n'folk âgé aujourd'hui de 74 ans. On avait laissé Léonard Cohen à sa silencieuse retraite bouddhiste et à ses Ten New Songs d'après septembre 2001.

« Mais on ne gagne pas sa vie en écrivant »

Mais celui qui signait, en 1966, « Les Perdants Magnifiques », roman éclatant et baroque, devait bien se douter que ce titre de légende le poursuivrait, même 40 ans plus tard. Alors, escroqué par son ancienne manageuse, et quasiment ruiné, Cohen décide de remonter sur scène, de repartir au turbin. Il faut bien vivre... Lui qui s'affirme « ni chanteur, ni musicien, mais romancier » aurait sans doute préféré écrire un bouquin. « Mais on ne gagne pas sa vie en écrivant » disait-il encore récemment.

La route alors, avec chaque soir la même surprise et la même émotion. Ainsi à Lörrach, l'homme apparaît sur scène, porté par la rumeur des milliers de spectateurs. Feutre vissé sur la tête, costume gris léger, Leonard Cohen savoure doucement l'instant. Emu, forcément, il remercie déjà le public, son public, tandis que derrière, ses musiciens, sapés à l'identique, entament les premiers accords aux accents klezmer de Dance me to the end of love. Un titre d'ouverture comme une supplique aux spectateurs, Dance avec moi jusqu'au bout de l'amour...

Il ne résiste pas au plaisir de se « mettre en danger »

Toujours impeccable Cohen, comme un gamin juste un peu patiné par le temps, cheveux argentés, yeux qui pétillent, l'homme à femmes n'est pas mort... Phil Spector ne l'a pas tué. La Marktplatz de Lörrach offre un écrin irréel à ce set d'anthologie, paysage hors du temps, du monde, irradié par le chanteur.

Souvent à genoux, l'auteur de So long Marianne délivre ses thèmes minimalistes et depressifs avec une légèreté frivole. L'homme est heureux. Sa voix entoure comme hier les coeurs et les corps. Ses mots nous font le même effet qu'avant. Frissons quelque peu nostalgiques, comme si nous avions 20 ans ou ... 70 ans comme le jeune homme sur scène.

De cette improbable tournée, aujourd'hui triomphale, Cohen pourrait se la jouer « rock star ». Trois petits tours et puis s'en va, on a connu cela avec James Brown ou Ray Charles... Appuyer sur le pilote automatique et enfiler les « tubes » attendus. Mais le poète canadien n'est pas du show-biz, il a l'élégance de son écriture. Alors il ne résiste pas au plaisir de se « mettre en danger ». Entamant ainsi la deuxième partie de son concert seul avec sa guitare ou à l'orgue pour un «Suzanne » sur le fil.

Plus de deux heures trente de scène, Cohen sourit, le chapeau conre le coeur. Une prestation hypnotique et spectaculaire... Le vieux monde semblait devant nous !

 

Copyrights : Daniel Carrot
Article paru dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace du dimanche 27 juilet 2008

Document aimablement fourni par Calypso.

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