En août, dans les arènes de Nîmes, ça fait... mâle.
Après Nicolas Canteloup, Roberto Alagna (et avant, brûlons un cierge, Prince ?), place à mister Leonard Cohen. Toujours vaillant, à bientôt 75 ans - le 21 septembre -, pour prolonger dans le monde entier son inespéré come-back scénique entamé l’an dernier. Après quinze ans d’absence. D’où la ferveur décuplée qui a partout accompagné ces retrouvailles, en particulier dans l’Hexagone.
Après Nantes, Toulouse, Paris-Bercy et Toulouse le mois dernier, après Colmar (le 16 août) et Vienne (le 18), au tour de Nîmes d’avoir le privilège d’accueillir l’un de ces rares artistes qu’il est toujours tentant, bien que tellement convenu, d’oindre à l’huile sainte réservée aux "légendes vivantes". Parce qu’il y a d’abord eu Suzanne, ode à l’ancienne femme d’un de ses amis, entrée dès 1966 au panthéon des chansons universelles, et puis So long, Marianne, Sisters of Mercy, Hallelujah, I’m your man... Parce que le poète et romancier - ce qu’il était avant de devenir auteur-compositeur-interprète - est doté d’une somptueuse voix de baryton-basse qui s’est bonifiée à merveille avec l’âge dans un registre de plus en plus grave. Et parce que ses textes, où l’amour, la solitude, les relations entre les êtres, la spiritualité - il est moine bouddhiste zen depuis 1996 - occupent une large place, sont souvent des modèles d’épure et de profondeur. De Johnny Cash à Jeff Buckley (qui fit même d’Hallelujah un hit a posteriori), on ne compte plus les grands noms qui ont repris ses chansons. Il faut aussi rendre hommage à Graeme Allwright pour en avoir popularisé quelques-unes, dont Suzanne, en version française.
Son grand retour sur scène est, certes, moins dû à son propre enthousiasme qu’à de sérieux déboires financiers : il accuse son ancienne manageuse de l’avoir dépouillé de millions de dollars. Ses admirateurs auraient d’ailleurs plutôt envie de la remercier, pour leur permettre, aujourd’hui, de retrouver - mais pour certains de découvrir - le barde canadien en concert. A des tarifs certes élevés (62 à 117 €) mais pour une prestation de près de trois heures, entrecoupée d’une pause d’une demi-heure. Soit 25 titres, voire 26 ou 27 selon les précédentes dates. Avec, en ouverture, Dance me to the end of love. Et, en bonus, par rapport à 2008, Famous Blue Raincoat et sa reprise de The Partisan. Reste à espérer que Leonard Cohen supporte bien la chaleur...
En concert ce soir, 20 heures. 62 à 117 €
Marc CAILLAUD
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