Tournée 2008-2009 - Lyon
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Leonard Cohen : Tournée 2008

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La Vieille Cérémonie

par Albert Labbouz

      Fallait il que je l’aime pour reprendre le chemin vers lui… Lui le Field Commander Cohen… Le moine silencieux… Le poète spolié de sa fortune… Lui l’Etranger… Lui qui m’avait fait traverser mon adolescence, ma vie d’adulte… Lui qui avait été si présent aux moments clés de ma vie, dans mes joies et dans mes peines… Revoir Cohen… Oui mais pourquoi ? Le revoir après 15 ans d’absence scénique. Le dernier concert au Zenith de PARIS, le 13 mai 1993 avait été si grandiose… Le revoir pourquoi ? Si la voix est encore golden ? Si les doigts sur la guitare ne sont pas perclus de rhumatismes ? Si les émotions sont  intactes ? Pour voir s’il bande encore ? Cohen n’a plus rien à prouver tant sur le point de l’écriture, que sur son parcours ou ses choix. Il est un chantre, un maître pour beaucoup. Le revoir n’était ce pas de la curiosité mal placée comme pour assister à une résurrection ou une descente de calvaire ? Je me suis interrogé sur le sens de le revoir… Et si la déception prenait le pas ? Cela effacerait d’un coup le passé. Quand on grandit et qu’on revoit un souvenir, les choses s’affadissent, le piédestal s’effondre souvent, les couleurs sont ternies, le regard appauvri. Nous avons perdu l’enfance, l’innocence et la magie en quelque sorte. Revoir le passé, c’est tenter de se revoir soi-même intact pour avoir l’illusion de se retrouver sans la détérioration du temps passé. Dans ce cas-là, pour moi, et sans doute beaucoup, il faudrait se l’avouer : c’est égoïste. Sommes nous toujours comme quand nous étions jeunes ? Vivants et c’est déjà ça ! … Vivants  mais sur la pente et lui aussi forcément. J’allais revoir Cohen qui a maintenant l’âge de mon père quand il est mort… Et comme d’habitude, les nuits qui ont précédé ce chemin ont été  tourmentées. Serait ce une résurrection ?
J’aurai pu me contenter de cette heure de juin 2001 passée ensemble à Paris  dans la chaleur de cet hôtel de luxe. Lui si proche. Moi comme avec un oncle merveilleux… Si kind, si prévenant… Si attentif à moi… Comme dit une prière juive de Pâques : « cela nous aurait suffi ! »
Mais non…Cela ne m’a pas suffi et malgré les rumeurs, les effets d’annonce de son entourage sur cette bizarre tournée construite, me semble-t-il, à l’arrachée, j’y suis allé. Loin de la capitale…
Aimer Cohen c’est marcher vers lui, c’est l’approcher, le toucher aussi comme une icône qu’il ne veut pas être… Combien de proches ; journalistes, éditorialistes, romancier ont pesté quand le nouveau manager a clairement fait savoir qu’il n’y aurait ni visite avant concert, ni interview, ni relations sociales pendant cette tournée.

Qu’était-ce à dire ? Le père, le Maître, le gourou, rejetait sa tribu, ses enfants, ses adorateurs ? Après réflexion, il avait raison d’agir ainsi. Que chacun soit à sa place, L’homme repart au charbon, au travail, il n’a pas besoin qu’on vienne surveiller sa tension, ou son électrocardiogramme.  Il n’a pas besoin  qu’on vienne le caresser dans le sens du poil et lui dire combien il est beau encore malgré ses 73 ans. Il n’a pas besoin de s’entendre dire encore une fois qu’on l’aime et qu’on est heureux de le revoir Back in the world. Encore une fois l’Ego n’est pas là où on le cherche, il est dans ceux qui veulent encore une fois êtres sûrs qu’ils font toujours partie du club, de la congrégation !
Il faisait beau… Lyon est une ville agréable et humaine. Les femmes y sont belles. C’est l’endroit idéal pour renaître. Les arènes de Fourvière sont un site antique. On peut y accéder à pied par des ruelles pentues et tortueuses, au charme indéniable. Cela pourrait être, avec plus de blanc,   des ruelles grecques du côté d’Hydra ou d’autres ombragées de ce Lubéron où il a séjourné un temps.  En tout cas, le symbole était fort car il faut savoir revenir aux origines pour se retrouver. Mais tout cela ne devait être qu’un hasard, mais si pour une fois, il faisait bien les choses, il n’y avait pas à s’en plaindre.

Vers 17 heures, avec Hervé un autre amoureux de Cohen, on s’est rendu sur les lieux. Mon impatience était à son comble, j’étais certains que nous arriverions dans une queue déjà conséquente, comme toujours lors de concert d’une icône.  Mais je fus surpris de voir que nous étions dans les premiers ce qui augurait fatalement des places de choix.  Les premiers arrivés étaient des hommes et des femmes autour de la cinquantaine, parfois au-delà… Une famille venue du Nord, deux femmes venues de Suisse et ayant séjournée au Canada… Une moyenne d’âge d’aficionados de mon âge. Des gens calmes et sereins qui ont pris patience jusqu’à l’ouverture des portes à 20 heures. Quelques jeunes, entre 18 et 30 ans, les bébés de ce qui avaient tété leurs mères qui écoutaient Suzanne ou l’Etranger des restes de fleurs dans les cheveux et quelques fils de laine angora de leur gilet tissé lors d’un stage dans le Larzac. Étais je absent ? Ma présence  là n’était pas aussi fébrile que je l’aurais souhaitée. Et je ne me l’expliquais pas. J’ai pourtant couru pour choisir ma place, mais en me retournant, j’ai constaté que j’étais le seul. Ce n’était pas la ruée des concerts de Bruce Springsteen ou des Rolling stones pour être  le plus près, le plus vite. Je me souviens pourtant d’un des premiers concerts à La salle Pleyel en 1972, où une bousculade monstrueuse aux cris «  Des places pour le peuple ! » avaient débordé les ouvreurs en livrés. La  salle avait été alors remplie en moins de 10 mn et même la scène où allait se produire Cohen était pleine de gars et de filles amoureux et libres venus entendre Story of Isaac, Le partisan et Famous Blue Raincoat. Cohen avait donné un nom à son groupe : The army. Bien avant le concert il y avait de la fébrilité de l’électricité et de la contestation comme lors des conférences de Jacques Lacan, où il fallait être aux pieds du psy pour entendre et recueillir la parole du maître, et du père que, de toute façon il fallait tuer. 

Mais le père Cohen était devenu ancêtre et sur ce chemin abrupte qui conduisait à l’Agora, les gens ne couraient plus, moi si. Quand la mer rouge s’ouvre il faut traverser vite avant d’être engloutis… Des jeunes ados donnaient des coussins car les gradins antiques pouvaient faire mal au cul. Et depuis quand un concert de Cohen ferait-il mal au cul ? À L’Isle de Wight, avaient-ils eu mal au cul ceux et celles qui avaient veillé assis dans l’herbe pour l’entendre et apercevoir ce jeune homme hirsute, barbu et défoncé chanter Suzanne. ? À la fête de L’humanité, il avait fallu que je me batte contre les staliniens d’alors pour passer les barrages de sécurité et être au plus près sur la scène tapi derrière le piano en position fœtale pendant les 2 heures de concert alors que le vent de septembre me glaçait le dos et l’âme. Je n’ai pas eu mal au cul ni au dos. Cohen a toujours su bercer et panser les maux de toutes sortes à ceux et celles qui cherchaient une adresse sur la lune. J’ai pris le coussin et j’ai donc choisi ma place deuxième gradin face micro, Hervé m’a rejoint. La fosse pour les personnalités étaient garnie de sièges noirs.  D’ailleurs, visiblement pas de VIP, de show biz. Seuls Philippe Labro et Vincent Delerm sont les people aperçus à peine reconnus. Jacques Vassal et Jean Dominique Brière traducteurs patentés du Livre du désir n’auront pas droit malgré leur invitation fournie par le Festival des Nuits de Fourvière, à ces sièges dans la fosse.Ils seront sur le palier rang des gradins, juste devant moi. D’ailleurs les spectateurs de la fosse (notables et personnalités lyonnaises sûrement) verraient le chanteur en contre-plongée. Nous, nous étions de face. Face à face. Nous aimions nos places.

Sur la toile de fond de scène les deux cœurs entrelacées et  dans le décor, en osmose avec les arènes de Fourvière  se dressaient  sept colonnes en ruines comme celles qu’on peut voir  à Nauplie ou Mycènes… Les instruments étaient déjà là, un siège de velours rouge pour  Javier Mas joueur de mandoline, de Oud et instruments pour des sonorités particulières… Et cette agora se remplit par flots, ce n’est pas one by one mais wave by wave que les invités arrivent cherchant (il était temps !) la place idéale. Mais cela ne les perturbe pas, ils verront bien de partout, et entendront également bien, ces lieux étaient construits pour que du bas, les orateurs et comédiens puissent être entendu jusqu’au dernier gradin. Mais, les rumeurs sur la voix perdue de Cohen ne nous gâcheraient-elles pas l’audition ?

 Il fait encore jour à 21 h 30 et cela démarre à 21 h 35 pétantes. Les musiciens entrent s’installent.  Faisant taire les commentaires (entretenus…) sur l’éventualité d’une maladie physique et sur son agoraphobie, Leonard arrive en courant en costume noir et chemise grise, petit chapeau noir sur le cœur alors que 4 000 spectateurs debout l’ovationnent pendant plus de cinq minutes. Il sourit. Il est heureux ce n’est pas feint. Il n’a pas encore ouvert la bouche et l’orchestre démarre pour que cette nouvelle peau pour cette vieille cérémonie se remette en marche. Dix personnes sur scène, 7 colonnes ; décidément la symbolique des chiffres est bien là. Cohen  présente  en français  Dance me to the end of love… Dans une traduction similaire à celle de Graeme Allwright… ( Absent  ce jour ?)
« Danse- moi jusqu’au bout de l’amour… » Dit il. La voix est très grave, presque caverneuse, mais il chante pour de bon et le charme opère encore. Il s’agenouille même au pied de Javier Mas lors d’un petit solo. Il ferme toujours les yeux quand il chante, légèrement plié sur lui-même ne quittant pas l’arc de cercle, son espace vital, qui va des choristes au saxophoniste Dino  Soldo chapeau tout rond sur la tête comme celui que porte Jack Lemmon dans «  la garçonnière ». D’ailleurs, le chapeau est de mise sauf les choristes et le batteur n’en portent pas. Roscoe Beck, musical director, a lui opté pour la casquette Kangol portée à l’endroit. Tout le groupe est en Noir et blanc. L’ensemble du concert sera serein, apaisé, et habité. J’ai envie d’écrire et tant pis si l’on me rue dessus, pas une note plus haute que l’autre. Tout glisse, les notes de la guitare électrique sont rondes comme des bulles de savons soufflées par un gamin. Les choristes se balancent au même rythme,. Sharon Robinson et  les Webb sister sont parfaites tant elles soutiennent, rehaussent et magnifient la voix de Cohen qui se réchauffe au fils des chansons dont les paroles sont distinctement compréhensibles pour tous, même par ceux qui ne connaissent pas leur Cohen par cœur… L’atmosphère est douce, pas de chaleur excessive, pas de souffle, de vent superflu. Petite fausse note au paysage, il n’y pas de lune so bright…
Moi, je cherche un peu de folie, un peu de magie un  peu d’impondérable. Oui… Un peu de folie… Souvenez vous des écarts de voix lorsque Cohen chantait Let’s sing another song… ou des improvisations soufflées dans ses mains comme un hibou à la fin de one of us cannot be wrong… ou de ses longues tirades pour introduire certaines chansons comme Chelsea Hôtel ou The partisan.  Ou de ses poèmes lus lors de certains Olympia…Y aurons-nous droit nous ses cousins français, à ces petits dérapages, ses touches de folie ?
Je crois trouver cela quand Cohen esquisse un petit pas de danse près Roscoe Beck sur  The future. Je crois le trouver aussi quand, après l’entracte Cohen, sur Tower of song improvise
( Était ce une improvisation ?) Lorsque les choristes font leur ba di dam ba di dam dam dam et que Cohen leur suggère en souriant :

«  Don’t stop… »  Et elles continuent inlassablement et Cohen de dire en anglais…

« J’ai enfin compris cette nuit ce que je cherche depuis longtemps. Il a fallu que je vienne ici pour enfin comprendre cette recherche. »

Et elles poursuivent leurs ba di dam

«Oh please don’t ever stop » dit …Il.

Et il sourit, les spectateurs aussi, je crois retrouver l’humour discret de certains concerts. Et cela dure, et il conclut avec quelque chose comme ça.

«  Ce que j’ai toujours cherché se trouve dans ce ba di dam di damdam. »

Tonnerre d’applaudissements. Cohen et ses pirouettes.

Autre élément  de folie douce, le seul, mais tellement soft, tellement discret ; c’est ce grand échalas de Dino Boldo multi instrumentistes hors pair, qui se contorsionne littéralement quand il attaque un solo de synthé ou de flûte ou de saxo. Est-ce le seul à vivre sa musique en étant aussi démonstratif ? Roscoe Beck, Bob Metzger, Neil Larsen font un boulot impeccable subtil et discret qui permet à  Leonard d’être confortablement porté par des professionnels de très haut niveau, de très haute voltige. Et même la batterie du plus jeune d’entre eux, me semble-t-il,  Rafael Gayol, n’est jamais agressive même sur des morceaux comme The future, Democracy  Anthem ou Closin time… Le groupe fonctionne parfaitement bien, (trop ?), et personne ne tire la couverture à lui, même lors des solos de fin sur I tried To leave you. Rien ne déborde, mais comme l’a dit Cohen en français en début de concert :

«  On n’est pas pressés… »

Tout au long du concert (voir set list), à chaque solo d’un des musiciens, celui-ci sera présenté et chacun aura droit à ses six, sept présentations personnelles aussitôt suivie des applaudissements de rigueur du public.
Les spectateurs dans une religiosité conquise et fascinante sont comme figés, comme statues de sel. L’envoûtement Cohen fonctionne encore. L’hypnose est toujours efficace. Je guette Cohen.  Prendra-t-il une guitare, rechantera-t-il certaines chansons, seul face à nous. Et là aussi, cela se fait discrètement, tranquillement, mais l’orchestre sera toujours là derrière. Il prend cette guitare noire electro-acoustique demi-caisse, rien à voir avec ses vieilles guitares espagnoles sonorisées par un micro direct. Il la prend après une magnifique intro sublimée par le Oud moderne de Javier Mas, une intro qui laisse pantois les plus grands des Coheniste : quelle est cette chanson que l’on ne reconnaît pas du premier coup ? Il faut attendre le petit soupir d’avant que Cohen ne chante : «  WHO BY FIRE… »  Applaudissement vite réfréné pour écouter le chef d’œuvre, une version emplie, chaude et énigmatique qui se finit sur les glissés de la contrebasse de Roscoe Beck . L’un des très grands moments de ce concert.
Cohen reprendra plusieurs fois la guitare noire…Bien sûr sur Suzanne, et les arpèges restent les mêmes, mais là non plus j’ai guetté les petits moments où il adorait rajouter un adjectif par-ci par-là : «  The oranges that come from Communist China ».  Mais non, elle glisse  zen et cool, et c’est vrai qu’on peut encore s’imaginer qu’il ne la chante que pour nous tout seul comme après une longue veillée…
L’autre très grand moment du concert étant sans conteste, if it be your will … Tout le monde est parti. Ne reste sur scène que Neil Larsen à l’harmonium et les Webb sisters sur le côté gauche de la scène, vu de la salle. L’une a une guitare plus grande qu’elle et qui la fait paraître toute petite, l’autre une harpe celtique semblable à celle d’Alan Stivell, qu’elle serre contre sa poitrine, et Cohen se tient dans une pénombre bleutée, un micro et récite en entier d’une voix sépulcrale le poème, avant que les deux sœurs chantent cette prière dans une harmonie divine et parfaite. «  Si c’est ta volonté ». Cohen est immobile, muet fixant ses sœurs de la miséricorde, et, intelligence de mise en scène, if it be your will arrive effectivement juste derrière sisters of mercy

Il est inutile d’énumérer une par une, les  autres chansons, avec détails pointus sur telle ou telle attitude. Comme la voix entre gospel et blues de Sharon Robinson qui porte presqu’à elle toute seule Boogie street qu’elle a co-écrite avec Leonard.
Je ne peux que livrer mon état d’âme, qui je le sais est forcément différent des 4 000 âmes présentes. Un concert de Cohen souligne un moment de notre vie. En ce lieu, je me suis senti souvent absent, perdu dans la résurgence de mes souvenirs. Mais, c’est parce que je n’étais plus le même. Enfuis mes amours, sèches mes glandes lacrymales, en berne le désir. Alors, contrairement à ces 4000 âmes ce soir-là, j’étais ailleurs, même si Cohen a encore une fois prouvé sa générosité, sa gentillesse, son empathie. Ne me demandez pas pourquoi, il me manquait quelque chose, une magie, une éternité suspendue, une parenthèse enchantée. Visiblement ma voisine béate n’avait rien perdu de sa candeur et de son innocence. Elle était avec les anges, sa voisine aussi avoua être en pleine communion. Elle le savait car elle l’est quand elle sourit tout le temps lors d’un spectacle. Peut-être l’innocence des premiers émois se perd quand le miroir vous réfléchit trop. Il n’empêche, me voilà de nouveau à la recherche de Leonard Cohen (comme l’aurait Thierry Séchan)… Était-il là d’ailleurs ? 
Voilà pourquoi je serai à l’Olympia dans une salle close et rouge où un jour j’ai pleuré en voyant Graeme Allwright tenir la main de Cohen et la lui caresser en le bénissant… Peut-être que même avec la même set list, le peu de places à l’improvisation dans les concerts de Cohen-  (réécoutez vos boots de la dernière tournée, ils sont sensiblement les mêmes.
Mais ne vous semble-t-il pas qu’il s’y passe autre chose ? Ou alors c’est moi… Je ne sais pas … Dites- moi…) - Peut-être que je retrouverai ce qui m’a  manqué ce mercredi soir Lyonnais.

Mais j’ai des regrets, oui vous en avez aussi, vous qui étiez là ce 9 juillet… Moi je regrette de ne pas avoir entendu des étincelles : l’incontournable Famous Blue Raincoat, Avalanche…Chelsea Hôtel ( one more) Story of Isaac et one of us cannot be wrong ou plus récemment By the rivers dark… ou même On that day issu de dear Heather dont pas une seule chanson n’a été soufflée…. Hervé lui aurait voulu entendre Joan Of Arc… Et en descendant, je me disais à chacun son Cohen, moi aussi encore grâce lui me revoilà back to the world…

Après… Enjoy people ! Here i stand, l’homme chante un Closing times enjoué festif… Un feu d’artifice de coussins éclate dans le ciel Lyonnais constellé de rouge. C’est la coutume dans les festivals en plein air : à Avignon, à Orange. On salue la prestation comme ça. C’est un triomphe, un honneur… C’est notre pouce levé dans ce cirque Romain ! Les musiciens, et Cohen lui-même s’en sont amusés se protégeant un peu. Les sourires sont là. Tout est dégelé
( un peu trop tard à mon goût) Cohen est de retour parmi les siens. Et I tried to leave you n’est plus dédié à une femme, mais au public himself. Celui-ci ne s’y méprend pas c’est bien la plus belle histoire d’amour de Leonard. Il a bien essayé de nous quitter, mais on ne l’a pas laissé faire. Notre amour était trop fort, on ne quitte pas, on n’abandonne pas ceux qui vous maintiennent en vie, qui sont là même quand vous vous cachez sur des Mont Baldy ou dans des Ashrams. On lui a dit ne nous quitte pas, retourne dans le monde… On l’a ressuscité et le voilà revigoré, oublié les crampes, les agoraphobies, les faire part de décès prématurés, les dettes à payer. C’est un homme qui travaille pour notre sourire ( i m a man that works for your smile… in I tried to leave you)

Il revient une dernière fois encore en courant. Musiciens et lui au centre, alignés, il nous offre une perle une rareté, une chorale : Wither Thou goest qui clôt cette messe de renaissance, cette bar-mitsva réinitiatiaque, cette old but some good CEREMONY…

En juin 2001 Cohen m’avait en français : «  je sais que nous allons nous revoir… »
Il a tenu parole.

PARIS, le 11 Juillet 2008`

ALBERT LABBOUZ

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