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Leonard Cohen : Tournée 2008
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L’HOMME DE L’AN PASSÉ
(LAST YEAR'S MAN)

par Albert Labbouz (03 septembre 2008)

L’homme de l’an passé devient l’homme de cette année. Leonard Cohen revient à la devanture des journaux, et c’est une bonne surprise. Il faut en convenir que le voir à la une du magazine prestigieux Rolling Stone édition française fait plaisir. Magazine qui renaît de ses cendres grâce au rachat de la licence américaine par l’homme d’affaires  Michel Birnbaum qui a déjà New Look et FHM et s’apprête du coup à racheter Choc et Entrevue et faire ressusciter Men’s Health… Hum… bon… On ne va pas épiloguer sur la fratrie de ce magazine mythique qui a longtemps satisfait les amateurs de Rock. Chacun en tirera les conclusions qu’il veut !

Cohen en couverture d’un grand magazine, on n’avait pas vu ça depuis la sortie de Ten New Songs où les seuls a lui avoir offert sa une étaient Compact Crossroads et Optimum !
Bien sûr, en bon fan et en tant que co-webmaster du site français qui lui est dédié je me précipite pour y lire l’article qui lui est consacré espérant qu’il égalera au moins l’édition allemande avec son titre un poil provocateur « L’automne du Partisan ». Bien vu ! Le titre français est plus soft et un poil cliché : le gentleman zen. La photo est ultra connue (au moins pour les aficionados) issue du documentaire concert hommage I’m your man, et diffusée ici où là pas mal de fois !
Pas d’interview comme dans l’édition allemande, mais un article signé par Gilles Tordjman dont j’avais apprécié l’originalité de la biographie qu’il avait récemment publiée sur LC. En fait plus qu’une bio, c’était une réflexion thématico-philosophique sur le parcours de l’étranger, du Field Commander Cohen… Fallait oser et Tordjman l’avait fait. Bon…

Alors là, grosse déception l’article ne se borne de la page 60 à 64 à raconter un jour d’octobre 88 où Tordjman et Cohen alors à Mount Baldy dans sa période bouddhiste, se sont payé une bonne biture. On le sait que Cohen aime l’alcool et le vin. Son maitre Zen Roshi ne lui avait il pas dit  qu’il était plus doué pour le vin que pour le zen ? L’article est une sorte de « moi Je », ami de Leonard Cohen. « Et nous avons rencontré le Grand Père de Ben Harper qui tient un magasin de disques où Leonard a acheté un guimbarde (Jew Harp). » Whaouh , info de taille ! La jew harp ! Cohen l’évoque dans la  chanson «  Last Years Man » :

The rain falls down on last year's man, that's a jew's harp on the table

Autre info de taille égrenée lors de la narration du fabuleux périple de Tordjman sur la route de Mont Baldy. La rencontre entre Dylan et Cohen au sujet de l’écriture de Hallellujah. Mille fois racontée, mille fois lue ici ou là aussi et originellement rapportée par Jacques Vassal, c’est l’anecdote la plus connue sur la mythique rencontre entre le THE Rolling Stone et le Heart with no companion ! On sait moins que Cohen l’avait écrite pour Dylan lui même et que ce dernier l’a interprétée une unique fois lors d’un concert,mais ne l’avait pas aimé. Les inconditionnels possèdent bien sûr cette version bootleg.
Donc : rien de nouveau sous le soleil qui aurait pu, avec l’originalité dont Tordjman sait se servir parfois, éclairer les novices qui ne connaissent pas vraiment Cohen et qui pensent qu’Hallelujah n’est qu’une chanson de Jeff Buckley ou  qui illustre les états d’âme d’un monstre vert dans Shrek.
Là où Tordjman rate vraiment sa cible, c’est quand il évoque Kelley Lynch qui, en passant, n’était pas la comptable de Cohen comme il est dit dans l’édito, mais bel et bien son attachée de presse et son manager et à qui il avait confié, il est vrai, la feu Stranger Management Inc. Il n’est pas un journal qui ne tape sur Kelley Lynch. Certes, la dame a été tentée et a dérapé quelque peu, mais Patrice Clos, le webmaster du site Leonardcohensite.com, détient des infos confidentielles qui montrent que les torts sont quelque peu partagés.  Certains procès engagés autour de la ruine financière de Leonard Cohen ont débouché sur d’autres actions en justice (dont la presse n’a pas fait écho, comme par hasard…) et n’ont pas été systématiquement gagnés par la ou les parties adverses dont - entre autres - le nouveau management représenté par Robert Kory (ex-avocat de Phil Spector arrangeur de génie paranoïaque certes, mais qui avait séquestré les bandes de Death of Ladie’s man les mixant comme bon lui semblait et qui moisit maintenant en prison pour le meurtre de sa femme…). Quoiqu’il en soit, ce qui est vrai, c’est que la presse n’a pas manqué de faire passer Kelley Lynch pour une folle avide de pouvoir et d’argent, mais ce que l’on sait moins c’est que Kelley depuis cette affaire s’est fait retiré la garde de son fils ! Il est inutile d’entrer dans les détails, car tout ceci est aussi obscur que de comprendre les luttes fratricides entre Juifs israéliens et Arabes israéliens quand on réside en Europe. Leonard Cohen lui-même, m’avait dit lors du petit-déjeuner que nous avons pris ensemble dans un palace parisien (à chacun sa biture avec le maître ; mais moi je ne m’en gausse pas !) qu’il ne pouvait rien en dire hélas et que c’étaient des luttes intestines archaïques et éternelles et que ça le désolait !
Mais bref, c’est tout à l’honneur de l’artiste, du poète, du génie qu’est Leonard Cohen de voir que l’argent l’a peu préoccupé dans sa vie et qu’il place sa confiance facilement. Là, je dois avouer que Tordjman le souligne dans son article, rejetant du même coup Ten new songs et Dear Heather. Grosse erreur de sa part : car Ten New songs possèdent en son sein quelques joyaux qui prennent toute leur ampleur sur scène lors de cette nouvelle tournée : Boogie Street et in my secret Life. Ecrit et sorti après que Cohen soit back in the world comme le lui avait recommandé sa mère Masha Cohen avant de mourir. C’est l’album de Moïse redescendant du Sinaï ou de Jésus au retour du Mont des Oliviers. Il fait réécouter By the Rivers Dark ou A thousand Kisses Deep. Cette remarque de Tordjman est quelque peu insultante pour Sharon Robinson l’exceptionnelle choriste qui a co-signé l’album et que j’ai eu aussi le plaisir de rencontrer lors du fameux petit dej‘ (et de 2 !!!! rires). Quant à Dear Heather, c’est l’album de la renaissance à l’amour, car si les plus informés d’entre nous savent pourquoi Cohen est monté à Mount Baldy (non… on ne dira rien !) les autres savent qu’il en est redescendu parce qu’il a rencontrée Anjani Thomas (on a pu lire sur Internet qu’elle est l’ex de Robert Kory, l’actuel manager…) C’est elle qui est dessinée par Cohen sur la pochette du CD. Son CD Blue Alert est d’ailleurs produit par Cohen. Et c’est à cette occasion qu’on a pu voir Cohen venir de temps en temps à la fin des sets de sa dulcinée repousser ses chansonnettes (allez voir sur youtube !) Cohen était même présent à Paris au New Morning lorsqu’ qu’Anjani s’y est produite le 11 juillet 2007.

Réécouter sur Dear Heather, On That Day ou The Letters est primordial.
Bien avant que la vague slam viennent hanter les rédactions avec de piètres poètes sans passé et sans références, Cohen rappelle à tout le monde son essence première : LA POESIE, preuve en est la sortie en français il y a quelques mois de Book of Longing (le livre du désir) traduit par Jacques Vassal et Jean Dominique Brière qui pour info devait s’appeler le Café Bleu.

Voili… Voilou… Monsieur Pierre qui Roule ce que j’avais envie de dire sur l’article de Gilles Tordjman qui s’en tire par une pirouette avec une conclusion honnête sur le timing de la création. Cependant, il aurait pu s’abstenir des deux phrases finales

EPILOGUE :
Le vendredi 28 aout, mon fils me ramène Direct soir avec en couverture une photo récente de Leonard Cohen. Et là, en lisant l’excellent article inside, avec en bonus l’encart de Philippe Labro, je me dis que quand même, quand même, c’est autre chose ; c’est simple, concis informatif et qu’à vouloir faire trop «  Rolling stone » finalement on ne charrie du cliché, du nombrilisme de la prétention et du has been. Mais bon, je vous promets que j’achèterai le prochain Rolling Stone où Dylan sera en couverture et après j’arrête !

ALBERT LABBOUZ
Septembre 2008 copyright désespoir productions & leonardcohensite.com

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