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Leonard Cohen : Tournée 2008
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Leonard Cohen, de retour dans la lumière

par Guillaume Goubert

      Aux Nuits de Fourvière, à Lyon, le poète et chanteur canadien a offert un superbe récital couvrant les quarante années de son œuvre

Lorsque Leonard Cohen est arrivé, mercredi 9 juillet au soir, sur la scène des arènes de Fourvière, le public s’est levé, d’entrée, pour une ovation. La belle nuit d’été sur les hauteurs de Lyon avait un goût de retrouvailles : cela faisait quinze ans que le chanteur et poète canadien n’était pas apparu sur une scène française.

Le vieil homme aux cheveux blanchis – il fait davantage que ses 73 ans – s’est tenu très droit face à la foule, mince et élégant dans son costume sombre. Il a posé son chapeau mou sur le cœur. Un demi-sourire sur le visage. Signe d’une sorte de détachement affectueux qu’il manifestera tout au long des deux heures du concert.

On le sait, Leonard Cohen a repris la route parce qu’il doit faire face à des problèmes d’argent. Le pire était donc possible. Un tour de chant au rabais, la vieille idole alignant les succès sans conviction, accompagnée par des musiciens payés à la note. Il n’en est rien.

Au cours de cette tournée (1) entamée le 11 mai au Canada, Leonard Cohen s’appuie sur six excellents musiciens et trois choristes. Comme de coutume, le Montréalais a parfaitement choisi les voix féminines qui l’accompagnent, en particulier celle de Sharon Robinson, magnifique chanteuse noire associée à ses deux derniers albums. Leonard Cohen manifeste aux unes et aux autres un respect rare. Lorsqu’ils prennent un solo, il se tient près d’eux, chapeau bas.

Les textes sont souvent aussi graves que sa voix

Au risque de frustrer ses partisans de la première heure (c’était au début des années 1970…), Cohen n’a pas privilégié ses plus anciennes chansons dans la construction d’un récital qui couvre quatre décennies. Elles arrivent à intervalles réguliers. Suzanne, Bird on the Wire (superbement arrangé en blues), So long Marianne, Sisters of Mercy. Et puis, comme ultime rappel, en clin d’œil, I Tried to Leave You : « J’ai essayé de te (vous) quitter. »

Anciennes ou récentes, les chansons sont tissées de notations bibliques, de références aux Évangiles, témoignant d’une quête spirituelle qui a notamment conduit Leonard Cohen à se retirer pendant dix ans dans le silence d’un monastère zen des montagnes de Californie. Les textes sont souvent aussi graves que sa voix.

Mais celui que de mauvaises langues surnommèrent « le plus puissant dépressif non chimique du monde » ne cède finalement jamais au désespoir. Ainsi dans la très belle chanson qui a conclu la première partie du concert, Anthem (hymne) : « Ring the bells that still can ring. Forget your perfect offering. There is a crack in everything. That’s how the light gets in. » Sonnez les cloches qui peuvent encore sonner. Oubliez votre offrande parfaite. Il y a une faille en toute chose. C’est ainsi qu’entre la lumière…

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