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Leonard Cohen : Tournée 2008
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Leonard Cohen: une voix venue des profondeurs

par Marco Molendini pour Il Messaggero

Lucca

     A 74 ans, le musicien revient sur scène

C’est une nuit magique, celle de Leonard Cohen, gourou de la musique surgit d’un océan de silence prolongé à l'âge respectable de 73 ans (il en aura 74 en septembre). Il sera cette voix qui semble venir des profondeurs, il sera le complice imperturbable de sa propre lenteur, tandis que se reflète une élégance faite de petites touches, de chuchotements, de sons sirotés, purs comme le cristal. Il faut vraiment être un maître pour obtenir un contrôle de soi-même aussi sublime. Il faut peut-être une abstinence aussi longue (15 ans)  pour cela, et la sobriété absolue. Et il faut un long entraînement spirituel (la retraite prolongée dans le monastère) pour enchanter à tel point, pour trouver un tel équilibre.
Trois heures de musique légère et puissante, une gifle exemplaire à tant de vacarmes inutiles, à tant de spectacles feints, plein de lumières et de bruits. Le gourou est un objet non identifiable, un intervalle suspendu dans le temps de la musique qui joue, avec son éloge de sa lenteur et cette voix si chaude et si terrestre qui transmet la sécurité qui vient de la certitude des idées.


Alors, le voici donc sur scène, tandis que les chansons se murmurent pendant trois heures d’affilée. Il chante, il s’agenouille, il saute au moment de quitter la scène,  il a une subtile ironie quand il dit d’arrêter la musique : "J'ai trouvé la clé après une recherche à la fois philosophique et religieuse, voulez-vous connaître la réponse qui m’a été révélée? Ca, c’est ça!". Et les choristes entonnent "du dan dan da, du du dan dan" en clôture de "Tower Of Songs", un des joyaux de son répertoire.  Et qui sait si, grâce à ce petit jeu, le gourou ne veut pas nous faire comprendre qu’il a enfin retrouvé le  goût de faire à nouveau de la musique.
ll sourit, Cohen, révélant son visage aiguisé uniquement à la fin de chaque chanson quand il enlève son chapeau pour remercier le public de l'accueil que reçoit sa précieuse marchandise musicale. La place de Lucca est pleine à craquer (et pleine de clients, même Beppe Grillo est rassuré d'une telle beauté) pour l'épisode somptueux du festival d'été de D'Alessandro & Galli et se laisse envouter par ce chanteur qui a répété dans la Cavea dell’Auditorium et qui reviendra le 23 octobre à Milan. Un rite qui prend la route comme la délicieuse "Dance me to the end of love", où la voix de baryton est mixée dans un arrangement subtilement kiwi.


L’orchestre joue imperceptiblement :  la batterie qui utilise principalement les baguettes, l'orgue Hammond ajoute une couleur rouge sang, le grand guitariste espagnol, Javier Mas discrètement  effectue une véritable collection de mandole et de guitares espagnoles, le formidable multi instrumentiste, Dino Soldo, passant de sax à l’harmonica à l’Ewi (clarinette), le bassiste Roscoe Beck, qui est le chef d’orchestre, et les trois choristes dirigées par Sharon Robinson, collaboratrice de confiance de Cohen. Ici, c’est "The Future" historique ballade rock (il était dans Natural Born Killers d'Oliver Stone) qui chante: "J'ai vu l'avenir et ce n'est que les crimes". Voici Bird on the wire, Everybody knows, presque un mantra avec le verset qui donne le titre répété à l’infini, Who By Fire, qui offre un joli solo de guitare. C'est le chef-d'œuvre Suzanne, assaisonné au minimum: guitare et les petits conseils d'un chœur et avec une clarinette basse. On trouve un bon espace à Sharon Robinson pour Boogie Street, tandis que Halleluja a la saveur d'une prière chevronnée et l’âme d’un Hammond, avec Cohen qui s'agenouille. Puis Democracy, So long Marianne, First We Take Manhattan, Sisters Of Mercy.
Qui aurait dit qu'un jour nous allions remercier l'ancien manager qui a nettoyé les comptes bancaires, poussant de nouveau Leonard Cohen dans la mêlée.

Texte et photos par Marco Molendini.
Traduit de l'italien par Patrice Clos.
(pardon pour les fautes !)

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