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Leonard Cohen
: Tournée 2008 |
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Comme un goût d’inachevépar Stéphane Sarpaux- Photos © Pirlouiiiit
Avant d’investir 3 soirs de suite l’Olympia en novembre, Léonard Cohen donnait le 22 juillet au Nice Jazz festival son second concert en France après celui de Lyon le 9 juillet (42 concerts en Europe cet été, tous complets)
Un concert événement au moins à double titre. Le canadien n’était pas remonté sur scène depuis 15 ans et à 73 ans, c’était peut être la dernière occasion de voir de visu l’auteur de Suzanne, So long Marianne, Hallelujah, autrement dit un auteur capable de faire chanter toute une famille, depuis les grands parents jusqu’au dernier rejeton.
Originaire du Midwest américain, le trio introduit une énergie toute rock dans la succession de ses improvisations. On ne sera pas surpris en découvrant plus tard qu’ils sont adeptes de reprises de « standards » (Nirvana, Black Sabbath, Neil Young, Blondie). Arrivé vers la fin de leur prestation, je ne sais pas s’ils en ont commis une ce soir là.
C’est qu’au Nice Jazz festival, on sait se tenir. Pantalon blanc et chemisette pour les hommes, robes pour les femmes, beaucoup d’anglo-saxons, beaucoup d’Italiens, beaucoup de Néerlandais... Ah, les vacances sur la Côte d’Azur !
A 21h, les 5 000 spectateurs commencent à se lever et se pressent devant la scène. Et c’est là qu’on se rend compte d’un petit problème qui va devenir très grand. La scène n’est pas très surélevée et le terrain en pente descend quand on s’éloigne de la scène. Si vous rajoutez les oliviers tous les 10 mètres dont les branches, parfaitement taillées, sont particulièrement fournies en juillet, vous vous rendez compte qu’il est impossible de voir la scène correctement à moins d’être dans les 20 premiers mètres. Mais il s’avère impossible d’y accéder, grâce à l’incroyable la stratégie des gens bien-comme-il-faut pour barrer le chemin à quiconque veut bouger, que ce soit en avant ou en arrière (entendu derrière moi « Pour voir un vieux schnoc de 75 ans, on se fait piétiner ! »).
Bref, il fait encore bien jour quand montent sur scène les 6 musiciens de Cohen (batteur, deux guitaristes, un clavier, un flûtiste, un bassiste, Roscoe Beck, qui collabore avec Cohen depuis 30 ans et assure la direction artsitique des concerts). Il y a également 3 choristes, dont Sharon Robinson (fidèle depuis 1979 également avec laquelle il a signé son dernier album en date, Ten new songs.)
Quelques secondes après les premières mesures, un homme svelte arrive en courant de l’arrière de la scène. C’est bien Léonard Cohen, 73 ans au compteur, mais apparemment 20 ans de moins, qui porte avec élégance un costume noir sur une chemise grise et un feutre noir du plus bel effet. Il ôte d’ailleurs son feutre pour saluer le public, saisit son micro et là, mesdames et messieurs, là, vous entendez THE VOICE.
Cette voix d’outre-tombe, élégante et sensuelle, prfonde et sexuelle qu’aucun chanteur noctambule n’arrivera jamais à atteindre, même en enchaînant gitanes sur gauloises toute les nuits de sa vie.
« Fais moi danser jusqu'à voir ta beauté sur un air de violon se consumant
Derrière, la machine jazzy se met en route. Les arrangements n’ont jamais été le fort du Canadien et 15 ans d’absence scénique n’ont pas changé les choses. C’est quand même pas dans un monastère tibétain sur les hauteurs de Los Angeles qu’on peut écouter Radiohead ou Arcade fire ! Et si vous vous demandez pourquoi Léonard Cohen remonte sur scène à 73 ans, c’est simplement parce que notre homme est ruiné par son ancienne manageuse Kelley Lynch. Il lui reste que quelques miettes et sa tournée mondiale a été monté pour lui permettre de… vivre.
Le son, donc, très marqué début des années 80 avec ce clavier omniprésent, le sous-mixage de la section rythmique au profit des voix et les succession de solo (guitare slide, flûte, saxo) donne à la musique de Cohen ce goût suranné qui sied bien au crooner. Les trois choristes, vraiment parfaites, apporteront un contrepoint haut perché qui se marie parfaitement avec la voix de velours de Cohen.
Peu à peu, un partie public, qui en a marre de se tenir sur la pointe des pieds et de tendre le cou pour espérer apercevoir entre deux feuilles d’oliviers un bout du feutre du chanteur, finit par se reculer pour s’asseoir, voir s’allonger dans l’herbe rare du Parc. De loin, la meilleure position (si vous êtes en bonne compagnie) pour apprécier un concert de Léonard Cohen. L’atmosphère devient plus relax et sur scène, le canadien enlève sa veste.
Allongé, on peut se boucher les oreilles pour éviter la pollution provoquée par la version sirupeuse qui colle si mal à Bird on Wire. Plaquer autant de solos (guitare slide, puis saxo puis Mandoline) sur une chanson écrite en solitaire dans une chambre et qui parle de la fragilité a quelque chose du blasphème.
Le second sommet est atteint avec l’enchaînement de Tower of songs, magnifiques entrelacs de voix de Cohen et de ses choristes, juste soutenu par une discrète rythmique. Puis Suzanne, seul à la guitare. Le public le sent, lui pourtant si discret, se met à applaudir à tout rompre.
Au final, Léonard Cohen aura joué 15 morceaux (et une chorale en fin de rappel avec l’ensemble de ses musiciens et des techniciens de son groupe).
Comme dit Léonard Cohen sur Eveybody knows Note par Patrice : la dernière chanson est "Wither Thou Goest". Texte © Stéphane Sarpaux - Article déjà publié sur concertandco.com
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Cette section est réalisée par l'équipe du site www.leonardcohensite.com avec la collaboration des membres du forum. Plus d'infos dans la page des crédits. |